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Philippe Meyer sur France Culture (septembre 2011) : « Un pays qui prend Bernard Tapie pour un entrepreneur, Bernard-Henri Lévy pour un philosophe, Jacques Attali pour un penseur, Claire Chazal pour une journaliste, Alain Minc pour un économiste, etc. ne peut s'étonner d'avoir Nicolas Sarkozy comme président de la République »

 

Si ces quelques lignes résument cyniquement l'état d'un peuple dont les minorités encore pensantes sont hélas contraintes de subir, suffrage universel oblige ou plutôt supercherie républicaine oblige, le joug d'une majorité qui, dénuée de discernement et dépourvue d'esprit critique, cautionne ces faux prophètes, ces tartufes, ces imposteurs, elle n'est pas sans rappeler le trait acerbe d'un certain... Joseph de Maistre, estimant déjà en 1816 – autres temps, autres mœurs dit-on : vraiment ? – que « toute nation a le gouvernement qu'elle mérite ».

 

Vaut-il mieux, dès lors, se résigner, ou faut-il à l'inverse se convaincre, afin de garder espoir, que les Français d'aujourd'hui ne doivent en réalité de « mériter » depuis trop longtemps cette « République irrespirable » prétendument irréprochable, qu'au simple fait d'être nés sous un régime politique s'ingéniant, dès les premières années scolaires, d'entretenir chez eux l'illusion de sa viabilité ainsi que le mensonge sur les circonstances de son avènement ?

 

Car la République, (in)digne fille de la Révolution dite Française, est bel et bien le véritable ennemi de la France et des Français eux-mêmes, qui boivent jusqu'à la lie ce poison démagogique. Ils ont oublié, ou plutôt on ne leur apprend pas que, jadis rayonnant, jadis respecté, jadis envié mais encore jadis convoité, notre pays devait cette prestigieuse condition à un système monarchique qui l'a non seulement forgé mais en a assuré, durant 1300 ans, l'intégrité, reposant notamment sur deux atouts dont il disposait et qu'une République jamais n'offrit ni n'offrira à la France :

 

1° La monarchie jouait le rôle de véritable rempart tenant éloignés les appétits financiers extérieurs. Aujourd'hui, le président de la République française, ne disposant d'aucune marge de manœuvre pour exercer les fonctions régaliennes nécessaires à la souveraineté de notre pays et indispensables à sa préservation, doit sans cesse composer avec les lobbies en place s'il veut se donner toutes les chances d'être réélu cinq ans plus tard et, quoi qu'il advienne, son action sera toujours limitée par une délétère démagogie à laquelle il doit se soumettre s'il veut sortir vainqueur d'échéances électorales se succédant à un rythme effréné ; à la différence d'un monarque dont le « poste » n'est pas tributaire de suffrages acquis à grand renfort de promesses non tenues, et qui n'a donc pas la plus infime once d'intérêt à sacrifier la France sur l'autel de calculs personnels et mercantiles. Au surplus, un monarque, véritable « père du peuple », incarnait la France qu'il transmettait à son héritier : spolier la France revenait à spolier sa propre famille.

 

2° La monarchie garantissait, quelles que soient les difficultés économiques ou sociales du moment, une pérennité du pouvoir, une stabilité avec une société non paralysée par des luttes intestines partisanes, un véritable poids diplomatique puisque nous affranchissant du ballet grotesque bouleversant la représentativité internationale de notre pays au gré des changements de gouvernement. En outre, le monarque était élevé et formé dès sa naissance dans le but précis d'assurer la lourde tâche d'administrer un Etat, sachant de surcroît que son entourage était lui-même issu d'une lignée rompue aux coulisses de la gouvernance d'un peuple. Imaginer trouver en quelque pitre républicain prétendant au poste suprême, le même bagage de compétences et de connaissances, relève, au mieux de l'utopie, au pire d'un exécrable boniment.

 

La République, issue d'une Révolution dite française n'ayant jamais été faite par le peuple et encore moins pour lui, n'a au fond permis qu'aux moins méritants et aux moins scrupuleux – état de fait dont il est assez « cocasse » de voir qu'il contrevient d'ailleurs à la fameuse Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 fixant que les citoyens « sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents » – de spolier et de duper les Français. Car ne nous y trompons pas, la Révolution a été menée par une bourgeoisie financière vorace voyant en le pouvoir monarchique un obstacle à son désir de s'installer au sommet de l'Etat. Et la France de 1789, par sa puissance économique, par sa souveraineté, par son rayonnement intellectuel, représentait alors LE pays ayant depuis 1300 ans résisté à toutes les convoitises extérieures, donc LE pays à abattre aux yeux de cette caste affairiste, pour mener à bien ses projets d'extension.

 

 

Car qui sont les descendants de cette bourgeoisie financière, sinon l'oligarchie financière et mondialiste, dont un nombre croissant de nos concitoyens dénonce désormais les pratiques ? Ce sont ces mêmes marionnettistes qui, agitant les classes dirigeantes républicaines corrompues et devenues de simples marionnettes entre leurs mains, obtiennent d'elles : qu'elles sacrifient, au nom du peuple français, la souveraineté de notre pays ; qu'elles abandonnent, au nom du peuple français, son privilège de battre monnaie ; qu'elles imposent, envers et contre le peuple français, un traité de Lisbonne auxquels nos concitoyens avaient clairement exprimé leur veto référendaire lorsque l'on avait voulu leur vendre affublé du nom de Constitution européenne ; qu'elles asphyxient nos concitoyens, au nom du peuple français, en nourrissant des établissements financiers privés par le biais du creusement d'une dette publique mettant en péril notre pays ; qu'elles privatisent à l'envi, encore et toujours au nom du peuple français, des services publics financés des décennies durant par les contribuables (service postal, autoroutes, chemins de fer, énergies...) pour en octroyer désormais les juteux bénéfices à des groupes privés.

 

En réalité, la République jamais ne s'opposera aux instigateurs d'une gouvernance mondiale dont les contours se dessinent chaque jour un peu plus ; et pour une simple raison : cette République, et ses pseudo-dirigeants, véritables saprophytes vivant à ses crochets et donc au crochet du peuple, à l'instar de nombre de « démocraties » occidentales vérolées, est depuis belle lurette le plus sûr complice de l'oligarchie financière : sous des dehors vertueux, entretenant à souhait une démagogie lui permettant de se maintenir vaille que vaille en place, elle spolie jour après jour les Français et leur donne l'illusion d'être en mesure de peser d'un quelconque poids lors d'élections se résumant au sempiternel clivage trompeur et suranné gauche/droite.

 

Aujourd'hui, les marionnettes de ce triste spectacle, personnalités inconsistantes appartenant aux sphères médiatique, financière et politique, sont à ce point sures de leur fait qu'elles jouent pleinement leur rôle et à visage découvert. Cette roguerie marquerait-elle un tournant décisif ? Des démocraties qui s'émiettent, des économies qui s'effondrent, des sociétés qui mugissent, sont autant de facettes d'un « chaos contrôlé » visant à la mise en place d'une monnaie et d'une gouvernance mondiales uniques, non seulement que les dirigeants occidentaux, vendus à quelques marionnettistes, ne cessent d'appeler de leurs vœux, mais encore à laquelle nos concitoyens ne pourront que « naturellement » aspirer lorsque l'atmosphère planétaire deviendra, tout comme cette fichue République, irrespirable...

 

Hugo Brémont

Tag(s) : #Politique-Société

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