La Révolution est le règne parfait de Satan dans le monde

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La Révolution est le règne parfait de Satan dans le monde

La Révolution, ce qu’elle n’est pas :

Le mot révolution est une parole élastique dont on abuse à tout propos pour séduire les esprits.

Une révolution, en général, c’est un changement fondamental qui s’opère dans les mœurs, dans les sciences, dans les arts, dans les lettres, et surtout dans les lois et le gouvernement des sociétés. En religion ou en politique, c’est le développement complet, le complet triomphe d’un principe subversif de tout l’ancien ordre social. Ordinairement le mot “révolution” se prend dans un mauvais sens; cependant cette règle n’est pas sans exception.

Ainsi l’on dit : “Le christianisme a opéré une grande révolution dans le monde”, et cette révolution a été très heureuse. Il est également vrai de dire: “Dans tel ou tel pays a éclaté une révolution qui a mis tout à feu et à sang” ; c’est encore une révolution, mais une révolution mauvaise.

Il n’y a aucune différence essentielle entre une révolution et ce que depuis deux siècles on appelle LA Révolution. De tout temps il y a eu des révolutions dans les sociétés humaines ; tandis que la Révolution est un phénomène tout moderne et tout récent.

Bien des gens s’imaginent, sur la foi de leur journal, que c’est à la révolution que l’humanité doit tout son bien-être ; que nous lui devons tous nos progrès dans l’industrie, tout le développement de notre commerce, toutes les inventions modernes des arts et des sciences; que sans elle nous n’aurions ni chemins de fer, ni télégraphes électriques, ni bateaux à vapeur, ni machines, ni armée, ni instruction, ni gloire ; en un mot, que sans la Révolution tout serait perdu et que le monde retomberait dans les ténèbres.

Rien de tout cela. La Révolution a été l’occasion de quelques-uns de ces progrès, elle n’en a pas été la cause. La violente secousse qu’elle a imprimée au monde entier a sans doute précipité certains développements de la civilisation matérielle ; cette même violence en a fait avorter beaucoup d’autres. Toujours est-il que la Révolution, considérée en elle-même, n’a été, à proprement parler, le principe d’aucun progrès réel.

Elle n’est pas non plus, comme on voudrait nous le faire croire, l’affranchissement légitime des opprimés, la suppression des abus du passé, l’amélioration et le progrès de l’humanité, la diffusion des lumières, la réalisation de toutes les aspirations généreuses des peuples, etc… Nous allons nous en convaincre en apprenant à la connaître à fond.

La Révolution n’est pas davantage le grand fait historique et sanglant qui a bouleversé la
France et même l’Europe à la fin du siècle dernier. Ce fait, dans sa phase modérée aussi bien
que dans ses excès épouvantables, n’a été qu’un fruit, qu’une manifestation de la
Révolution, laquelle est une idée, un principe, plus encore qu’un fait. Il est important de ne
pas confondre ces choses.

Qu’est-ce donc que la Révolution ?

La Révolution n’est pas une question purement politique ; c’est aussi une question religieuse, et c’est uniquement à ce point de vue que j’en parle ici. La Révolution n’est pas seulement une question religieuse, mais elle est la grande question religieuse de notre siècle.

Pour s’en convaincre, il suffit de réfléchir et de préciser. Prise dans sons sens le plus général, la Révolution est la révolte érigée en principe et en droit. Ce n’est pas seulement le fait de la révolte ; de tout temps il y a eu des révoltes ; c’est le droit, c’est le principe de la révolte devenant la règle pratique et le fondement des sociétés ; c’est la négation systématique de l’autorité légitime ; c’est la théorie de la révolte, c’est l’apologie et l’orgueil de la révolte, la consécration légale du principe même de toute révolte. Ce n’est pas non plus la révolte de l’individu contre son supérieur légitime, cette révolte s’appelle tout simplement désobéissance ; c’est la révolte de la société en tant que société ; le caractère de la Révolution est essentiellement social et non pas individuel.

Il y a trois degrés dans la Révolution :


1. La destruction de l’Eglise, comme autorité et société religieuse, protectrice des autres autorités et des autres sociétés ; à ce premier degré, qui nous intéresse directement, la Révolution est la négation de l’Eglise érigée en principe et formulée en droit ; la séparation de l’Eglise et de l’Etat dans le but de découvrir l’Etat et de lui enlever son appui fondamental ;

2. La destruction des trônes et de l’autorité politique légitime, conséquence inévitable de la destruction de l’autorité catholique. Cette destruction est le dernier mot du principe révolutionnaire de la démocratie moderne et de ce qu’on appelle aujourd’hui la souveraineté du peuple;

3. La destruction de la société, c’est-à-dire de l’organisation qu’elle a reçue de Dieu ; en d’autres termes, la destruction des droits de la famille et de la propriété, au profit d’une abstraction que les docteurs révolutionnaires appellent l’Etat.

C’est le socialisme, dernier mot de la Révolution parfaite, dernière révolte, destruction du dernier droit. A ce degré, la Révolution est, ou plutôt serait la destruction totale de l’ordre divin sur la terre, le règne parfait de Satan dans le monde.

Nettement formulée pour la première fois par Jean-Jacques Rousseau, puis en 1789 et en 1793 par la révolution française, la Révolution s’est montrée dès son origine l’ennemie acharnée du christianisme ; elle a frappé l’Eglise avec une fureur qui rappelait les persécutions du paganisme ; elle a fermé ou détruit les églises, dispersé les Ordres religieux, traîné dans la boue les croix et les reliques des Saints; sa rage s’est étendue dans l’Europe entière; elle a brisé toutes les traditions, et un moment elle a cru détruit le christianisme, qu’elle appelait avec mépris une vieille et fanatique superstition.

Sur toutes ces ruines, elle a inauguré un régime nouveau de lois athées, de sociétés sans religion, de peuples et de rois absolument indépendants; depuis 200 ans, elle grandit et s’étend dans le monde entier, détruisant partout l’influence sociale de l’Eglise, pervertissant les intelligences, calomniant le clergé, et sapant par la base tout l’édifice de la foi. Au point de vue religieux, on peut la définir : la négation légale du règne de Jésus-Christ sur la terre, la destruction sociale de l’Eglise.

Combattre la Révolution est donc un acte de foi, un devoir religieux au premier chef. C’est de plus un acte de bon citoyen et d’honnête homme ; car c’est défendre la patrie et la famille.

Si les partis politiques honnêtes la combattent à leur point de vue, nous devons, nous autres chrétiens, la combattre à un point de vue bien supérieur, pour défendre ce qui nous est plus cher que la vie.

Monseigneur de Ségur

B.B. pour Royalistes.Net

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