Un monde sans travail : Yuval Noah Harari propose de remplacer les religions par les jeux de réalité virtuelle

Un monde sans travail : Yuval Noah Harari propose de remplacer les religions par les jeux de réalité virtuelle

Comment occuperons-nous toute cette classe sociale qui, en 2050, du fait du chômage, des robots et du revenu universel, se retrouvera sans travail, mais pas sans argent ?! Terrible problème que l’oisiveté qui génère dépression ou rébellion… L’historien Yuval Noah Harari propose de l’occuper aux jeux de réalité virtuelle, les nouvelles religions du monde de demain, qui n’ont rien à envier aux premières, toutes n’étant bien évidemment que de simples constructions humaines.
 
La réalité virtuelle : c’est le sens révolutionnaire qu’il veut donner à la vie, dans ce troisième millénaire.
 
La réalité virtuelle occupera la classe inutile du monde sans travail

 
Dans un article du Guardian, publié le 8 mai, l’historien israélien Yuval Noah Harari évoque donc cette proche perspective où, bientôt, assurément, toute une classe sociale n’aura plus besoin d’aller travailler… La technologie remet, de fait, fondamentalement en cause la dimension sociale et humaine du travail. Car l’intelligence artificielle remplace de plus en plus d’humains dans de plus en plus d’emplois.
 
« Le problème crucial n’est pas de créer de nouveaux emplois. Le problème crucial est de créer de nouveaux emplois où les humains font mieux que les algorithmes ». Et même si de nouvelles professions sont susceptibles d’apparaître, rien n’assure que les anciens travailleurs seront susceptibles de les exercer…
 
Il faudra donc trouver une alternative pour cette toute nouvelle « classe inutile », soutenue par un nécessaire (et débilitant) système de revenu de base universel. Car l’inactivité ouvre la porte à la folie ou à la révolte.
 
Yuval Noah Harari propose de la coller aux écrans, aux jeux de réalité virtuelle.
 
Harari encensé par Zuckerberg et Jared Diamond

 
Et l’universitaire de nous emporter dans son raisonnement selon lequel la réalité virtuelle est finalement beaucoup plus enthousiasmante que le monde réel, voire plus réelle ! Et qu’elle ne jouerait finalement que le rôle qu’ont joué les religions depuis des millénaires…
 
Avant d’en dire plus, il est bon de se rappeler qui est vraiment Yuval Noah Harari. L’historien israélien, homosexuel « marié » à son compagnon, est l’auteur du best-seller international Sapiens : Une brève histoire de l’humanité, paru en 2014.
 
Un livre qui défend l’idée que nous sommes rendus à un tournant de notre histoire : un « nouvel agenda humain » est en train de se définir, dont les principales préoccupations ne sont plus la survie et l’expansion, mais la lutte contre la mort, le droit au bonheur et l’augmentation de l’Homo sapiens vers un « Homo Deus »… autrement dit les trois grands items du transhumanisme.
 
Un livre qui a été salué et prôné, entre autres, par Marc Zuckerberg lui-même, via son club de lecture archi-select et archi-orienté… ainsi que par le très gauchiste Jared Diamond, géographe et biologiste, écologiste malthusien convaincu.
 
Le décor est posé.
 
Les religions : des anciens jeux de réalité virtuelle

 
Les religions sont donc la forme ancienne des jeux de réalité virtuelle pour Yuval Noah Harari. Des grandes parties jouée par des millions de personnes, qui contiennent des impératifs, des règles, des lois « qui n’existent que dans l’imagination humaine » (« Aucune loi naturelle interdit l’homosexualité ou la consommation de porc » !), et font gagner ou perdre des points jusqu’à passer au niveau deux, celui après la mort…
 
« Dans le passé, cela a été fait avec l’imagination humaine et avec des livres sacrés, et au 21ème siècle, cela peut être fait avec des smartphones. » C’est le nouveau sens de la vie qu’on peut proposer à l’humanité du XXIe siècle et des siècles suivants, tout particulièrement à la classe inutile du monde post-travail. Cela vaudra pour les religions, mais aussi pour toutes les idéologies et les modes de vie séculiers. Car, in fine, « Le sens de la vie est toujours une histoire de fiction créée par nous, humains » : « L’action réelle se déroule toujours à l’intérieur du cerveau humain »…
 
Et l’absence de travail ne rend pas malheureux : regardez, nous dit Harari, ces hommes juifs ultra-orthodoxes, dévoués aux saintes Écritures, qui ne travaillent jamais et qui sont beaucoup plus heureux que les autres, ou encore ces adolescents qu’on pourrait laisser collés à leurs écrans de jeux, sans qu’ils puissent s’en détacher, coca et pizza sur la moquette…
 
Terrible perspective aliénante… d’une pensée d’abord profondément constructiviste et relativiste, qui nie toute réalité extérieure et surtout transcendante : la vérité n’est qu’intérieure et singulière, seulement. Une pensée qui, aussi, nous esclavagise. Car si la Vérité contenue dans la Révélation, nous rend libres, celle de la réalité virtuelle, parfaitement « détranscendantalisée » et humanisée nous enchaînera aux bons vouloirs des créateurs et des développeurs : le potentiel de manipulation est immense…
 
Le monde n’a jamais fonctionné autrement, nous dit Harari ? Une grande erreur – ou un grand mensonge.
 
Clémentine Jallais

 

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