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ll n'y a pas aujourd'hui deux questions il n'y en a qu'une : c'est la question révolutionnaire. L'avenir appartiendrait-il, oui ou non, à la Révolution ? Tout est là.

La Révolution ce mot devenu populaire se répète en même temps à Paris, à Londres, à Berlin, à Madrid, à Vienne, à Naples, à Bruxelles, à Fribourg, à Turin, à Rome, et partout il retentit comme le bruissement de la tempête. Excepté ceux qui l'ont gravé sur leur front comme signe de ralliement, ce mot fait instinctivement frissonner tout homme qui, aux souvenirs du passé, rattache les prévisions de l'avenir.

[....] Dans sa haine toujours ancienne et toujours nouvelle, la Révolution menace également le trône des rois et la borne des champs, le coffre-fort du capitaliste et la caisse d'épargnes de l'ouvrier. Pour elle rien n'est sacré : ni l'ordre religieux, ni l'ordre social, ni les droits acquis ni la conscience, ni la liberté ni même la vie. Elle hait tout ce qu'elle n'a pas fait, et tout ce qu'elle n'a pas fait, elle le détruit. Donnez-lui aujourd'hui la victoire, et ce qu'elle fut hier vous verrez qu'elle le sera demain.

[...] Mais qu'est-ce que la Révolution ? Poser une semblable question, c'est en montrer l'importance. Si, arrachant le masque À la Révolution, vous lui demandez: Qui es-tu ? elle vous dira : « Je ne suis pas ce que l'on croit. Beaucoup parlent de moi, et bien peu me connaissent. Je ne suis ni le carbonarisme qui conspire dans l'ombre, ni l'émeute qui gronde dans la rue, ni le changement de la monarchie en république, ni la substitution d'une dynastie à une autre, ni le trouble momentané de l'ordre public. Je ne suis ni les hurlements des Jacobins ni les fureurs de la Montagne, ni le combat des barricades ni le pillage, ni l'incendie, ni la loi agraire, ni la guillotine, ni les noyades. Je ne suis ni Marat, ni Robespierre, ni Babeuf, ni Mazzini, ni Kossuth. Ces hommes sont mes fils, ils ne sont pas moi. Ces choses sont mes œuvres, elles ne sont pas moi. Ces hommes et ces choses sont des faits passagers, et moi je suis un état permanent.

« Je suis la haine de tout ordre religieux et social que l'homme n'a pas établi et dans lequel il n'est pas roi et Dieu tout ensemble ; je suis la proclamation des droits de l'homme contre les droits de Dieu ; je suis la philosophie de la révolte, la politique de la révolte, la religion de la révolte ; je suis la négation armée ; je suis la fondation de l'état religieux et social sur la volonté de l'homme au lieu de la volonté de Dieu ! en un mot, je suis l'anarchie ; car je suis Dieu détrôné et l'homme à sa place. Voilà pourquoi je m'appelle Révolution ; c'est-à-dire renversement, parce que je mets en haut ce qui, selon les lois éternelles, doit être en bas, et en bas ce qui doit être en haut. »

Cette définition est exacte : la Révolution elle-même va nous le prouver en énumérant ses exigences. Qu'a toujours demandé et que demande encore la Révolution ?

La Révolution a toujours demandé, elle demande encore la destruction de l'ordre social et religieux existant. Elle l'attaque incessamment, sur tous les points et de mille manières : par l'injure, par la calomnie, par le sarcasme, par la violence ; elle l'appelle esclavage, superstition, dégradation. Elle veut tout détruire, afin de tout refaire.

La Révolution demande la souveraineté de l'homme, Roi, Sénat, ou Peuple, dans le but d'établir soit le despotisme d'un seul, soit le despotisme de la multitude, soit une monarchie dans laquelle le roi est esclave, du parlement, et le parlement esclave de l'opinion, et l'opinion esclave de quelques hommes.

La Révolution demande la liberté, c'est-à-dire le laisser-faire en toutes choses, sauf, plus tard, à ne rien laisser faire sans sa permission : le morcellement et l'aliénation illimités de la propriété, la liberté illimitée de là concurrence ouvrière, la liberté illimitée de là parole, des cultes et du divorce.

La Révolution demande l'égalité, c'est-à-dire l'abolition de tous les droits acquis, de toutes les hiérarchies sociales, de toutes les autorités établies, de toutes les supériorités, au profit du nivellement complet.

La Révolution demande la séparation de l’Église et de l'État, afin de ruiner l'influence sociale de là première, la dépouiller impunément, faire absorber le pouvoir spirituel ou de Dieu, par le pouvoir temporel ou de l'homme, de manière à réaliser sa maxime favorite : l'Église doit être dans l'État, et le prêtre dans la sacristie.

La Révolution demande la reconnaissance politique et la protection de tous les cultes, afin de mettre sur la même ligne l'erreur et la vérité, de les rendre aux yeux des peuples l'objet d'une égale indifférence, de les confondre dans un commun mépris, et par là de substituer à la religion révélée de Dieu la religion naturelle, fabriquée par l'homme, interprétée et sanctionnée par lui.

La Révolution demande sans cesse des Constitutions, c'est-à-dire l'anéantissement de la constitution naturelle, historique, telle qu'elle s'est formée et développée, durant des siècles, parles traditions et coutumes nationales, afin de la remplacer par une nouvelle constitution, faite d'un trait de plume, dans le but d'abolir tous les droits antérieurs, excepté ceux qui sont contenus dans cette nouvelle charte, et uniquement parce qu'ils y sont. Depuis 1789 la France en a eu dix-sept, et elle n'est pas encore contente.

 

La Révolution, recherches historiques sur l'origine et la propagation du mal en Europe. Mgr Jean-Joseph GAUME

 

Blanche Belleroy pour Royalistes.Net

Tag(s) : #Royalisme

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