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«Cela fait longtemps qu'il existe un consensus chez les historiens sérieux, israéliens compris, pour dire que les expulsions ont bien eu lieu. Il y a aussi eu des départs volontaires, mais comme c'est le cas à chaque conflit. Les populations veulent éviter les combats, comme en France en 1940. Les Palestiniens ne sont pas gentiment partis de chez eux.» Henri Laurens Professeur au Collège de France

Une information anodine mais lourde de signification pour l'histoire de France, a paru sans aucun commentaire, ni des bien-pensants ni des politiques. Il s'agit, ni plus ni moins, d'une revisitation insidieuse et déterminée de l'enseignement de l'histoire dans les lycées et collèges de France et de Navarre. Pour rappel, ce même pouvoir politique avait cru bon, à l'époque, de légiférer concernant la nécessité d'inscrire dans le marbre le rôle positif de la colonisation en Algérie. Il y eut un tollé des historiens! Changement de décor six ans après, des organisations communautaristes s'ingèrent dans un travail dé pédagogie pour dénaturer les faits. Silence radio de tout le monde.

 

Ainsi, on apprend que «des passages de nouveaux manuels d'histoire contemporaine à destination des classes de première générale, contestés par des associations juives, vont être «modifiés» à l'occasion de l'impression des versions définitives, a indiqué l'éditeur Hachette Education. Ces passages étaient relatifs au «partage de la Palestine».

Or, «après relecture, il est apparu que certains passages contestables devaient être modifiés. A l'occasion de l'impression, ils seront changés», a-t-on ajouté, sans préciser le détail des passages mis en cause ni la teneur des modifications. Le ministère de l'Education nationale n'avait pas réagi lundi en fin de journée. Contacté par l'AFP, le président du Crif, Richard Prasquier, a évoqué une «présentation du conflit israëlo-palestinien tout à fait scandaleuse».

 

Il a, notamment dénoncé «une idéologisation», via par exemple l'emploi du mot «nakba» («catastrophe», selon l'appellation dans le Monde arabe de la création de l'Etat d'Israël en 1948 et de l'exode des Palestiniens qui s'en est suivi), quand le terme Israël «n'apparaissait pas». Il a par ailleurs, dénoncé «des erreurs factuelles», sans préciser lesquelles. Le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (Bnvca) a reproché aux auteurs du manuel «d'interpréter les faits historiques, de tronquer la vérité, de prendre parti».(1)

«A Hachette, Myriam Simonneaux, adjointe au directeur de la communication, cherche à désamorcer la polémique qui enfle depuis le 5 juillet: «L'éditeur et l'auteur l'ont examiné de près et ont décelé sur deux pages, des mots et des imprécisions qui peuvent prêter à interprétation». «Les modifications sont en train d'être effectuées en toute indépendance, il n'y a aucune raison de s'exprimer sur un processus en cours.»

La réalité après: la poursuite du nettoyage éthnique

C'est peu dire que tout ce qui concerne le conflit israélo-palestinien est surveillé de près par les institutions juives se réclamant du sionisme. (...) On notera qu'historiquement, le nom d'Israël n'était pas mentionné dans les documents de l'ONU concernant la préparation d'une partition entre ce qui était alors appelé «Etat juif» et «Etat arabe». Ainsi, de ceux composant la double page controversée. Et les expulsions de populations palestiniennes furent bel et bien une réalité historique.

 

L'association Europe-Israël nie ces deux réalités, mais elle va beaucoup plus loin dans son interprétation de l'histoire. Elle reproche aux auteurs de l'ouvrage «une négation de l'histoire du peuple juif sur cette terre depuis plus de 3000 ans» et met sur un pied d'égalité Palestiniens arabes et juifs (ceux-là représentaient à peine 17% de la population palestinienne en 1931). (...)On se rappellera que les mêmes se vantèrent d'avoir fait interdire récemment une conférence de Stéphane Hessel à l'Ecole normale supérieure de Paris.(2)

Sur justement, les expulsions, un consensus existe chez les historiens. L'historien Henry Laurens, titulaire de la chaire «Histoire contemporaine du monde arabe» au Collège de France et qui a rédigé de nombreux ouvrages sur la question de la Palestine, regrette que l'éditeur soit influencé par les critiques qui ont été formulées par le président d'Europe-Israël, connu pour sa lecture extrêmement partiale de l'histoire du conflit israélo-palestinien(3).

 

Lire la suite sur :http://commentjevoislemonde.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/07/16/l-ecriture-de-l-histoire-de-france-le-pouvoir-des-lobbys-sio.html

Tag(s) : #Politique-Société

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