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Une société « maçonnisée » , c'est donc bien celle qui précède immédiatement la Révolution. Elle s'est « maçonnisée » pour s'amuser, mais elle s'est « maçonnisée ». C'est l'atmosphère en dehors de laquelle il ne faut pas même essayer de voir cette époque, sous peine de n'en rien voir de vrai. Il y a partout, à ce moment-là, vingt ou trente francs-maçons qui le sont par mode, par snobisme, par besoin de fêtes et de plaisir, et parmi eux un certain « Frère », qui a l'air d'être comme eux, mais qui n'est pas comme eux, et qui est là, comme dit le Pape, pour « percer la maison », pendant qu'on s'y divertit. Et le « maçonnisme », dès trente ou quarante ans avant 1789, est si bien déjà devenu l'ambiance générale, que les philosophes, en réalité, ne répandent pas simplement leur philosophie par leurs écrits, mais se conjurent maçonniquement pour la répandre, et dans le sens rigoureux du mot...

Ecoutez Voltaire dans sa correspondance : « Il faut, écrit-il, agir en conjurés, et non pas en zélés... Que les philosophes véritables fassent une confrérie comme les Francs-Maçons... Que les mystères de Mithra ne soient pas divulgués... « Frappez, et cachez votre main... »

La margrave de Bareith, la princesse Wilhelmine, devient pour lui la a sœur Guillemette », et lui adresse elle-même des lettres commençant par ces mots : « La sœur Guillemette » au « frère Voltaire ». Il avoue lui-même, dans des lettres qui sont célèbres, qu'il « rend le pain bénit », et qu'il « communie » par imposture, afin de mieux tromper les gens.

A un certain moment, il entreprend toute une intrigue, dans le but de faire reconstruire le Temple de Jérusalem ! (Lettres à d'Alembert, 1761, 1763, 1768, citées par Barruel dans les Mémoires pour servir à l’histoire du Jacobinisme, et lettres à Catherine de Russie, 1771.)

A un autre moment, il entreprend encore une autre intrigue, d'accord avec d'Alembert, pour arrivera décider Louis XV à fonder dans tout le royaume des écoles professionnelles gratuites, où, sous le couvert d'un soi-disant enseignement professionnel, on devait enseigner clandestinement au peuple la révolte et la sédition.

Bertin, l'administrateur de la cassette royale, avait fini par se décider à couper court à ce complot. Il avait fait une enquête, et qu'avait-il découvert ? Toute une conspiration de colporteurs qui couraient les campagnes, et y
vendaient, à des prix insignifiants, des ouvrages incendiaires dont on leur remettait gratuitement des quantités.

Des maîtres d'école étaient déjà même affiliés à la conjuration, et notamment dans les environs de Liège, où ils lisaient à des enfants, dans des réunions secrètes, des livres qu'on leur expédiait par ballots. Et ces maîtres d'école étaient précisément ceux qui, publiquement, à l'exemple de Voltaire, et comme par un mot d'ordre, accomplissaient leurs devoirs religieux avec la dévotion la plus démonstrative !

Plus de vingt ans après, en 1789, entre les atrocités de la prise de la Bastille et celles des massacres d'octobre, un M. Leroy, lieutenant des chasses royales, s'écriait avec des sanglots, dans un dîner raconté par Barruel, et qui avait lieu chez M. d'Angevilliers, intendant des Bâtiments du Roi :

« J'étais le secrétaire du Comité à qui vous devez celte Révolution et j'en mourrai de douleur et de remords !... Ce Comité se tenait chez le baron d'Holbach... Nos principaux membres étaient d'Alembert, Turgot, Condorcet, Diderot, La Harpe, et ce Lamoignon qui s'est tué dans son parc !... La plupart de ces livres que vous avez vus paraître depuis longtemps contre la religion, les mœurs et le gouvernement étaient notre ouvrage, et nous  les envoyions à des colporteurs qui les recevaient pour rien, ou presque rien, et les vendaient aux plus bas prix... Voilà ce qui a changé ce peuple, et l’a conduit au point où vous le voyez aujourd'hui... Oui, j'en mourrai de douleur et de remords... »

Et ce témoignage de Barruel, ces cris de remords de M. Leroy au dîner de M. d'Angevilliers, pourraient-ils être contestés? Non ! Car voici, en date du mois de mars 1763, des lettres de Voltaire qui les confirment par anticipation :

« Pourquoi les adorateurs de la raison, écrivait-il alors à Helvetius, restent-ils dans le silence et dans la crainte ? Qui les empêcherait d’avoir chez eux une petite imprimerie et de donner des ouvrages utiles et courts dont leurs amis seraient les seuls dépositaires ? C'est ainsi qu'en ont usé ceux QUI ONT IMPRIMÉ LES DERNIÈRES VOLONTÉS DE CE BON ET HONNÊTE CURE MESLIER... » Et il ajoute : « On oppose ainsi, au Pédagogue chrétien et au Pensez-y bien, de petits livres philosophiques qu'on a soin de répandre partout adroitement. On ne les vend point, ON les donne a des personnes AFFIDÉES QUI LES DISTRIBUENT A DES JEUNES GENS ET A DES FEMMES... »

En réalité, la conjuration philosophique n'avait que très peu perverti le peuple, elle avait surtout empoisonné les hautes classes. Mais cette philosophie qui est une conjuration, et qui machine, dans le mystère, avec des masques et des trahisons, l'application de ses préceptes, n'est-elle pas, pour une époque, toute une caractéristique ? Et elle n'est cependant encore qu'une demi-conjuration. Elle ne représente que des préliminaires, et c'est seulement avec l'Illuminisme que nous allons voir entrer en scène la conjuration véritable, celle de la subversion sauvage, et où s'annoncent, par avance, toutes les atrocités de la Terreur.

L'Illuminisme est peu connu, sinon même presque inconnu, et c'est pourtant l'Illuminisme qui, en très grande partie, a bouleversé et ensanglanté le monde. C'est encore la continuation directe de l'Illuminisme qui le bouleverse ou qui le menace aujourd'hui, et son fondateur est un Allemand, Weishaupt, professeur de droit au collège d'Ingolstad.

 

Extrait de La Franc-Maçonnerie et la Révolution française : https://archive.org/details/lafrancmaconner00talm

 

B. B. pour Royalistes.Net

Tag(s) : #Sociétés Secrètes - F.M.

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