Georges-Jacques Danton franc-maçon vénal, sanguinaire orgueilleux et lâche - Biographie

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Danton ce franc-maçon, membre de la Loge des Neuf sœurs où nous voyons : Condorcet, Brissot, Garai, Bailly, Camille Desmoulins, Fourcroy, Chénier, Lamettrie, Champfort, Rabaud-Saint-Elienne etc.  (Maurice Talmeyr, la Révolution française et la Franc-maçonnerie) voulut régénérer la France, non en apôtre, mais en bourreau. Il apprit un des premiers au peuple le mépris de la vie humaine. Il paya cette leçon de son sang. Il mourut, non par la justice, mais par le talion, dont il avait inauguré le règne. La formule de son gouvernement, c'est la terreur. La terreur, comme ces ouragans indisciplinés qui n'ont d'autre mission que de détruire, balaya Danton et ses amis, comme elle avait balayé Louis XVI et ses serviteurs, les républicains après les modérés, mêlant, par une dernière ironie, comme un tas de feuilles séchées, les restes des vainqueurs et ceux des vaincus, les poussières infâmes et les poussières sacrées.

Danton, qui, de son temps, ne trouva personne pour le plaindre, comme il n'avait trouvé personne pour l'estimer, a trouvé à notre époque des réhabilitateurs. Qui ne réhabilile-t-on pas aujourd'hui ? Un jeune écrivain a consacré ses veilles à la tâche ingrate de démontrer que Danton ne fut ni vénal, ni sanguinaire ; mais on n'éteint pas, en le niant, le soleil de l'histoire. A cette inflexible lumière qui poursuit partout les grands criminels de 1793 de son rayon vengeur, nous voulons montrer, encore une fois, aux mains de Danton, l'or de la cour et le sang de septembre. Qu'on dise après cela, si l'on veut, qu'il fut bon citoyen, bon père, bon époux, etc. : nous saurons que penser de la sincérité cette épitaphe.

Georges-Jacques Danton naquit à Arcis-sur-Aube, le 28 octobre 1759. La Révolution le trouva mûr pour elle, c'est-à-dire vicieux et ruiné ; il portait, sans l'honorer beaucoup, le titre d'avocat aux conseils du Roi. C'est derrière Mirabeau, dont il singe quelque peu, en l'exagérant jusqu'au grotesque, en attendant qu'il l'exagère jusqu'à l'horrible, l'éloquence et la pantomime, qu'il arrive à la lumière. La première partie de sa carrière est consacrée à un travail d'intrigues souterraines, qui le dérobe à la fois à l'attention et aux reproches. Il est permis, cependant, de caractériser son rôle, et de lui attribuer une complicité morale dans les manoeuvres du parti d'Orléans. Les services qu'il lui rendit furent-ils désintéressés ? Deux hommes bien différents, Lafayette et Saint-Just, l'en ont accusé, à des époques bien différentes. Nous savons que Danton s'entendait à merveille à cacher son jeu ; il n'écrivait jamais (les autographes de Danton sont des mythes), et sa parole changeante tournait facilement au gré des événements.

Il est cependant permis de remarquer que Danton eut des accointances incontestables avec le parti d'Orléans (le régicide, bâtard, fils de palefrenier, Philippe Égalité). Il fut, jusqu'au jour où la solidarité devenait dangereuse et comme mortelle, l'ami et le défenseur de Dumouriez, notoirement diffamé par ses préférences orléanistes. Il défendit l'un et l'autre aux Jacobins, et, plus tard, à l'Assemblée électorale ; et, quand il les lâcha, c'est qu'il cessaient de le soutenir pour commencer à l'entraîner dans une disgrâce commune. Ces relations de Danton avec les orléanistes sont attestées par Lafayette (t. IL p. 272) ; par Louvet (Mémoires, p. 20) ; par Barbaroux, (p. 30) ; par madame Roland (Appel à l'impartiale postérité, p. 60), et par vingt autres, du propre aveu de M. Bougeart (Danton, etc. p. 26).

Mais si Danton demeure, en somme, plus suspect que convaincu de vénalité, dans ses rapports avec le parti d'Orléans, le doute est impossible, quant à ses relations avec les ministres aux abois du malheureux Louis XVI, cherchant en lui un dernier moyen et comme une dernière ressource de résistance. Là nous dirons oui hardiment, quitte à reconnaître, si l'on veut, que Danton, s'il reçut l'argent de la cour, le gagna fort mal.

