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Facebook détecte les visages et propose des noms d'amis lors des ajouts de photos.
Facebook détecte les visages et propose des noms d'amis lors des ajouts de photos.

Un représentant allemand estime que cette fonction, qui collecte des données biométriques sans l'autorisation préalable des membres du site pour faciliter le «tag» de photos, porte atteinte à la vie privée.

Facebook aurait dû suivre les bons conseils d'Eric Schmidt. Questionné sur le respect de la vie privée sur Internet lors d'une conférence organisée au mois de mai à Londres, le président de Google, pourtant connu pour ses sorties très décomplexées sur le sujet, avait identifié une limite à ne pas franchir : la reconnaissance de visages, qui «donne la chair de poule» tant elle est performante.


Pour s'être aventuré sur ce terrain en dépit des mises en garde de son meilleur ennemi, Facebook se retrouve aujourd'hui au cœur d'une énième polémique qu'il peine à étouffer. Cette semaine, le représentant chargé des libertés informatiques auprès de la ville de Hamboug, qui s'occupe de ces questions pour tout le territoire allemand, a livré une charge en règle contre la reconnaissance des visages. Johannes Caspar souhaite que Facebook la désactive par défaut et menace de saisir la justice s'il n'obtient pas satisfaction. Les tribunaux allemands pourraient infliger jusqu'à 300.000 euros d'amende à l'entreprise américaine.


La réaction de l'Allemagne, particulièrement attentive au respect de la vie privée, n'est pas surprenante. Habitué à essuyer des remontrances outre-Rhin, Facebook a déjà dû revoir son système d'inscription au début de l'année. Le Google d'Eric Schmidt a lui aussi fait les frais de cette intransigeance lors du lancement de son programme Google Street View l'an dernier. Mais l'inquiétude autour de la reconnaissance des visages dépasse cette fois largement les frontières allemandes. La nouvelle fonction, déployée en juin, est aussi dans le viseur de la Cnil française et de l'Article 29, un groupe de travail réunissant toutes les autorités européennes chargées de faire respecter la vie privée. Le débat a aussi été porté aux États-Unis par le procureur général du Connecticut.

Une application pour identifier les inconnus


En soi, toutes ces autorités ne condamnent pas le fonctionnement de la reconnaissance faciale. Des logiciels comme iPhoto et Picasa utilisaient bien avant Facebook des algorithmes comparant l'éloignement des yeux et la forme des visages, pour grouper des photos par sujet. Le problème vient en fait des informations collectées par le réseau social sans l'assentiment de ses utilisateurs. «Cette fonction alimente en arrière-plan une base de données destinée à la reconnaissance physique de millions d'utilisateurs», s'inquiète le représentant allemand de la ville de Hambourg. «Si les données des utilisateurs tombaient entre de mauvaises mains, il serait possible de comparer et d'identifier n'importe qui pris en photo avec un téléphone portable», prévient Johannes Caspar.

Cette semaine, une étude de chercheurs de l'université Carnegie-Mellon, en Pennsylvanie, a donné du crédit à ces théories alarmantes. Après avoir photographié des étudiants d'un campus nord-américain avec une webcam, ces trois universitaires sont parvenus à identifier un tiers de leurs cobayes en comparant leurs visages avec les photos de profil disponibles publiquement sur Facebook. Sur le même principe, ils ont ensuite développé un prototype de logiciel pour mobile capable de reconnaître en temps réel une personne croisée dans la rue et de retrouver des informations personnelles la concernant. «Ce qui est aujourd'hui une [expérimentation] pourrait devenir demain aussi banal que de chercher un mot sur les moteurs de recherche», préviennent-ils.


Facebook n'en est pas là. Écartant «fermement» dans le Financial Times les accusations d'atteinte à la vie privée, le réseau social rappelle que la fonction déployée est appréciée des utilisateurs. Elle sert en effet pour l'instant à «taguer» facilement ses amis, dont les noms sont automatiquement suggérés lors de l'ajout de photos. S'il n'envisage pas de revenir sur cette nouvelle fonction, Facebook a pris soin de s'engager auprès du procureur général du Connecticut (pdf) à prévenir ses membres de la possibilité de désactiver, après-coup, la reconnaissance de visages en se rendant dans les préférences de confidentialité (*). Toutes les données biométrique des utilisateurs qui feront ce choix seront alors supprimées.


* Rendez-vous dans les paramètres de confidentialité, repérez le réglage «Suggérer à mes amis les photos où j'apparais», cliquez à droite sur «Modifier les paramètres» et choisissez «Désactivé» ou «Activé» dans le menu qui apparaît.


http://www.lefigaro.fr/hightech/2011/08/04/01007-20110804ARTFIG00441-la-reconnaissance-de-visages-de-facebook-inquiete.php

Tag(s) : #Vie quotidienne-Santé-Environnement

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