Charles d'Autichamp chef de l'Armée Catholique et Royale - Guerres de Vendée

Charles Marie de Beaumont d'Autichamp, un des "chefs" de la Grande Armée - Armée Catholique et Royale, mort le 6 octobre 1859


Né à Angers le 8 août 1770, et mort au Château de la Roche Faton en Lhoumois, le 6 octobre 1859, chef de l'Armée Catholique et Royale durant les Guerres de Vendée.


Charles Beaumont comte d'Autichamp naquit en Anjou, le 8 août 1770. On trouve dans la vie de tous les d'Autichamp une singulière ressemblance : même fortune, même faveur, même conduite, même dévouement au trône après sa chute.

A 12 ans, il entra dans la gendarmerie de Lunéville, commandée par son oncle ; en 1787, il servait comme sous-lieutenant dans le régiment Dauphin, d'où il sortit pour entrer capitaine au régiment de Royal-Dragons. On remarqua la liaison intime qui se forma entre le comte de la Rochejacquelein et lui : tous deux, en 1792, entrèrent dans la garde constitutionnelle du roi ; tous deux virent le 10 août éclater ; tous deux, désespérant de soutenir de leur épée le trône chancelant, se sauvèrent en Anjou. Il est vrai que ce fut pour y fomenter la guerre civile, et bientôt pour être comptés parmi les chefs les plus actifs de la Vendée.

M. d'Autichamp se joignit à Cathelineau, au moment où ce dernier surprenait la ville de Beaupréau, en mars 1793. Quelque temps après, M. d'Autichamp s'attacha à M. de Bonchamp, son cousin et son beau-frère qui lui donna, au siège de Nantes, une des colonnes de son armée à commander. Dans les diverses chances de cette guerre, M. d'Autichamp courut plus d'un danger, et, entre autres, dans une rencontre où les royalistes, ayant eu le dessous, il ne se sauva qu'en s'attachant fortement à la queue d'un cheval, qui l'entraîna loin du champ de bataille.

Après s'être réuni aux corps de MM. de Fleuriot et de Scepeaux, il livra bataille à Douai, éprouva une déroute complète, et alla occuper Saint-Laurent avec les compagnies bretonnes. Il s'y trouvait encore, lorsque plusieurs événement des plus contraires vinrent affliger les armées royalistes : la défaite de Cholet et de Beaupréau, et la mort de M. de Bonchamp.  Ce général, homme aussi brave que généreux, et dont l'histoire doit conserver la mémoire, donna un exemple de modération , bien rare dans les guerres civiles. Il était mourant lorsqu'il fit appeler M. d'Autichamp: « Cinq mille républicains prisonniers de guerre, lui dit-il, sont enfermés dans l'abbaye de Saint Florent : il y a dans les caves 6o barils de poudre, destinés à les faire sauter. Général, je vous recommande de leur sauver la vie » ce que M. d'Autichamp, digne d'être associé à cette action généreuse, exécuta religieusement.

 

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Dans ces temps extraordinaires, les grandes actions et le dévouement le plus noble, brillent souvent du plus pur éclat au sein même des massacres et des horreurs de la guerre civile : en voici un autre exemple donné par les républicains. M. d'Autichamp, après avoir assisté à la défaite des troupes royalistes au Mans, et à la malheureuse expédition qui tendait à leur faire passer la Loire, et à les conduire jusqu'à un port où elles pussent recevoir les secours de l'Angleterre, se réfugia, blessé, accablé de fatigue, chez une habitante du Mans , Mme Bellemare. Cette femme généreuse avait déjà offert le même asile à un colonel de hussards républicains également blessé : ce colonel se lia facilement avec son compagnon d'infortune, et, pour le soustraire à la mort, l'admit dans son corps, sous un nom supposé, en qualité d'instructeur.

Envoyé, en 1795, par Stofllet au comte d'Artois, qui venait d'arriver à l'Ile-Dieu, il refusa la croix de Saint-Louis dont ce prince voulait le décorer: « Je ne puis l'accepter, » dit-il, qu'après le rétablissement de la monarchie. » Plusieurs fois encore M. d'Autichamp s'efforça de rassembler des forces suffisantes pour réorganiser la Vendée ; mais il ne trouvait plus que des débris impossibles à réunir et à ranimer : ce n'étaient plus que les cendres d'un grand incendie.

En 1799, la loi des otages ayant frappé M. d'Autichamp, il essaya quelques nouveaux, mais impuissants efforts, et fut battu en plusieurs rencontres ; il reconnut enfin l'impossibilité d'une plus longue résistance. Le général Hédouville conclut la paix.

Dès que les premiers revers de Napoléon eurent ranimé les espérances des amis de la légitimité, M. d'Autichamp porta dans l'Ouest ses armes, facilement victorieuses, et revint bientôt à Paris offrir au roi le fruit de ses triomphes. Il fut nommé lieutenant général, commandeur de l'ordre de Saint-Louis, et commandant de la 14ème division militaire.

Pendant les cent jours, M. d'Autichamp, qui avait vainement cherché à soulever l'Anjou, secondé par le passage du duc de Bourbon, ramassa, ou plutôt entraîna quelques centaines d'hommes, A la tête desquels il occupa Cholet. Le plan concerté entre lui et le marquis de Larochejacquelein était de se rapprocher des bords de la mer autant qu'il serait possible ; on comptait encore sur les secours de ces généreux insulaires. Mais on ne put exécuter ce plan : à peine M. d'Autichamp fut-il arrivé à Legé, que la révolte des corps commandés par les généraux Sapinaud et Susannet, et l'approche des troupes impériales, le forcèrent a s'arrêter.

Après quelques engagements de peu d'importance, eut lieu le combat de la Roche Servières, où les 15,000 hommes du général Lamarque écrasèrent et dispersèrent les royalistes, après leur avoir tué 3oo hommes, et six de leurs meilleurs officiers supérieurs, entre autres le général Susannet. Neuf jours après la bataille de Waterloo, dont l'issue était encore ignorée, le général Lamarque et le général Sapinaud signèrent un traité de pacification, auquel M. d'Autichamp ne prit aucune part.

Il demeura en Anjou jusqu'à la fin de juillet. Le bruit s'étantrépandu, après le second retour du roi, que l'armée vendéenne s'était réunie à l'armée de la Loire, M. d'Autichamp crut devoir faire signer de tous ses officiers un ordre du jour, portant la dénégation formelle et motivée de cette assertion.

M. d'Autichamp, de retour à Paris, fut fait pair de France et inspecteur général de l'infanterie par Louis XVIII. Il prend sa retraite à l'avènement de Louis-Philippe Ier et favorise l'aventure de Caroline des Deux-Siciles, duchesse de Berry en 1832, ce qui l'oblige à s'exiler durant sept ans.

D'une rare élégance, très courageux quoique pondéré, le comte d'Autichamp fut l'un des rares survivants de la Guerre de Vendée.

 

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