Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

cohn.jpgGens de gauche, je vous hais, dirais-je volontiers, si je n’avais conscience de la faiblesse humaine, qui fait que toujours c’est la faute seule qui est haïssable, et non la personne même du fautif. Cependant, qu’ils sont pénibles, ces gens tout pétris d’une dignité usurpée, qui se sentent justifiés dans le moindre détail de leurs turpitudes banales par le seul fait qu’ils communient sous les espèces de la liberté, de l’égalité, d’une fausse fraternité et de prétendus droits humains. Sans parler de ceux, plus rares et légèrement moins méprisables, qui croient incarner le combat historique de la classe ouvrière.

Car, au fond, ce qui les rend tous aussi désagréables, ce ne sont pas tant leurs faux principes, toute cette sensiblerie humanitaire au nom de laquelle ils se sentent du reste le droit de commettre, le cas échéant, toutes les barbaries — non : ce qui est détestable en eux, c’est la façon dont ils se drapent dans leurs idéaux factices, et dont ils font de l’illusion d’en être les agents et les défenseurs le principe d’un ridicule amour-propre.

Voilà des êtres de nuit et de néant, dont la vie a non seulement le caractère dérisoire qu’a forcément en un sens toute existence humaine — cendre et poussière — mais qui, de plus, sont rendus d’autant plus méprisables par l’absence en eux de toute volonté sincère de s’améliorer : car, chez les gens de gauche, la morale a été mise tout au-dehors, dans la politique, et le seul bien auquel ils tendent n’est pas le perfectionnement intérieur de l’homme, mais seulement celui, extérieur, de la société. Désirer le second se substitue, chez eux, à la volonté de travailler au premier. L’exercice du plus léger engagement militant leur tient lieu de toute droiture intérieure ; ils jouissent, pitoyables narcisses, du reflet, qu’ils croient trouver sur leur personne déficiente, de la justice à venir dont le soleil factice resplendit dans leur mièvre imagination, comme dans un dessin d’enfant.

Besancenot.jpg

Cette absence de sens proprement moral chez l’homme de gauche, ou plutôt cette déviation du sens moral qui fait qu’au lieu de se juger soi-même avec toute la sévérité voulue, l’individu n’applique plus son sens du bien et du mal qu’à la société, produit, à terme, des êtres confits dans la bonne conscience, repus de satisfaction d’eux-mêmes, et d’indignation “vertueuse” envers tout ce qui ne leur ressemble pas. Vieillards jouissant sans entraves, à l’image d’un Cohn-Bendit, ou étudiants poupins et stupides, modelés sur Besancenot, qui vivent de s’indigner de tout, sauf de leur propre indignité, ils ont tôt fait de s’intrôniser mesures de toutes choses. D’où, par exemple, des jugements dont seul leur ressassement perpétuel empêche de voir l’énormité coupable : que l’Église est mauvaise parce qu’elle condamne le préservatif, pour ne prendre que le plus grotesque exemple.

Et voilà de qui, pour notre profonde humiliation, et de la façon la plus mortifiante, nous devons trop souvent craindre les regards ; voilà devant qui nous, Français amoureux de notre Patrie, nous sommes pour l’heure condamnés à courber l’échine — car les maîtres du moment ne haïssent rien tant que nos pareils et parce qu’il n’est rien qu’ils ne feraient pour nous flétrir et même nous tuer, si, avançant masqués par la force des choses, quoique avec honte de devoir trop souvent nous conduire ainsi, avec une bassesse, hélas !, d’esclaves, n’avions pris la précaution de leur dissimuler au moins nos arrière-pensées.

Mais comme ce joug est pesant et comme il est absurde ! Combien de temps encore subirons-nous les jugements indécents de cette inepte clique ?   

– Usque ad quem finem verba iactabitis intellegite prius et sic loquamur — 

(Job, XVIII, 2).

Ce qui est le plus ridicule, c’est que ces idiots dont le regard voudrait nous écraser dans la poussière du monde n’ont cette toute relative puissance d’intimidation que pour autant que leur misérable façon de penser est appuyée sur le poids social de leurs valeurs, sur l’emprise qu’elles exercent en fait sur la société que pourtant elles prétendent subvertir. Conformiste et bien-pensant, l’homme de gauche n’en met pas moins sa vanité à se sentir rebelle, voire subversif. Quoique dominant dans la France actuelle, il se plaît à se sentir “empêcheur de tourner en rond” et autres “poil à gratter”. Il s’aime (et, au fond, là est tout le ressort de sa conduite : le narcissisme de la fausse et facile vertu) dans ce personnage de la conscience, conscience, instinct divin,  qui viendrait perturber le relâchement ambiant. L’homme de gauche est l’aigre prophète de la bêtise repue, contente de soi, mais missionnaire.

Tas de cons besancenotiformes, retournez boire à la mamelle de la vache à lait des bons sentiments, — et puisse-t-elle vous étouffer !

Par Sébastien Derouen

 

Source : http://sebastien.derouen.over-blog.com/article-ce-qui-rend-les-gens-de-gauche-haissables-70478148.html

Tag(s) : #Politique-Société

Partager cet article

Repost 0