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La Conjuration maçonnique au XVIIIe siècle

 

La Révolution française a eu pendant cent ans le singulier privilège d'être considérée comme « Tabou » par la majorité des Français.

Depuis M. Clemenceau, l'homme du « Bloc », jusqu'à nombre de réactionnaires les plus « ancien régime », tous, à bien peu d'exceptions près, s'inclinaient respectueux devant l'Idole révolutionnaire. On aurait pu dénombrer les héros capables de jeter l'anathème à ce mouvement prétendu général, spontané, issu de l'âme même de la nation !


C'est que le « Bloc » avait bénéficié jusque-là de l'auréole, du prestige qui lui furent décernés par des historiens d'une impartialité douteuse, dont le lyrisme débordant avait parfois masqué la fausseté de la thèse.

On l’a dit, et rien n'est plus vrai à l'époque actuelle : « L'histoire est le plus souvent un complot contre la vérité. »

Mais voici que, depuis quelques années, un revirement s'est produit : des écrivains se sont appliqués à dégager « l'inconnue », l'X de ces événements inexplicables. « La Révolution est satanique », avait dit, le premier, Joseph de Maistre. Parole profonde, lueur fulgurante projetée d'un mot par le remarquable penseur, formule qui, plus qu'on ne le pense, est à prendre au pied de la lettre.

Et, en effet, aucun historien n'a pu donner une explication plausible de ce mouvement en apparence national, en réalité purement superficiel et factice.

En 1789, les ennemis de la religion et de la monarchie se chiffrent par un nombre infime. Taine constate que les révolutionnaires ne sont élus que grâce à des abstentions inimaginables : 74.000 abstenants à Paris en 1791 sur 81.000 électeurs ; à Limoges, 2.350 sur  2.500 inscrits; à Grenoble, 2.000 absents sur 2,500, etc.

De même que la population, dans son ensemble, était restée profondément royaliste, de même le respect de la religion était général ; le peuple était foncièrement catholique.

Ainsi, en pleine Terreur, au moment où on massacrait les prêtres, on voyait la multitude « accourir de toutes parts pour se jeter à genoux, tous, hommes, femmes, jeunes et vieux, se précipitant en adoration au passage d'un prêtre portant le viatique ».

De tels contrastes sont singulièrement déconcertants pour qui ne possède pas la clé de ces événements. Il en est de même pour la plupart des Révolutions ; elles sont l'oeuvre d'une faction, d'une minorité organisée maçonniquement. A propos de la Révolution du Portugal, la Saturday Beview vient d'écrire : « Cinq cents policemen auraient eu raison de cette canaille ! »

Au contraire, le mystère s'éclaircit, devient parfaitement explicable lorsque l’on a mis à nu le « truquage »  des faits, lorsque l’on a démasqué le moteur secret qui a préparé, machiné la tragédie, lorsque l’on connaît la mystérieuse puissance qui, en possession de l'opinion publique, maîtresse des avenues du pouvoir, ayant à sa discrétion les chefs les plus insoupçonnés, déclencha et précipita à son gré ce drame national.

Disraeli, qui s'y connaissait, a écrit dans Coningsby cette phrase toujours d'actualité : « Le monde est gouverné par tout à fait d'autres personnages que ne se l'imaginent ceux qui ne se trouvent pas derrière les coulisses. » (VI, ch. xv.)

Nous voudrions, dans une étude forcément sommaire, vu l'étendue du sujet où les documents intéressants abondent, pénétrer « derrière les coulisses », et montrer sous son vrai jour cette Révolution, inexplicable pour l'historien, cette « anarchie spontanée » ! préparée tout au contraire de longue date, par les sectes maçonniques, voulue, préméditée pour des raisons en général ignorées du public, mais que des écrivains initiés ont données ou seulement indiquées, dans des livres réservés à un cercle restreint d'adeptes.

 M. Gautherot a démontré le « truquage » des cahiers de 1789. Après avoir consulté les archives provinciales, il a démasqué cette vaste mystification, cette énorme tricherie, qui donne l'explication de l'unanimité de ces cahiers, œuvre concertée des intellectuels, des philosophes, des robins, agents, jusque dans les moindres villages, des comités révolutionnaires, dont la direction était à Paris.

C'est à la suite de longues et patientes recherches, de découvertes savamment conduites, que des chercheurs parvinrent à constituer de vraies bibliothèques d'écrits secrets émanant de F.'.-M.'. autorisés. Ils arrivèrent à reconstituer la conjuration formidable qui, au cours du XVIIIe siècle, parvint à « maçonniser » la société française.

Pour écraser l’Infâme, selon l'expression de Voltaire, pour arriver à anéantir la foi et à briser le trône, il fallait s'emparer, tout d'abord, de l'opinion publique ; l'Encyclopédie fut le premier moyen employé par les conjurés pour « miner sourdement et sans bruit l'édifice et l'obliger à tomber de lui-même », comme l'écrivait, le 13 août 1775, Frédéric II à Voltaire.

 

Extrait de "LA RÉVOLUTION PRÉPARÉE PAR LA FRANC-MAÇONNERIE" JEAN DE LANNOY

 

Blanche Belleroy pour Royalistes.Net

La Révolution préparée par la Franc-maçonnerie - JEAN DE LANNOY
Tag(s) : #Sociétés Secrètes - F.M.

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