La Guerre de 1914, la jeunesse sacrifiée (G.A.R.)

La république antisociale

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En présence de la déformation de l'Histoire à laquelle nous assistons présentement, il est bon et utile de rappeler que la République en France a été le régime le plus inhumain, le plus meurtrier, le plus sanglant de l'Histoire. Il a été en même temps le plus ingrat, le plus inique et le plus odieux envers ses combattants. Depuis que la Révolution, pour soutenir ses guerres, a imaginé la conscription, la France a subi, du fait de cette politique, sept invasions de plus en plus ruineuses et déchirantes.Seule la période monarchique, qui va de 1815 à 1848, a valu à la France une période de paix et la suppression du service militaire obligatoire. A part ça, nous n'avons connu que des guer­res.

Et quand la République ne s'est pas engagée dans des guerres continentales, elle s'est aventurée dans des guerres coloniales, sans plan ni préparation. C'est ainsi qu'après avoir été sur le point d'attaquer la Chine, en 1884, au moment de la guerre du Tonkin, et d'avoir sacri­fié des hommes du contingent sur tous les territoires du globe, au nom et dans l'exaltation du colonialisme, favorisé par Bismarck, la République en est arrivée, cinquante ans plus tard, à tout abandonner, à se prostrer devant la Chine , et à chasser ses propres ressortissants d'Algérie en employant contre eux les soldats qui y avaient été envoyés pour défendre le territoire national. En 1912, nos dirigeants savaient qu'ils allaient engager la France dans une grande guerre. Mais, comme il allait y avoir des élections, ils s'efforçaient de tromper l'opinion publique. Le 30 juin 1914, un organe radical écrivait ceci : 
«La guerre apparaît de plus en plus comme un anachronisme. Donnons notre sympathie aux pacifistes, puisqu'aussi bien ceux-ci ont dépassé l'âge des songes creux.»
 
C'était la suite de la campagne contre la folie des armements qui nous avait valu la Chambre radicale-socialiste de 1914. Si l'on se reporte aux débats du Sénat des 13 et 14 juillet de la même année, on y verra comment Messimy lutta contre les res­ponsables de cette politique. Par une singulière ironie, le 2 août, au moment où la guerre était déjà engagée, le gouverne­ment de la République faisait afficher la fameuse proclamation du président de la République : «La mobilisation n'est pas la guerre.» Or Poincaré, décidé à aller jusqu'à provoquer un casus belli, était parti en Russie pour vaincre les hésitations de Nico­las II et stimuler son ministre des Affaires extérieures. La guerre une fois déclenchée, sans préparation, et dès l'an­nonce de la catastrophe de Charleroi, ministres et parlementaires en fuite se retrouvèrent à Bordeaux.

Poincaré a narré dans ses Souvenirs son départ avec le chien bruxellois et la chatte siamoise. A Bordeaux, ils se livrèrent à une noce insensée. L'Eclair du Midi et l'Eclair de Paris ayant donné un reportage bien atténué de cette vie scandaleuse, ces journaux furent suspendus par la censure. Car nos cloportes de l'Histoire, qui se scandalisent des Ordonnances de Polignac et de Charles X, trouvent tout à fait normal que la République ait recours à la loi martiale, à la cen­sure et aux Tribunaux d'exception pour museler l'opposition. Après la Marne, les politiciens revinrent à Paris où, tout en nourrissant leur patriotisme de liesses et de bons repas (v. Journal d'un attaché d'ambassade de P. Morand), ils reprenaient, Clemenceau en tête, le jeu de déquiller les ministères. 

Dans une lettre au général Galliéni, Joffre écrit que des renseignements concernant la Défense nationale pourraient être fournis à l'ennemi par des ministres. La guerre se poursuivait dans un désordre affreux. On passait de Joffre à Nivelle, sans amélioration, bien au contraire. Cependant Briand, je dis bien Briand (v. le livre de Suarez), ne cachait point son admiration pour le général de Castelnau. Toutes les fois que la situation est désespérée quelque part et qu'on l'y envoie, dit-il, il la rétablit aussitôt. Et il finit par déclarer : «Si cet homme n'allait pas à la messe, il serait généralissime et il n'y aurait plus d'Allemands en France.» 

Oui, mais cet homme ne se contentait pas d'aller à la messe, il était l'ennemi du régime. Clemenceau l'appelait le capucin bot­té et il' préférait n'importe quoi à la nomination de ce grand soldat comme chef militaire. «Donnez une femme à Pétain, disait-il, il s'en servira. Donnez-lui la République, il ne lui fera rien. Donnez une femme à Castelnau, il ne lui fera rien. Donnez-lui la République, il l'étranglera.» Et voilà comment, en République, on conduit une guerre.

En 1917, il y eut des mutineries. De véritables héros, je dis bien des héros, ont été fusillés, voici dans quelles conditions. On les envoyait à l'attaque, après leur avoir promis une permission. Ils en revenaient après avoir laissé de nombreuses victimes. Mais la promesse n'était pas tenue. II fallait recommencer le lendemain, et puis encore les jours suivants. Finalement, les malheureux survivants, voyant que miséricorde se perdait et qu'on se moquait d'eux, se mutinèrent. Le Maréchal Pétain l'avait fort bien compris, qui s'était efforcé d'atténuer les rigueurs prescrites par les autorités civiles. 
 
Les Clemenceau et autres s'étaient fait la main jadis contre les ouvriers,
_à Villeneuve-Saint-Georges,
_à Draveil-Vigneux,
_ou contre les viticulteurs fusillés à Narbonne en 1907.

Quelques poilus de plus ou de moins ne pesaient pas lourd à cette époque. Placé devant un choix dramatique, en vue de former un nouveau ministère, Poincaré préféra Clemenceau à Caillaux. S'il avait opté pour Caillaux, une paix aurait été conclue et le Tigre serait passé en Haute-Cour. Ce fut exactement le contraire qui se produisit. La République était installée dans la guerre comme dans un fromage.
- Je fais la guerre, disait Clemenceau. Et les poilus tombaient comme des mouches.
 
Le socialiste Marcel Sembat écrivit alors un livre courageux : Faites un Roi sinon faites la paix. Ouvrage qui devrait intéresser les générations actuelles. 

De son côté, Anatole France s'indignait de l'incapacité du régime républicain à conclure la Paix.

«II semble, disait-il, qu'on prenne un malin plaisir à irriter ces malheureux (les combattants). Quand on les met au repos, à l'arrière, pour quelques jours, c'est la vie de caserne qui recommence. On les abrutit avec les corvées, les exercices ; la vie de tranchée si terrible leur parait préférable. Ah ! Je l'ai déjà dit, seule la République, puissance ploutocratique et anonyme, peut ainsi traiter des hommes. Un Roi aurait pitié, mais la République est sans entrailles.» (M. Le Goff : Anatole France à la Béchellerie, p. 106.)

PIERRE BECAT

 

Source : http://actionroyaliste.com/index.php?option=com_content&view=article&id=857%3A11-novembre-hommage-a-nos-soldats-sacrifies-&catid=38%3Aempirisme&Itemid=57

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