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Permaculture : Jardin forêt comestible de Gilbert et Josine - Vidéo

Une visite d’un jardin (plan du jardin au format PDF) de 1800 m2 cultivé en permaculture s’est organisée chez Gilbert et Josine Cardon, fondateurs des Fraternités Ouvrières. La permaculture est l’antithèse de la monoculture.

Voilà près de 40 ans que le jardin des Fraternités Ouvrières existe et est cultivé exclusivement de cette manière. Pas de bêchage, pas de taille, les salades y côtoient les framboisiers, groseilliers ou autres légumes anciens. Le principe de base de la permaculture est de faire avec ce dont on dispose localement en ressources et énergies potentielles. Le soleil, à travers la photosynthèse réalisée par les plantes et les cycles de transformation de l’énergie et de la matière (recyclage, compostage, alimentation, combustion…), constitue la principale source d’énergie.

Une intelligente gestion du vent, de l’eau et des ressources locales mène au même but d’autonomie énergétique. Deuxième principe : « Prendre la nature comme modèle ». La permaculture s’inspire du fonctionnement et de la diversité des écosystèmes naturels. Cela va jusqu’à l’interdiction du labourage : pourquoi s’obstiner à retourner la terre alors que les milliers d’animaux qui y vivent le font très bien, tout en la bonifiant naturellement et gratuitement.

C’est dans les années soixante-dix que Gilbert et Josine sont victimes, comme des milliers de foyers, de la crise de l’emploi industriel qui sévit dans la région nord-ouest de la Belgique. Se retrouvant sans emploi, le couple occupe alors ses journées au jardin qu’il cultive sur le terrain familial situé à Mouscron, ville frontalière avec Tourcoing-Roubaix. L’occupation devient très vite une véritable passion et ils créent quelques années plus tard le groupe de jardinage des Fraternités Ouvrières, dont les activités sont hébergées à leur domicile de Mouscron. Aujourd’hui, ce jardin est un véritable trésor, fruit d’une riche expérience et d’un travail de 40 ans. Dans cette région industrielle sinistrée, il est l’un des plus beaux exemples urbains de systèmes agroécologiques.

SOURCE

Sur les 1 850 m2, Gilbert et Josine ont planté depuis 1969, 2 050 arbres fruitiers et arbustes.

Les arbres durent 2 à 3 fois plus longtemps que la normale

expliquera plus tard Gilbert. D’ailleurs,

Les agronomes qui viennent disent que tout ce qui se fait ici est contraire à toutes les règles.

Et pourtant, le résultat est foisonnant. Les groseilliers, cassissiers, mûriers de 3 m de haut sont couverts de fruits, les pommes ont déjà une belle teinte appétissante et les kiwis pendent par grappes entières.


Les auxiliaires ne sont pas oubliés : un mur de pierres récupérées sert d’abris aux orvets, insectes…, de petits pots de fleurs emplis de laine, de paille sont suspendus aux arbres fruitiers afin de permettre aux forficules (perce oreilles) d’être sur place pour faire leur travail.

Agencement du jardin : le long des sentiers se trouvent des « clairières » bordées d’arbres fruitiers entre lesquels Gilbert et Josine intercalent des petits fruits afin d’obtenir une haie bien étanche pour protéger les cultures. Ces haies se situent sur 3 côtés.

Habituellement, le vent assèche la terre alors qu’ici, grâce aux haies, il ondule au-dessus du jardin.

Dans les clairières,

Je bourre le maximum de légumes. Des laitues avec des légumes hauts car elles ont besoin d’ombre, du maïs avec des légumes… Normalement, il faudrait faire des clairières tous les 6 – 10 m mais j’aime bien quand c’est serré.

Après la visite du jardin, retour dans la salle des semis. Là, Gilbert et Josine répondent aux multiples questions.

Tous les conseils de Gilbert relèvent du bon sens.

Je laisse les araignées dans les serres, elles mangent les aleurodes. De plus, elles savent où se mettre pour les attraper. » Ou encore : « Lorsqu’on fait partie du jardin, les oiseaux n’ont plus peur. Ils viennent tout près de moi.

Gilbert explique qu’il met les feuilles de fruitiers malades au pied des arbres pour lutter contre les maladies, « c’est le principe du vaccin ». Il en va de même pour les pieds de tomates atteints par le mildiou. Ces derniers ne sont cultivés que sous serre pour éviter la pluie sur le feuillage.
Encore un conseil qui ferait se dresser les cheveux sur la tête de tout jardinier conventionnel :

Les mauvaises herbes ? Je les laisse pousser. Elles sont là parce que le sol à un problème, une carence. Je les fauche, elles sèchent sur place. Ensuite, je les écarte pour repiquer les légumes.

Autre moment magique : l’achat de graines.
Moyennant une adhésion symbolique à l’association d’1,50 €, chacun peut acheter des semences dans le catalogue de l’association. Les noms des légumes sont très évocateurs :

: « Orteils du prêcheur », de très gros haricots en grains blancs à rame, ou encore : « laitue Oreilles de diable ».

La vente de sachets de graines est en libre service. Chacun choisi, pose des questions à Gilbert sur les variétés de légumes (il assure avoir goûté toutes les variétés de tomates de son catalogue !), les modes de culture adaptés…, relève les références puis cherche les sachets correspondants dans les boîtes, un peu comme une chasse au trésor. Et enfin, il suffit de régler le prix des achats dans la « caisse », une boîte en bois. Les prix sont modiques : entre 0,50 € et 1 € le sachet.


Il est également possible de commander des arbres et petits fruits à planter et d’acheter les livrets de Cours de jardinage naturel.

Catherine Lawnizack

Fraternités ouvrières

58 rue Charles Quint

7700 MOUSCRON

Tag(s) : #Vie quotidienne-Santé-Environnement

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