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fleur-de-lys 500

 

CHERS ET MALHEUREUX COMPATRIOTES !

Lorsqu'une nation entière est agitée par un évènement extraordinaire, et que les passions les plus violentes frémissent à la fois et se choquent avec fureur, ce n'est point le moment de lui faire entendre la voix de la raison.


Mais lorsque le temps a calmé cette première effervescence, et que les tristes et salutaires instructions de l'expérience ont ramené les bons esprits et les coeurs droits, alors seulement il est temps de parler à ce peuple. 

 

Vous venez de recevoir une leçon terrible : mais, pour en tirer tout le parti possible, il est temps de vous recueillir ; de permettre qu'on vous présente vous-mêmes à vous-mêmes, et d'interr¤ger le passé et le présent, pour assurer vos pas dans l'avenir. 

 

L'Europe a retenti de la Révolution Françoise ; nulle nation n'a été indifférente à ce grand évènement ; mais la nôtre étoit placée malheureusement pour recevoir le premier contre-coup. Que vous étiez loin cependant de connoître tout le danger qui vous menaçoit ! Un effroyable volcan se creusoit tout-à-coup ; vous étiez sur le bord, et vous dormiez ! Que dis-je ? plusieurs d'entre v¤us célébroient, de bonne foi, des évènemens qui leur paroissoient annoncer le bonheur de l'espèce humaine. Funeste erreur ! Mais qui oseroit vous condamner ? c'étoit l'erreur universelle.

Jamais on n'éleva plus de cris contre la tyrannie qu'au moment où il y en eut le moins. A l'époque des premiers troubles de la France, tous les trônes de l'Europe étoient occupés par des Princes d'un caractère doux et estimable. Les moeurs les plus sévères et des vertus antiques honoroient un grand nombre de cours. Ces coups terribles d'autorité, ces exécutions clandestines qui déshonorent tant de pages de l'histoire, étoient à peine mis au rang des choses possibles. La France, surtout, possédoit dans son jeune Souverain un modèle de justice, de bonté, de moeurs, de vertus religieuses ; modèle que le contraste du dernier règne rendoit plus éclatant encore. Il voyoit sans chagrin l'opinion publique affoiblir le pouvoir arbitraire ; il encourageoit même cette opinion ; et, dans le calme d'une conscience pure, il croyait n'avoir rien perdu, quand il accordoit tout à son peuple.

 

Lire la suite : http://shenandoahdavis.canalblog.com/archives/2013/04/09/26890157.html

Tag(s) : #Histoire-Culture

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