De la nécessité de l’unité - Abbé Renaud de la Motte

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De la nécessité de l’unité - Abbé Renaud de la Motte

Alors que le Christ a exercé son ministère au milieu des contradictions, spécialement celles des scribes et des pharisiens, nous le voyons rappeler avec force la nécessité de l’unité :

Tout royaume divisé contre lui-même va à la ruine, et toute ville ou maison divisée contre elle-même ne pourra subsister.


Un peu plus loin, nous lisons la conclusion qui s’impose :

Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui n’amasse pas avec moi disperse.

Beaucoup vivent d’oppositions et les ravivent dès que cela est possible... Ils ne pourraient pas vivre sans elles...Triste réalité d’esprits superbes qui n’ont pas complètement abandonné l’esprit du monde !

Malheur à vous, scribes et pharisiens, hypocrites, parce que vous ressemblez à des tombeaux blanchis, qui au dehors paraissent beaux, mais au-dedans sont remplis d’ossements de morts et de toute immondice. Ainsi vous, au dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais au-dedans vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité.

Voici, pour nous aider, quelques réflexions sur l’esprit de subversion, avec la description sommaire des signes de l’esprit mauvais. Le Père Garrigou-Lagrange (OP), dans ses conférences aux prêtres (L’union du prêtre avec le Christ prêtre et victime), inspire ces quelques lignes :

L’esprit mauvais, c’est l’esprit du démon qui pousse d’abord à l’exaltation de l’orgueil. Il y a la volonté propre et le jugement propre, l’indépendance.

La fausse humilité : nous nous estimons plus qu’il ne faut, plus que les autres. C’est la prière du pharisien :

O Dieu, je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme les autres hommes..., ni comme ce publicain.

Au sujet de la foi, ce n’est pas ce qui est le plus simple et le plus profond qui sera considéré dans l’Evangile, mais ce qui est extraordinaire et ce qui favorise l’ostentation. Il y a une sorte d’intellectualisme inavoué.

Corruptio optimi pessima : la corruption du meilleur est la pire de toute. Il n’y a rien de pire, de plus périlleux et de dangereux que le faux christianisme, qui conserve une certaine apparence du vrai.

L’esprit mauvais travaille à faire dégénérer notre espérance en présomption. Il y a un zèle amer, une certaine impatience...

Touchant la charité, l’esprit mauvais favorise ses simulacres qui sont comme un faux diamant. La fausse charité poussera à un certain sentimentalisme ou, au contraire, à un faux zèle : nous voulons alors toujours corriger les autres, mais non nous-mêmes, et en voyant le fétu dans l’œil de notre frère, nous ne voyons pas la poutre dans notre œil.

De cela résulte le contraire de la paix, c’est-à-dire la discorde. L’homme conduit par cet esprit ne peut plus supporter la contradiction, il ne voit que lui-même dans sa personnalité encombrante et se place inconsciemment au-dessus de tous les autres, comme une statue sur son piédestal.

En cette Fête de Pâques, demandons la grâce de garder la pureté d’intention dans chacune de nos actions ! Ne cédons pas aux sirènes de la dialectique entre nous et soyons de vrais disciples du Christ ressuscité d’entre les morts !

Je vous bénis

Abbé Renaud de la Motte

Prieur

Source

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