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L’accès y est mystérieux après avoir dévalé un ancien chemin creux réhabilité pour l’occasion. Nous sommes sur le site de Turpin, un ancien moulin à eau, abandonné et en ruine, sur la paroisse de Sainte Christine, au cœur des Mauges vendéennes. Après le passage d’un bief qui alimentait le moulin, 300 places attendent le spectacle « Son et lumière » auquel  le moulin participera en racontant sa longue histoire et celle de ses habitants : les Godefroy et les Hudon, des années 1750 à l’après révolution, quand le calme revint sur le Pays vendéen.

A l’origine de cette volonté, deux hommes : Elie Jarry, agriculteur biologique ayant transformé son exploitation en ferme pédagogique, pratiquant depuis longtemps l’animation culturelle et ludique, initiant petits et grands à la culture, à la préservation de l’environnement et du patrimoine… et nouveau propriétaire du site de Turpin. Et Jérémy Bellanger, auteur et metteur en scène du spectacle après de longues années de vie artistique et d’animation notamment avec Elie Jarry, dans son labyrinthe estival de maïs.
 
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Fallait-il encore un thème ! Natif de La Boutouchère, Jérémy Bellanger avait passé son enfance dans l’indifférence de la période historique qui a marqué les Mauges, Saint-Florent-le-Vieil et toute la Vendée militaire. Jusqu’à ce que la curiosité, puis l’intérêt, puis la passion l’emporte et le conduise à imaginer un scénario, une animation, un spectacle, avec la volonté marquée d’allier l’esthétique au pédagogique. Réussi quant au fond de la période vendéenne, notamment dans sa dimension religieuse. Baptême, communion, éducation de Jacques Godefroy, le héros du spectacle, sont très bien rendus. Seuls les rapports avec le comte de Turpin restent marqués par l’image post révolutionnaire des rapports entre propriétaires et métayers. Rapports accentués dans le spectacle par une courte intrigue amoureuse entre le meunier et la fille du comte à laquelle ce dernier met un terme d’une façon toute autoritaire. Occasion manquée d’une union matrimoniale des classes sociales d’Ancien régime qui  ne prendra corps que quelques temps après, lors du déclenchement du soulèvement de mars 1793 à Sainte Christine, dont Jacques Godefroy deviendra le capitaine de paroisse, « Pour Dieu et pour le Roi ».
 
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Les Guerres de Vendée sont remarquablement  évoquées, dans leur calendrier, de la mort de Louis XVI pour lequel les Vendéens avaient le plus profond respect au soulèvement de mars 93 et aux Colonnes Infernales, du Traité de la Jaunaye au Concordat rétablissant la liberté religieuse, dans la géographie, des bocages vendéens et bressuirais aux Pays de Retz et du Loroux, et aux Mauges et à la campagne d’Outre-Loire, la Virée de Galerne, dans victoires et les défaites, dans la dimension politique et génocidaire de la Convention, dans la Foi, la détermination, le courage et la douleur des Vendéens – Jacques Godefroy mourra au combat et les habitants de Turpin seront massacrés par les Colonnes Infernales de Turreau – et dans la cruauté sans nom de la répression républicaine sur le Pays vendéen vaincu.

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Puisse un jour la République, en la personne de son chef, venir en Vendée militaire s’agenouiller, s’excuser de ces méfaits et effacer à jamais l’horrible phrase de Westermann : « Il n’y a plus de Vendée, je l’ai foulé aux pieds de mes chevaux, elle est morte sous notre sabre libre… » après la bataille de Savenay. Ne serait-ce que parce que les descendants des Vendéens auront fait  mentir Westermann. La preuve à Turpin en Sainte-Christine, en ce mois d’août 2011 !

Texte et photos d'Henry Renoul

 

Source Vendéens & Chouans : http://guerredevendee.canalblog.com/archives/2011/08/16/21801449.html

Tag(s) : #Histoire-Culture

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