Sur ce point, les témoignages des accusateurs sont précis, concordants, pertinents, décisifs. Nous n'avons ni le temps d'exposer, ni celui d'analyser. Nous renvoyons le lecteur de bonne foi aux Mémoires de Lafayette (III, 83 et 84, IV, p. 16) ; aux Mémoires de Bertrand de Molleville (I, 354, II, 288) ; aux Mémoires de Levasseur (III, ch. vu), et à l'opinion de MM. Mignet (I, 381), et Thiers (II, 172) ; nous terminerons par M. Louis Blanc. On n'accusera pas notre argumentation de recourir aux Montgaillard et aux de Conny. Nous ne prenons nos autorités que parmi nos adversaires.

Eh bien ! c'est M. Louis Blanc qu'il faut entendre cribler de citations et d'ironies le prétendu désintéressement de Danton. Quand les hommes de ce talent se mettent à démolir un des leurs, il n'y a vraiment rien à faire.

M. Louis Blanc cite, en outre de ceux que nous avons cités nous-mêmes, le témoignage de Prudhomme, et il ajoute aux accusations de Lafayette ce affirmées d'une manière décisive, la révélation que Mirabeau se trouve « avoir consignée dans une lettre destinée à ne jamais voir le jour, et qui lève, hélas ! tous les doutes » (VII, 96).

A cette lettre, qu'on peut lire dans la Correspondance de Mirabeau avec M. de la Mark, et que M. Bougeart n'a garde de citer, dans sa liste d'une impartialité un peu ostentatoire, M. Louis Blanc ajoute le témoignage de Godefroy Cavaignac, frère du conventionnel de ce nom, lequel tenait l'anecdote de sa mère, qu'un jour Danton, « dînant avec Cavaignac, et plusieurs de leurs amis, il lui échappa de dire, dans les fumées du vin, que leur tour était venu de jouir de la vie ; que les hôtels somptueux, les mets exquis, les étoffes d'or et de soie, les femmes dont on rêve, étaient le prix de la force conquise ; que la Révolution, après tout, était une bataille, et, devait, comme toutes les batailles, avoir pour résultat le partage des dépouilles opimes entre les vainqueurs. »

C'est le cas d'ajouter à chaque phrase : « Ah ! l'honnête homme! Ah ! l'honnête homme, que ce grand seigneur de la sans-culolterie, » comme disait Garât.

Après l'honnêteté de Danton, voyons un peu son humanité. Il en donna en septembre 1792 des preuves vraiment irrécusables, que nous allons examiner, « Qu'est-ce à dire ? s'écrie le réhabilitateur naïvement indigné. Prétendriez-vous, par hasard, que Danton a fait les massacres de septembre ? » — Non, mais je prétends qu'il les a laissé faire, ce qui était encore plus lâche. Danton était ministre de la justice, pendant ces sanglantes orgies de vengeance, pendant cette immense débauche d'assassinat. Et on oserait parler de son innocence !

Danton, quoi qu'on ait singulièrement exagéré ses facultés, et qu'on lui ait prêté un génie politique dont il n'eut pas même l'instinct, Danton n'était pas assez bête, disons le mot, pour afficher sa participation à des événements si effroyables, que, quand ils furent accomplis, ce fut parmi les assassins une émulation de gémissements et d'indignation telle, que leur unanimité a fait illusion à quelques historiens. Danton se garda donc bien de montrer, pendant les massacres, la part qu'il y prenait, et après, il se garda encore davantage de l'avouer. Il joua, comme les autres, sa petite comédie de douleur et de colère. Mais, plus d'une fois, le masque s'échappa de son colérique visage, et, emporté par l'orgueil ou la vengeance, souvent le bouillant orateur, aiguillonné par l'alerte phalange des Girondins, trahit trop bruyamment les mystères de cette âme inquiète, que, depuis la mort du Roi, dévorait implacablement le remords.

Quant à l'en croire l'instigateur indirect, l'occulte coopérateur, le complice, enfin dans toutes les conséquences du mot, qui pourrait s'y refuser devant les témoignages suivants ?

Danton sortit de l'émeute du 10 août, impudemment triomphante, ministre de la justice. La première création de ce ministre de la justice de l'émeute fut le tribunal révolutionnaire du 10 août, chargé de régulariser les choses. Ce tribunal, il faut le dire, ne répondit pas à l'attente universelle, et n'osa comprendre qu'une partie de sa mission. Il ne donnait guère plus d'une tête par jour, et encore fallait-il, à force de députations, de vociférations, l'arracher aux hésitations de ces juges, qui n'étaient pas parvenus, du premier coup, à étouffer leur conscience. Le 29 au soir, une cohue sinistre vint réclamer à grands cris non pas le jugement, mais la mort des prisonniers d'Orléans. Le 27 eut lieu cette fête hideuse, dont l'organisation sera l'éternel opprobre de la mémoire de Sergent.

