Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

VIIIe ENTRETIEN

 

Sur la Justice : Principes fondamentaux de la justice


Être juste, c'est posséder toutes les vertus, puisque c'est remplir également ce que l'on doit à la Divinité, à soi-même et aux autres hommes. La justice s'étend à tout, n'omet rien ; elle est la vertu de tous les temps et de toutes les circonstances, mais elle se renferme dans les bornes du devoir : elle atteint le but qu'il lui montre, et ne le franchit jamais.

Ce qui n'est bienfaisance pour les particuliers est justice pour les rois : ils sont responsables de toutes les injustices qu'ils ont pu empêcher ; et si la fidélité des peuples est une dette due au souverain, il est injuste, si, par sa faute, la nation qui lui est soumise n'est pas aussi heureuse qu'elle aurait pu l'être.

Dieu a revêtu des rois d'une puissance absolue, dont ils ne répondent qu'à lui ; mais cette puissance est essentiellement destinée à conserver à leurs sujets tous les bienfaits que ceux-ci ne tiennent que de la nature.

La loi naturelle et les lois civiles sont impuissantes, lorsque le pouvoir destiné à les faire respecter se change en licence.

Les premières sociétés furent des familles, et la première autorité connue  fut celle des pères sur leurs enfants.

Le pouvoir monarchique, et toute autorité que tout gouvernement exerce sur les nations, ont pour principe et pour origine le gouvernement paternel ; les rois sont donc les pères d'une nombreuse famille. Gouverner les hommes n'est point les asservir. C'est pour conserver la liberté des hommes, qu'il a été nécessaire que les hommes fussent gouvernés : C'est donc par des lois générales, et non par des volontés particulières et arbitraires que les peuples doivent être gouvernés.

Comme homme je dois être juste ; comme prince, je dois faire régner la justice. Si j'ai droit d'exiger une entière fidélité de mes peuples, ils ont le droit d'exiger de moi que je tienne les promesses que je leur fais. Je puis exiger d'eux obéissance et soumission, mais je leur dois sûreté et protection. Comme rien ne peut les dispenser, quand je serais injuste et tyran, de m'être soumis, si, de leur côté, ils violaient tous les devoirs envers moi, rien ne pourrait me soustraire à l'obligation de remplir les miens à leur égard.

 

Oeuvres de Louis XVI.

Tag(s) : #Histoire-Culture

Partager cet article

Repost 0