Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

[...] Excepté par certains de ses termes et de ses figures de style, la Déclaration d'indépendance, par exemple, ne pourrait être qualifiée de document maçonnique.

 

     La Constitution des États-Unis, en revanche, pourrait être défini comme telle dans un sens très réel. Lorsque la Convention se réunit pour l'élaborer, les influences maçonniques étaient nettement prédominantes. D'autres organisations, tels les "Fils de la liberté", avaient été dissoutes après avoir rempli leur rôle. Même l'armée continentale avait été licenciée. À l'époque de la Convention constitutionnelle, la maçonnerie n'était pas seulement la seule organisation à être restée "dans la course". C'était aussi le seul appareil fonctionnant au-delà des frontières des États, dans toutes les colonies nouvellement indépendantes.

 

     Bien entendu, sous sa forme définitive, la Constitution fut le produit des mains et d'esprits nombreux, dont tous n'étaient pas liés à la maçonnerie (mais le principe de majorité suffit pour l'emporter). Le texte du document était de Thomas Jefferson et, contrairement à ce que l'on affirme parfois, il n'était sans doute pas franc-maçon. Cinq hommes avaient été fondamentalement l'âme de la Constitution : Washington, Franklin, Randolph, Jefferson et John Adams. Or les trois premiers étaient non seulement des francs-maçons actifs, mais des hommes qui prenaient la franc-maçonnerie au sérieux, des hommes qui souscrivaient avec ferveur à ses idéaux, dont toute l'orientation avait été modelée et conditionnée par elle.

 

     Et la position d'Adams, bien que, pour autant que l'on sache, il n'ait pas été maçon, était quasiment identique à la leur. De plus quand il accéda à la présidence des États-Unis, il nomma un maçon éminent, John Marshall qui, par la suite mit le judiciaire sur un pied d'égalité avec le Congrès et la présidence.

 

     Dans les débats et les discussions qui aboutirent à la Constitution, Adams - bien que sa présence ne fût pas effective à l'époque - était en accord avec Washington, Franklin et Randolph. Seul Jefferson n'était pas de leur bord. Et ce fut finalement Jefferson qui céda, s'alignant sur la position des francs-maçons. La nouvelle république, naissant en même temps que la Constitution, était conforme à l'image qu'il se représentaient, et cette image reflétait les idéaux de la franc-maçonnerie.

 

 

     Influence maçonnique dans le gouvernement de Washington.

 

     Le 17 septembre 1787, le projet de Constitution fut accepté, approuvé et signé par trente-neuf des quarante-deux délégués présents. Entre le 7 décembre et le 25 juin de l'année suivante, chacun des États le ratifia individuellement. Le Maryland céda 160 kilomètres carrés de territoire au Congrès, comme le stipulait la Constitution, et ce terrain - le district de Columbia - devint le site de la nouvelle capitale fédérale.

 

     Le 4 février 1789, Georges Washington fût élu premier président des États-Uni, et John Adams vice-président. L'intronisation eut lieu le 30 avril. Ce fut Robert Livingston, Grand Maître de la Grande Loge de New York et beau-père du défunt général Richard Montgomery, qui lui fit prêter serment. Le maître des cérémonies fut un autre maçon, le général Jacob Morton. Un autre encore, le général Morgan Lewis, escortait Washington. La Bible utilisée pour la prêtation du serment fut celle de la Loge Saint-John n°1 de New York. Washington était lui-même, à l'époque, Maître de la Loge n°22 d'Alexandria, dans l'État de Virginie.

 

     Treize jours (13) plus tôt Franklin était mort, et la motié de Philadelphie était sortie dans la rue pour assister à ses funérailles. Cinq jour après l'investiture, les États-Généraux français se rencontrèrent à Versailles, et formèrent le 17 juin une Assemblée nationale, se déclarant, eux et non le roi, les véritables représentants du peuple français. Le 14 juillet, une émeute "révolutionnaire", "prit d'assaut" la Bastille, (en réalité ouverte sur ordre de son Gouverneur).

 

     Le 14 décembre, Alexander Hamilton soumit ses propositions en vue de l'établissement d'une Banque Nationale. Jefferson s'y opposa mais Washington les signa. Le "Grand Sceau" des États-Unis fut imprimé sur le dollar américain. Il est indubitablement maçonnique - un oeil qui voit tout dans un triangle surmontant une pyramide maçonnique à quatre côtés et treize degrés, sous laquelle une banderole proclame l'avènement d'un "nouvel ordre séculier" - un des rêves de longue date de la franc-maçonnerie.

 

     Le 18 septembre 1793, la première pierre du Capitole fut officiellement posée. La Grande Loge du Maryland présida à la cérémonie et l'on demanda à Washington de remplir le rôle Maître. Les loges affiliées dépendant de la juridiction du Maryland étaient présentes, ainsi que la propre loge de Washington, Alexandria, venue de l'État de Virginie.

 

     Il y eut une immense procession, qui incluait une compagnie d'artillerie. Puis vint un orchestre, suivi par Washington en personne, escorté de tous les officiers et les membres des loges, arborant les décors maçonniques au complet.

 

     Quand il atteignit l'excavation où était posée la pierre qui marquait l'angle sud-est, Washington se vit remettre une plaque en argent commémorant l'événement et portant le nom des loges présentes. L'artillerie tira une salve d'honneur. Puis Washington descendit dans l'excavation et déposa la plaque sur la pierre. Autour de celle-ci, il disposa des récipients renfermant du blé, du vin et de l'huile - emblèmes symboliques traditionnels du rite maçonnique. Toute l'assistance se joignit à lui dans une prière et un chant maçonnique, et l'artillerie tira une nouvelle salve.

 

     Washington et son entourage se placèrent ensuite à l'est de la pierre angulaire, où le président, d'une tribune à trois degrés typiquement maçonnique, délivra un discours. De nouveaux chants maçonniques suivirent, et une ultime salve d'artillerie.

 

     Le maillet, la truelle d'argent, l'équerre et le niveau utilisés par Washington pour la cérémonie sont aujourd'hui en la possession de la Loge Potomac n°5 du district de Columbia. Le tablier et la ceinture qu'il porta sont conservés dans sa propre loge, la Loge n°22 d'Alexandria.

 

     Par la suite, le Capitole et la Maison Blanche deviendraient les points focaux d'une géométrie régissant le tracé de la capitale de la nation. Cette géométrie, conçue à l'origine par l'architecte Pierre l'Enfant, fut plus tard modifiée par Washington et Jefferson afin de produire des motifs  (entre autres équerres et pentagrammes) octogonaux intégrant la croix particulière que les Templiers maçonniques avaient pour emblème.

 

     Six ans et trois mois plus tard, en décembre 1799, Washington rendit l'âme. Il fut enseveli dans son domaine du mont Vermon, avec tous les honneurs maçonniques, par la Loge n°22 d'alexandria, dont les membres tenaient les cordons du poêle.

 

 

Michael Baigent & Richard Leigh, « Des Templiers aux francs-maçons ».

 

 

A suivre...

 

Et vive le Roi de France naturellement !

 

Vigo.

 

 

Tag(s) : #Histoire-Culture

Partager cet article

Repost 0