L'église abbatiale de Saint-Florent-le-Vieil

Qui n'a pas visité Saint-Florent-le-Vieil n'a pas vu la Vendée. L'élégante petite ville perchée au-dessus de la Loire concentre toute l'histoire de la Grande Guerre de 1793. Au sommet de ce haut lieu de mémoire culmine un édifice exceptionnel, son église abbatiale.


Toute l'Histoire de la Vendée en un seul lieu


Eglise de Saint Florent le VieilDans l'histoire de la Vendée Militaire, le nom de Saint-Florent-le-Vieil apparaît environné de gloire et de deuil. C'est là, en effet, que les paysans des Mauges donnèrent le signal de l'insurrection à tous les départements de l'Ouest; c'est là que Cathelineau exhala son dernier soupir; c'est là qu'après les rudes combats de la Tremblaye et de Cholet l'armée d'Anjou, emportant Lescure et Bonchamps blessés mortellement, vint tomber toute sanglante au bord de la Loire… (A. Lemarchand, Th. Drake, Album vendéen, illustrations des histoires de la Vendée Militaire, p. 179)

Rien pourtant ne semblait prédisposer Saint-Florent à une pareille destinée. Recroquevillée sur son promontoire, la petite ville dont les siècles avaient estompé l'antique gloire, accueillit la Révolution avec la même bienveillance que l'ensemble du pays. Sa position restait bien modeste et elle dut ferrailler avec ses voisines de Montrevault et Beaupréau lors du redécoupage de l'Anjou en 1790.

Le tombeau de BonchampsIl aura fallu trois années de déceptions et d'exaspérations pour que les événements placent cet éperon rocheux au cœur de l'Histoire, confondant la sienne avec celle de la Vendée. Le 12 mars 1793, la ville vit l'insurrection éclater dans ses rues et se propager comme une traînée de poudre à travers les Mauges. Un mois après, les républicains la reprirent lors de leur vaine contre-offensive. La campagne de conquête qui venait de commencer au printemps s'acheva ici, le 14 juillet, lorsque Cathelineau vint expirer dans ces murs. Le 18 octobre, journée terrible et héroïque, la Vendée vaincue la veille s'y précipita, cherchant son salut sur cette rive avant d'entamer son ultime chemin de croix outre Loire.

Haut lieu de la Guerre de 1793, Saint-Florent-le-Vieil devenait à présent celui de la Terreur, des fusillades de Noël, des grands massacres de 1794. Mise en échec par sa politique de répression sanglante, la République vint finalement signer ici la paix le 2 mai 1795.

Saint-Florent-le-Vieil quitte dès lors le théâtre de la guerre. Trente ans plus tard, son mémorable passé ressurgit à l'occasion des visites royales de 1823 et de 1828, au cours desquelles se rouvrirent les pages inoubliables que la Vendée avait écrites en ce lieu unique.

L'église abbatiale, écrin de la Mémoire

Vitrail Saint-Florent-le-VieilLe site fut au centre de l'évangélisation des Mauges par saint Florent au IVe siècle. Au fil des ans, l'édifice primitif fut agrandi pour accueillir les pèlerins. Les invasions normandes et les guerres de religion lui portèrent des coups terribles. L'abbaye fut restaurée au tout début du XVIIIe siècle, mais la Révolution la frappa à nouveau. Restaurée au cours du XIXe siècle, elle a heureusement conservé l'essentiel de son architecture et de son décor.

Plusieurs éléments sont toutefois venus l'enrichir et rappeler la place de ce monument dans l'histoire vendéenne. Le tombeau de Bonchamps en constitue sans nul doute le plus majestueux. Erigé en 1825, il est l'œuvre de David d'Angers qui le réalisa en hommage à celui qui sauva, en les graciant, les 5000 prisonniers républicains enfermés dans l'abbaye le 18 octobre 1793. Parmi ceux-ci se trouvait le père du sculpteur.

Le chœur de l'église est orné, côté nord, de verrières illustrant l'histoire de Saint-Florent-le-Vieil. Plusieurs panneaux retracent les épisodes qui eurent lieu pendant la Révolution et les Guerres de Vendée.

Pierre tombale de CathelineauUn escalier mène, au-dessous du chœur, à un petit musée lapidaire aménagé dans la crypte. On y découvre la première pierre tombale qui fut déposée sur la sépulture de Cathelineau, et celle de l'abbé Michel Gruget, curé de la paroisse à l'époque.

On notera enfin, dans une chapelle latérale, une plaque en mémoire de deux prêtres martyrs, dont M. Poirier, vicaire de Saint-Martin de Beaupréau.

Illustrations : L'église abbatiale de Saint-Florent-le-Vieil, le tombeau de Bonchamps, une des verrières du chœur, la pierre tombale de Cathelineau dans la crypte.

Ces illustrations sont présentées avec d'autres dans l'Album photos de Saint-Florent-le-Vieil (en cours).

Article connexe : Le tombeau de Bonchamps à Saint-Florent-le-Vieil

 

Source Vendéens & Chouans

: http://guerredevendee.canalblog.com/archives/2011/06/14/21397047.html

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