Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

cathelineau-generalissime-grande-armee-catholique-royale-an

Jacques Cathelineau


En sortant des mains glorieuses de Louis XIV, la  France fut livrée à des hommes que le vice rendait impies, et que l'impiété poussait au crime. Bientôt la corruption gagna successivement la capitale et les provinces, et l'on vit la dissolution et l'immoralité favoriser le patriarche d'une fausse philosophie, qui leur prodiguait son encens impur.

 

Jusqu'alors la France, quoique affligée par de grands scandales, n'avait pas eu, du moins, le spectacle de l'incrédulité enseignée presque publiquement; mais Voltaire, triomphant à la Cour du Roi très chrétien, se chargea d'effacer la honte des pernicieux exemples par les doctrines immorales. Autour de lui se forme une secte affreuse, qui enfante des systèmes désastreux, et déchaîne toutes les passions contre la religion et la vertu.

 

Parée du manteau de la science et de la sagesse, elle s'avance jusque sur les marches du trône, obtient l'appui du ministère, et devient une source de considération, de crédit et de fortune. Insensiblement elle s'approprie tout ce qui flatte et séduit dans l'école d'Epicure ; forme les esprits à la dispute, au doute, à là licence ; dépouille l'homme de sa dignité et de ses nobles prérogatives, détourne ses regards de son origine et de sa fin, et l'accoutume à vivre tête baissée, comme si tous ses intérêts se bornaient à la terre.


Dans les plans mystérieux qu'elle finit par dévoiler aux yeux des Rois et des nations, l'audace de la secte révolutionnaire n'a point de bornes. Ennemie de la Divinité, des Rois et des institutions sociales, elle oppose l'incrédulité à l'autorité de l'Evangile, et substitue les lois de la nature aux décrets de la Providence ; les droits de l'homme aux droits des souverains et du maître de l'Univers.

revolution


La France est le foyer de cette épouvantable conjuration. C'est de là que les adeptes répandent leurs doctrines empestées chez tous les peuples de l'Europe, et partout ils se font des complices jusque dans le conseil des Rois. Des souverains même poussent l'aveuglement au point de faire cause commune avec ceux qui sapent les fondements de leur autorité. « A quoi ne doit pas s'attendre le siècle qui suivra le nôtre ? écrit à Voltaire le Roi de Prusse ; l'édifice d'une superstition révérée va s'écrouler;  la cognée est mise à l'arbre » Insensé Frédéric! Oui, la cognée est mise à l'arbre qui garantit la solidité des trônes !


Encore quelques années et un conquérant sorti du sein des novateurs, foulera aux pieds ton sceptre, humiliera tes enfants, répandra le mépris sur tes armes, et désolera ton peuple. L'épée glorieuse que tu fis briller dans les champs de la Germanie, deviendra son butin, et sera donnée en spectacle à la nation infortunée que les philosophes ont pervertie ! […]


Cependant, la secte révolutionnaire devient de plus en plus puissante : magistrature, enseignement public, places éminentes force armée, elle envahit et empoisonne tout. Le crédit, les grâces et la renommée sont également à sa disposition : bientôt, au nom de la raison et de la nature, elle attaque ouvertement la religion et les institutions monarchiques ; renverse les idées reçues, et la commune acception des mots ; produit un nouveau code de justice et de morale, où les devoirs et les vertus, travestis, dénaturés, font place à la licence, aux vices et aux crimes ; fait circuler de bouche en bouche les termes magiques de liberté, égalité, patriotisme, souveraineté du peuple, et prépare ainsi les esprits à la catastrophe dont ces affreuses divinités doivent être le prétexte et le signal.

coeurchouans.JPG


Vainement l'autorité est-elle avertie de toutes parts des grands malheurs dont la France est menacée, l'esprit de vertige et d'aveuglement qui préside au conseil des Rois, ne permet ni de voir, ni d'entendre.


La révolution et ses suites terribles sont dévoilées à tous les yeux observateurs, lorsque les conjurés exécutent enfin pleinement leurs desseins. Les passions rompent leurs barrières, et l'anarchie commence les vertus dont se glorifiaient nos pères deviennent l'objet du mépris et de la haine d'une populace égarée ; chaque jour éclaire de nouvelles scènes de carnage et de barbarie ; l'autel et le trône sont renversés et couverts du sang des Rois et des Lévites, les larmes de la pitié sont une cause de proscription ; les lois ne sont redoutables qu'à la seule vertu ; chaque époque lamentable devient un jour d'allégresse publique ; le sol français est hérissé de prisons et d'échafauds, où l'honneur, la fidélité et la vertu sont impitoyablement immolés ; émulation générale de perversité ; débordement d'horreurs ; épouvantable mélange de bourreaux et de victimes !


Les Rois et les nations de L'Europe voient le crime triomphant, et aucun ne se lève pour l'arrêter et le punir ! Cette gloire est réservée à un petit peuple de l'ouest de la France, demeuré fidèle à son Dieu et à son Roi.


Ombres de Thucydide, de Tacite, ranimez-vous à la vue de tant d'horreurs et de tant d'héroïsme ! montrez aux générations l'affreux incendie que l'impiété, le régicide et l'anarchie allument dans ce beau royaume, et cette suite de prodiges inouïs qu'enfante la Vendée, pour en arrêter les ravages !

 

Jacques Calhelineau, paysan de l'Anjou, forme le dessein d'affranchir son pays, donne le signal de la guerre sacrée ; et, à la tête de vingt-sept héros plébéiens, il vole à la défense de l'autel et du trône. Les pâtres et les artisans du voisinage courent se ranger autour d'eux ; tout se lève à l'instant dans le Poitou et la Bretagne, en deçà de la Loire ; la noblesse suit l'impulsion du peuple, conduit au champ d'honneur cette troupe intrépide, qui n'a d'autres armes que des bâtons, des fourches et quelques fusils de chasse, et se montre en toute occasion également sans peur et sans reproche. chouan.jpg

 


Des enfants, des femmes et des vieillards, oubliant leur faiblesse, marchent aussi au combat. On pressent déjà quel genre de guerre le crime va faire à la vertu, et par quels moyens la Vendée soutiendra sa cause. Ici, nul secours, nul de ces aiguillons humains qui provoquent de grands efforts, et qui masquent l'horreur des grands périls ; il n'y a ni butin, ni fortune, ni charges, ni décorations : la victoire est sans avantage personnel, et la défaite sans espoir de salut. Et, de quels intérêts cette armée embrasse la défense ? Ses succès garantissent la société entière des calamités qui la menacent ; ses revers livrent les deux mondes à la catastrophe qui doit faire couler des flots de larmes et de sang

 

Eugène de Genoude 

Tag(s) : #Royalisme

Partager cet article

Repost 0