21 janvier : « Jour d'amertume, de douleur, d'effroi et de deuil »

Aucun professeur d'Histoire n'enseigne aux lycéens quelle fut la réaction de leurs ancêtres dans les minutes qui ont suivi la décollation de Louis XVI, et pour cause ! Dominique Fitremann 

"Pendant le reste de la journée du 21, à côté d'une minorité qui célèbre bruyamment ses espoirs, vite démentis, de voir s'ouvrir à bon compte une ère de paix et de bonheur, la plupart des Français demeurent dans la stupeur et la tristesse, et Paris s'enferme dans le deuil.

 

Fockeley parle d'un "jour d'amertume, de douleur, d'effroi et de deuil. La capitale était dans les angoisses. La presque totalité des maisons et des boutiques étaient fermées, des familles entières en pleurs. La consternation se lisait sur tous les visages qu'on rencontrait. Une grande partie des gardes nationaux, sur pied dès six heures du matin, semblaient eux-mêmes aller au supplice.

 

Non, les scènes dont j'ai été témoin ce jour-là ne s'effaceront jamais de ma mémoire. Que de larmes je vis couler ! Que d'imprécations j'entendis contre les auteurs d'un tel forfait ! Ma plume recule, elle s'arrête devant l'énumération de tout ce dont je fus le témoin oculaire et auriculaire. L'assemblée ce jour-là fut morne et silencieuse, les votants du régicide étaient pâles et défaits, ils paraissaient avoir horreur d'eux-mêmes.

 

Fin janvier, Dumouriez traverse le nord de la France avant d'arriver à Paris le 2 février 1793 ; dans toute la Picardie, l'Artois et la Flandre maritime, il trouve le peuple "consterné" de la mort tragique de Louis XVI, éprouvant "autant d'horreur que de crainte au seul nom des Jacobins". Des remous se font également sentir dans l'armée : le rapport Dutard du 17 mai 1793 indique :"Les volontaires qui reviennent de l'armée paraissent fâchés de ce qu'on avait fait mourir ce roi, et à cause de cela seul ils écorcheraient les Jacobins."

Quant aux régicides, que sont-ils devenus ? Sur les 380, 31 seront guillotinés, deux deviendront fous, dix-huit mourront de mort violente, six se suicideront. Et 40 % des survivants rejoindront la haute fonction publique sous Napoléon."

"Le Livre noir de la Révolution française", p. 127 et 120

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