Le lendemain, 28 août 1792, Danton se présente à l'Assemblée et dit : « C'est par une convulsion que nous avons renversé le despotisme, ce n'est que par une grande convulsion nationale que nous ferons rétrograder les despotes. On a fermé les portes de la capitale ; on a eu raison : il était important de se saisir des traîtres ; mais, y en eût-il trente mille, il faut qu'ils soient arrêtés demain. Nous vous demandons de nous autoriser à  faire des visites domiciliaires. » Le lendemain, trois mille personnes étaient arrêtées, dont deux mille environ demeurèrent en prison.

Le 30 août, le Comité de défense générale se réunit. Quel fut l'avis de Danton ? « Reculer, c'est nous perdre. Il faut donc nous maintenir ici par tous les moyens, et nous sauver par l'audace. Parmi les moyens proposés, aucun ne m'a semblé décisif, il faut faire peur aux royalistes. » Ces mots furent accompagnés, dit M. Thiers, d'un geste exterminateur.

En quittant ses collègues atterrés, Danton se rendit au Comité de surveillance de la Commune. Là, dans la nuit du jeudi 30 août au vendredi 31, furent prémédités, dit M. Thiers, d'horribles projets ; là, Danton fut de l'avis de Marat.

Non-seulement Danton, prévenu à temps, ayant un pied à la Commune, un pied dans le conseil exécutif ; non-seulement Danton n'osa pas enrayer le mouvement qu'il pressentait, il le favorisa, il l'encouragea, il l'excita. Il enfla sa voix, pour lutter contre le canon d'alarme, le tocsin, la générale enivrant tout Paris d'une sorte d'impatience féroce de haine et de peur. Il demande à la Convention, du haut de la tribune, de s'associer à ce « mouvement sublime du peuple, » qui s'arme et court aux prisons, en attendant qu'il coure à la frontière. Ce n'est pas en suppliant qu'il parle, en homme dont les dangers de la patrie mettent l'éloquence en deuil. Non, c'est en tribun menaçant : « Que quiconque refusera de servir de sa personne ou de remettre ses armes soit puni de mort... De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France est sauvée ! »

 Mais si, en allumant ainsi cet incendie des passions populaires qu'il pouvait calmer, et en précédant ces bourreaux qu'il n'osait pas arrêter, Danton se ménageait l'avenir, ce court avenir de l'idolâtrie des clubs (francs-maçons), il se fermait aussi toute issue, pour échapper aux reproches vengeurs de la postérité. A cet homme orgueilleux et lâche, qui ne profita de la dictature que pour laisser faire et laisser passer les meurtriers, et ne se servit de la mort que contre des innocents désarmés, la postérité demandera un compte sévère de ses moments.

Malgré le soin, digne d'un ancien avocat, qu'il met à se faire des alibis, on trouve partout Danton, partout surtout où, absent de sa personne, il domine encore, en quelque sorte, par son esprit. A l'homme qui, le soir du 1er septembre, attablé avec de belles républicaines, madame Desmoulins, madame Robert, trinquait galamment avec ces Muses et ces Grâces révolutionnaires, puis s'endormait dans cette insouciance qui succédait à ses transports ; à cet homme qui, à Grandpré, qui l'adjurait de mettre fin aux massacres, et cherchait à l'apitoyer sur le sort des prisonniers, répondait brutalement : « Je me f... bien des prisonniers ; qu'ils deviennent ce qu'ils pourront! » à cet homme, vêtu d'un habit écarlate, qui répondait froidement à Mandar, demandant la répression énergique de ces saturnales de l'assassinat : « Sieds-toi. C'était nécessaire! » à ce ministre de la justice, qui signait la circulaire cyniquement homicide de la Commune, rédigée par Marat, par laquelle Paris, ivre de sang, conviait la France à l'imiter ; à ce ministre de la justice, qui répondait à Brissot, déplorant la mort des innocents avec les coupables : « II n'y a pas un innocent ; » à ce ministre de la justice enfin, qui haranguait les assassins des prisonniers d'Orléans revenant d'abattre à Versailles les malheureux qu'on leur avait confiés, et saluait leurs voitures vides, l'histoire impartiale criera, chaque fois que, profitant d'une occasion de réhabilitation fournie par l'illusion des hommes ou le caprice des événements, il cherchera à sortir de l'infamie :

 

« Arrière, maudit ! »

Le pardon des victimes ne saurait aller jusqu'à admirer les bourreaux.

B.B. pour Royalistes.Net d’après le texte de M. De Lescure dans le « Livre Rouge, Histoire de l’échafaud en France ».

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