Accident de Marcoule: L'ASN n'établit pas de lien avec les lacunes de sûreté

Le site nucléaire de Marcoule, le 12 septembre 2011.

Le site nucléaire de Marcoule, le 12 septembre 2011. SIPA

 

NUCLEAIRE - Malgré des manquements de sécurité constatés en 2008, l'ASN ne privilégie aucune piste pour expliquer l'accident de lundi...

Il est «trop tôt» pour établir un lien entre les manquements de sûreté dans l'usine de traitement des déchets radioactifs de Codolet, près de Marcoule (Gard), et l'explosion sur le site qui a fait lundi un mort et quatre blessés, a estimé mercredi l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Les inspecteurs de l'ASN avaient constaté ces lacunes en 2008, notamment dans la façon dont le personnel du centre de traitement et de conditionnement de déchets de faibles activités (Centraco) était sensibilisé aux règles de sécurité, a expliqué le directeur général de l'ASN.


«Trop tôt pour faire un lien entre les deux événements»

«Nous n'avons pas aujourd'hui d'hypothèse privilégiée», a dit Jean-Christophe Niel lors d'une conférence de presse. «Il est trop tôt pour faire un lien entre les deux événements; ce n'est pas exclu, ce n'est pas non plus garanti, les enquêtes devront le dire». Des inspecteurs de l'ASN sont actuellement sur place pour déterminer l'origine de l'explosion, qui s'est produite dans un four servant à fondre des déchets radioactifs métalliques de faible et très faible activité de l'usine exploitée par la société Socodei, filiale d'EDF.


L'usine ne fait pas partie des sites prioritaires pour l'évaluation complémentaire de sûreté menée par l'ASN après l'accident nucléaire de Fukushima, le risque radiologique étant considéré comme «peu important», a précisé l'ASN. Cet examen de sûreté, qui s'inscrit dans le cadre de l'audit nucléaire demandé par le gouvernement et les instances européennes, a entraîné un classement en trois catégories des sites nucléaires français. Ceux jugés prioritaires, comme les centrales nucléaires, sont inspectés cette année, les autres soit en 2012 soit au fur et à mesure des visites décennales d'inspection. «Pour Centraco, où le risque radiologique est plus faible, le réexamen de sûreté aura lieu début 2012», a expliqué Jean-Christophe Niel.

En 2010, l’ASN a jugé que les mesures prises par l’exploitant «allaient dans le bon sens»

Dans son rapport annuel 2010, l'ASN affirmait qu'elle serait «particulièrement vigilante» sur le développement prévu de Centraco, l'usine étant «amenée à prendre en charge en quantité de plus en plus importante les effluents de lessivage des générateurs de vapeurs, qui présentent une activité radiologique limitée mais qui sont susceptibles de présenter des charges chimiques non négligeables». L'ASN a constaté l'an dernier une «réelle appropriation par l'exploitant de son plan d'amélioration de la sûreté». «On a (alors) considéré que les mesures prises par l'exploitant allaient dans le bon sens, tout en disant qu'il fallait rester vigilant», a encore dit Jean-Christophe Niel.

Trois enquêtes - judiciaire, administrative et de l'inspection du travail - sont en cours après l'explosion de lundi, a encore dit l'ASN, en précisant avoir été réquisitionnée à la demande du parquet dans l'enquête judiciaire.

A.C. avec Reuters
http://www.20minutes.fr/article/787214/accident-marcoule-asn-etablit-lien-lacunes-surete
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