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Solution-france-roi-1

La monarchie, impossible ?

 

Mais pourquoi déclarer la monarchie impossible ? Parce que le peuple n’en veut pas ? C’est encore une fois se placer sur le terrain de l’ennemi, celui de la souveraineté populaire, qui ne correspond à aucune réalité.
Depuis 200 ans, combien compte-t-on de changements de régime ? Pourtant, aucun n’est dû à un processus parlementaire ni à une volonté populaire. Ce ne sont donc ni la volonté populaire ni le jeu parlementaire qui rendent possibles ou impossibles les changements de régimes.


Cicéron disait que l’homme politique doit savoir utiliser le « junctura rerum » pour agir, le joint des choses. On pourrait traduire par « concours de circonstances ». Mais la traduction est trop faible. Le joint des choses est plus précis : s’il y a bien des éléments qui dépassent la volonté humaine dans un concours de circonstances, c’est à l’homme néanmoins de trouver ce joint et d’y insérer son action. Le junctura rerum n’ignore pas le concours de circonstances mais rappelle la nécessité du travail de l’homme, de son intelligence. Ceux qui ont pris le pouvoir depuis Napoléon jusqu’à Léon Gambetta ont bien su utiliser ce « joint des choses ». Il faut donc commencer par ne pas croire aux vertus de la démocratie.

 

La seule solution : l’institution politique Très Chrétienne

 

Il faut bien s’y résoudre car les faits sont têtus : toute société qui abandonne le principe d’autorité (gouvernement d’un chef légitime aidé de son conseil) pour celui du parlementarisme (gouvernement de la volonté générale par le biais d’une assemblée délibérante) hypothèque gravement sa survie même. Combien de bons catholiques, sincèrement antilibéraux, s’adonnent en réalité à un libéralisme pratique en prétendant user impunément de la forme de la société révolutionnaire sans vouloir considérer la fin pour laquelle cette forme a été conçue ? La conviction que la vérité se trouve dans la majorité conduit immanquablement à la libéralisation maximale, à l’autonomie de l’homme par rapport à Dieu, la volonté de l’homme devient toute puissante.


Il est vrai que la hiérarchie religieuse donne elle-même le mauvais exemple en troquant les principes traditionnels pour ceux de la Révolution :

 

  • la référence aux droits de l’homme a remplacé le droit naturel et divin.
  • la dignité de l’homme a remplacé la dignité de l’homme qui agit bien (celle de l’homme vertueux) ; désormais, l’homme est digne par nature, indépendamment de son agir, il est bon par soi — comme un Dieu en quelque sorte.
  • l’autorité de l’évêque est remplacée par le pouvoir décisionnaire de l’assemblée délibérante, c’est la collégialité.

On ne comprend pas une telle capitulation devant l’ennemi, surtout quand on en observe les fruits : la déchristianisation des sociétés occidentales. Le ministre socialiste Vincent Peillon se rie d’eux, lui qui, parfaitement conscient de l’enjeu, cite Bonald :

 

la Révolution a commencé par la déclaration des droits de l’homme, [...] elle ne finira que par la déclaration des droits de Dieu. 

Oui ! il rie avec Léon Gambetta de ces « adversaires les plus avérés » dont « l’esprit démocratique a envahi la cervelle », de ces catholiques qui ne comprennent pas que « l’empreinte catholique [...] ne s’accommode pas de la République » ; ils rient parce qu’ils savent qu’ils ont déjà gagné, ce n’est qu’une question de temps, la forme menant toujours à la fin pour laquelle elle a été conçue.


La « bonne république » tant rêvée n’est et ne restera donc qu’une utopie, elle n’a jamais existé nulle part. Pourquoi réussirait-on aujourd’hui ce que des assemblées catholiques, dans des conditions autrement plus favorables, n’ont pas réussi ? Non, il n’y a aucun espoir : il faut désespérer de la bonne république ; désespoir nécessaire qui a pour corollaire un immense espoir dans la restauration des institutions Très Chrétiennes.

Si cela nous semble si difficile aujourd’hui, c’est parce que nous sommes des êtres sociaux et qu’il n’est pas naturel de penser contre ceux qui nous entourent.


Développer la pensée naturelle conforme aux faits, libérer la pensée réaliste du joug de l’opinion, répond pourtant à un impératif de survie. Nous sommes donc invités à un véritable héroïsme comme le souligne Gonzague de Reynold :

 

Il y a un autre héroïsme que celui de la mort : l’héroïsme, plus difficile et rare, de l’intelligence. Cet héroïsme là ne se cultive ni dans les parlements ni dans les conseils. S’il avait velléité d’y croître, on l’étoufferait dans l’urne électorale. Le problème qui se pose est donc un problème d’intelligence et d’intelligence politique [...] Ceux qui n’ont pas d’idées [...] seront nécessairement victimes d’idées fausses. 

En 1796 Joseph de Maistre mettait déjà en garde contre ces idées fausses :

Sujets fidèles de toutes les classes, sâchez être royalistes, autrefois c’était un instinct, aujourd’hui ce doit être une science. 

Mais la science exige le travail, l’effort, la peine et c’est dans la mesure où nous saurons nous y résoudre que nous pourrons agir, là où nous sommes compétents, là où la Providence nous a placés. Avec une grande lucidité Paul del Perugia déclarait dans son livre sur Céline :

 

La victoire du matérialisme n’est pas que nous vivions dans un athéisme pratique, mais que les points d’appui que la Grâce trouvait dans notre nature aient été ruinés. 

 

 

Si nous voulons vaincre le matérialisme politique et restaurer ce magnifique point d’appui de la Grâce qu’était la monarchie Très Chrétienne, il faut lutter. La seule cause qui soit désespérée est celle de la bonne république.


Ceux qui douteraient de l’opportunité du combat ou des chances de réussite, peuvent méditer ces paroles que sainte Jeanne d’Arc adressait à ceux qui doutaient déjà de la légitimité :

 

Les hommes d’armes batailleront et Dieu donnera la victoire.

« Batailleront » : ce n’est pas du passé, c’est du futur, ce n’est pas un conseil, c’est un ordre.

 

Source 

Tag(s) : #Royalisme

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