Au nombre des mensonges révolutionnaires N° 4

  • Démocratie Royale
  • Royalisme

Royalisme - Avenir - Enfant - Louis XXAvec Alexandre Rémy, poursuivons notre voyage au cœur des mensonges révolutionnaires. H. B.

 
Il est une formule qu'on voit constamment employée par nos Rois en tête de leurs édits et ordonnances : c'est celle de Roi par la grâce de Dieu.
 
L'école révolutionnai...re a affecté de voir dans cette formule l'invocation d'un droit divin comme source directe du pouvoir royal, et soutenu par conséquent qu'elle était radicalement exclusive des droits de la nation. La vérité est, au contraire, que nos Rois ont toujours reconnu tenir primitivement leur couronne, non pas de Dieu seulement, mais de la nation.
 
L'histoire nous montre, en effet, Louis le Bègue s'intitulant Roi par la miséricorde de Dieu et l'élection du peuple, misericordia Domini et electione populi rex. L'histoire nous montre aussi le roi Robert reconnaissant expressément être redevable de sa couronne à la bonté divine et à la libéralité des Français, quoniam divina propitiante clementia, nos gallica liberalitas ad regni provexit fastigia.
 
Dans des temps plus rapprochés, Massillon, prêchant à Versailles devant Louis XIV, put prononcer ces paroles sans être interrompu ni désapprouvé par ce monarque : « Oui, Sire, c'est le choix de la nation qui mit d'abord le sceptre entre les mains de vos ancêtres ; c'est elle qui les éleva sur le bouclier militaire, et les proclama souverains. Le royaume devint ensuite l'héritage de leurs successeurs : mais ils le durent originairement au consentement libre des sujets. Leur naissance seule les mit en possession du trône ; mais ce furent les suffrages publics qui attachèrent d'abord ce droit et cette prérogative à leur naissance. En un mot, comme la première source de leur autorité vient de nous, les Rois n'en doivent faire usage que pour nous. »
 
On sait, d'un autre côté, que, par son édit du mois de juillet 1714, Louis XIV avait appelé les Princes légitimés à succéder à la couronne au défaut des Princes légitimes. Or, ces derniers protestèrent contre cette infraction aux lois fondamentales de l'État par un Mémoire où sont énoncées les vraies conditions constitutives de l'hérédité royale. « Personne, disaient-ils dans ce Mémoire, ne peut avoir la couronne de France que celui qui y est appelé par les lois fondamentales. (...) Le peuple français, qui est plus ancien que ses rois, ne leur a cédé sa puissance et confié son autorité publique que sous ces conditions. (...) En France, celui qui succède à la couronne ne tient rien du roi son prédécesseur, mais du peuple. »
 
Enfin, par son édit du mois de juillet 1717, Louis XV, faisant droit à cette protestation, reconnut formellement que « c'est à la nation seule à se choisir un roi, en cas d'extinction de la maison royale. »
 
« Pourquoi donc, ainsi que le fait judicieusement observer un auteur anonyme, pourquoi, dans le cas de défaillance de la maison régnante, le droit de choisir un roi appartiendrait-il à la nation, sinon parce que c'est elle qui a choisi la maison régnante ? L'extinction de la maison de Bourbon ne peut transmettre à la nation un droit nouveau ; elle ouvre seulement l'exercice du droit national. Le choix, au défaut de la race, regarde nécessairement ceux qui ont choisi cette race ; et si c'est la nation qui s'est volontairement soumise au premier mâle de la maison régnante, il est donc vrai que c'est elle qui l'a fait roi. »
 
Mais s'il est vrai que la royauté ait sa source dans la nation, comment nos Rois pouvaient-ils s'intituler : Rois par la grâce de Dieu ?
 
La contradiction n'est qu'apparente, et disparaît devant une distinction tirée des conditions mêmes qui constituent la royauté. Nos Rois pouvaient croire régner et régnaient, en effet, tout ensemble par la grâce de Dieu et par la volonté du peuple : par la volonté du peuple, en ce sens que la royauté, ayant sa source dans la nation, était essentiellement de droit national ; par la grâce de Dieu, en ce qui concernait l'exercice de l'autorité souveraine, qui, lorsqu'elle est légitime, est de droit divin.
 
Il est vrai qu'on peut resserrer l'objection, en reprochant à nos anciens rois d'avoir supprimé dans leurs actes la formule par la volonté du peuple pour conserver exclusivement celle par la grâce de Dieu.
 
Mais, même présentée ainsi, l'objection peut être facilement réfutée. Nous soutenons, par exemple, que les héritiers successifs du premier roi de France ont pu employer exclusivement la formule par la grâce de Dieu, parce qu'en effet ils tenaient personnellement leur couronne, non du fait direct et primitif de l'élection nationale, mais de la loi d'hérédité, c'est-à-dire du privilège de leur naissance, privilège dont ils étaient redevables à Dieu seul. Nous ajoutons que l'emploi exclusif de cette formule par les successeurs légitimes du premier Roi de France, ainsi considéré au point de vue de l'hérédité, n'entamait en rien et laissait subsister dans toute sa vérité historique le principe de droit national d'où dérivait primitivement la royauté.
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