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En France comme dans les autres pays du Continent, les Loges devinrent rapidement des centres d'intrigues politiques. Le Grand Orient, fondé en 1772 avec le duc de Chartres le futur Philippe Egalité comme Grand Maître (enfant adultérin, Philippe duc de Chartres était fils d'un laquais et ne fut pas reconnu par son grand-père, d'où son choix du nom de Philippe-Egalité ; cf. Mgr Delassus : « La Conjuration antichrétienne. ») fut indéniablement une organisation subversive, et par son union avec le Grand Chapitre en 1786, il acquit un caractère encore plus dangereux.

La Révolution était prévue devoir s'accomplir surtout au bénéfice de la classe supérieure » (la haute bourgeoisie), « avec le peuple comme instrument » (Papus, op. cit. p. 139.) Les frères du Rite Templier, c'est-à-dire du Grand Chapitre (les hauts grades de la Maçonnerie, le Martinisme, la Stricte obédience templière et l'Illuminisme) furent donc « les vrais fomenteurs de révolutions, et les autres n'étaient que leurs dociles agents ».

D'après Papus et à l'opinion de maçons contemporains de la Révolution de 1789, celle-ci fut le fruit de cette combinaison ; mais en fait, toute la Maçonnerie depuis ses débuts. Voltaire et les encyclopédistes avaient inculqué cet esprit en France et en Prusse. Lors d'un voyage en Angleterre, Voltaire vers 1730 s'était lié aux Rose-Croix anglais et avait ensuite été le chef de file de la subversion opérée par leur Maçonnerie contre le trône du Roi Très-Chrétien et la religion catholique, le chef de la cabale intellectuelle et politique des maçons appelés Encyclopédistes.

De fait, l'influence de la Franc-maçonnerie sur la Révolution Française ne peut être niée par aucun chercheur honnête des causes de ce grand soulèvement, et comme nous le verrons plus tard les francs-maçons français ont eux-mêmes fièrement réclamé la Révolution comme leur œuvre. C'est ainsi que George Sand, maçonne elle-même (car dès l'origine le Grand-Orient admit les femmes) écrivit longtemps après : « Un demi-siècle avant ces jours marqués par le destin... la Révolution française fermentait déjà dans l'ombre et couvait sous terre. Elle mûrissait dans les esprits de ses adeptes jusqu'au fanatisme, comme un rêve de révolution universelle... (la Comtesse de Rudolstadt, chap. II, p. 1-16)

L'historien socialiste Louis Blanc, franc-maçon également, a jeté aussi beaucoup de lumière sur la question de ces forces occultes.

Nous savons en outre que George Sand avait raison d'attribuer aux Sociétés secrètes l'origine du slogan révolutionnaire « Liberté, Egalité, Fraternité. » Bien longtemps avant qu'éclate la Révolution, la formule « Liberté et Égalité » avait été usuelle dans les loges du Grand-Orient : une formule qui semble tout à fait pacifique, mais qui contient cependant tout un monde de discorde. Car voyez la contradiction : il est impossible d'avoir une complète liberté et l'égalité en même temps, l'une exclut l'autre. Il est possible d'avoir un système de complète liberté dans lequel chaque homme est libre de se comporter comme il lui plaît, de faire ce qu'il veut, même de voler ou tuer, de vivre par conséquent selon la loi de la jungle dont la règle celle du plus fort, mais il n'y a là aucune égalité.

Ou bien l'on peut avoir un système d'égalité absolue, réduire tout le monde au même bas niveau, broyer toute ambition chez l'homme de s'élever au dessus de ses compagnons, mais il n'y a plus alors de liberté. Aussi la Franc-maçonnerie du Grand-Orient en accouplant deux termes à jamais incompatibles entre eux jeta dans l'arène une pomme de discorde sur laquelle le monde n'a plus jamais cessé de se quereller jusqu'à ce jour, et qui a d'ailleurs divisé les forces révolutionnaires en deux camps opposés (c'est la marque du génie diabolique de ceux qui instituèrent la Maçonnerie que d'avoir trouvé un tel slogan. Même si Hegel ne devait venir que cent ans plus tard (…la dialectique), le pilpoul préexistait dans la Kabbale juive, dont la Maçonnerie est le véhicule parmi les goïms).

Quant au terme « Fraternité », qui complète la formule maçonnique, on découvre qu'il fut ajouté par une autre société secrète, celle des Martinistes fondée en 1754 par un portugais, Martinez Paschallis (ou Pasqually), qui conçut un système à base de gnosticisme, de Christianisme judaïsé et de philosophies grecque et orientales.

L'Ordre en question se scinda ensuite en deux branches, l'une continuée par Saint-Martin, disciple de Paschalis mais aussi de Jacob Boehme et fervent chrétien, et l'autre par un organisme plus ou moins révolutionnaire d'où sortit la Loge des Philalèthes fondée à Paris (Philalèthes  amis du vrai : aimer : dire vrai) ; ce qui laisse rêveur.

Blanche Belleroy pour Royalistes.Net :  Extrait de "La Révolution mondiale" par Nesta Webster

La Révolution dite " française " et la franc-maçonnerie
Tag(s) : #Sociétés Secrètes - F.M.

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