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Dieu & le Roi

Dieu & le Roi

« La France, ce beau pays, souffre. L’Europe plie sous le poids des principes révolutionnaires […] Il nous manque un Roi Très-Chrétien qui était le lieutenant de Dieu sur terre ». Mgr Gilles Wach


Démocratie : niveleuse pas paresse et par nécessité

Publié par Démocratie Royale sur 1 Mai 2012, 05:38am

Catégories : #Royalisme

La religion catholique, qui donne des saintes et des saints, et prêche à tous l’humilité, donne aussi en foule des braves gens à tous les étages. En cherchant à supprimer la religion, en tournant en dérision l’honneur familial, en retirant à la vie sociale son sens élevé, la Révolution dégradait tout. Le prétexte patriotique n’arrivait pas à masquer sa misère.

 

La question décentralisatrice, posée par quelques Girondins qui voyaient en elle un remède à tous les maux, fut immédiatement combattue par les montagnards, qui voyaient, dans le fédéralisme, un obstacle à l’autorité, c’est-à-dire à la tyrannie, de l’État. Que voulaient les Jacobins et leurs comités de gouvernement ? Mettre à la France un corset de fer, un corset légal qui ne permît aucun mouvement d’indépendance. Exigence en contradiction avec un régime d’assemblée, où chaque province devait en principe élever sa voix pour la défense des intérêts locaux. Le partage, plus ou moins arbitraire, du pays en départements facilitait l’opération de nivellement, mais supprimait les coutumes comme les initiatives bienfaisantes et substituait, au principe qualitatif de la monarchie, le principe quantitatif de la démocratie parlementaire d’abord, puis plébiscitaire et impériale. Débat de structure et donc de première importance et qui fut sans doute la partie la mieux traitée de l’œuvre de Taine. reprise, avec une richesse d’arguments exceptionnel d’arguments exceptionnelle, par Maurras, légitime héritier de la pensée mistralienne. Sans doute la centralisation à outrance, jacobine puis napoléonienne, facilite-t-elle la tâche du pouvoir central, la brutalité de son enseignement, la perception des impôts et le fonctionnement de la machine administrative. Mais elle appauvrit !a nation, diminue son énergie et elle dépeuple, avec les campagnes, les villes de seconde et de troisième importance, en leur enlevant leurs caractéristiques, leurs richesses morales. C’est ici toute l’histoire de l’étatisme, depuis 1792, qu’il faudrait évoquer.

 

Certains ont pu croire, en s’illusionnant, que la République en s’humanisant, décentraliserait. Profonde erreur et que Maurras a cent fois réfutée. La démocratie est niveleuse par paresse et aussi par nécessité. Elle est pour le département contre la province, comme elle est pour l’individu contre la personne. Elle anémie la nation à la périphérie. Elle la congestionne a son centre. Ainsi les maux s’ajoutent aux maux, à mesure que se prolonge un régime barbare.

 

Guerre de religion et la plus sauvage, la plus implacable de toutes, la Révolution exigea du clergé catholique l’asservissement au nouveau régime, ce qui a donné lieu, depuis cent cinquante ans, à des luttes sans fin et, sous le Pape Léon XIII, à l’erreur funeste du ralliement. Ce souverain pontife ne vit as qu’en adhérant à la démocratie, il adhérait à la pire ennemie de l’Église, à la Révolution, et lui livrait les meilleurs et les plus ardents des catholiques. Sans doute était-il fort mal renseigné et par des gens qui avaient intérêt à le tromper, ou par de simples imbéciles, comme sont le plus souvent et conjointement les gens du monde et les gens de robe. Quant au cardinal Lavigerie, cœur généreux, esprit médiocre, il semble bien qu’en prononçant le toast d’Alger et proclamant l’adhésion de Rome au régime qui la combattait sans rémission depuis 1789, il ne faisait qu’obéir à des instructions insensées. Le ralliement convenait à la lâcheté naturelle des conservateurs - dont le nom, selon le duc Philippe d’Orléans, commence mal - et fut adopté par eux avec une sorte d’enthousiasme. Il devait aboutir aboutir assez rapidement à la spoliation du fameux milliard des congrégations, c’est-à-dire des biens de mainmorte et à l’expulsion de la plupart de celles-ci. Opérations de à simple brigandage, conformes à la ligne révolutionnaire,amorcées par Waldeck-Rousseau, exécutées par Émile Combes dont le fils Edgar était un voleur, enrichi des dépouilles des Chartreux. Cette opération profita à quelques liquidateurs dont le principal, du nom de Duez, bouc émissaire et bouc tout court, dut être finalement envoyé au bagne.

 

Attaqué à ce sujet, à la tribune de la Chambre, par Millerand, ancien rédacteur en chef du bourbier maçonnique appelé la Lanterne, Combes répondit Simplement : « J’ai pu expulser les congrégations, je ne me suis pas enrichi de leurs dépouilles. » Là-dessus Millerand, qui avait parlé de « régime abject », me tint coi. Il ne fut en effet pas moins abject que le régime qui le fit, à un moment donné, président de la République. Accusé de complicité dans l’affaire criminelle de mon fils Philippe Daudet, par le rédacteur en chef du Quotidien, Pierre Bertrand, Millerand se sauva de l’Élysée.

 

La courbe de la Révolution, partie des États généraux e 1789, arrivée rapidement à la gabegie et au rime avec la Terreur, revint ainsi à la proscription et au vol entre la guerre de 1870 et celle de 1914, dans la période que j’ai appelée l’Entre-deux-Guerres, et qui fut le règne de la Démocratie.

 

Léon Daudet

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