Louis XVII, Roi, enfant et martyr, mort à l'âge de 10 ans.

Ou la naissance d'un système qui, 2 siècles plus tard, n'a rien changé à ses méthodes pour instaurer son pouvoir, au nom de la "liberté", d'une certaine "démocratie" et des "droits de l'homme".


Si ce n'est qu'à l'époque, c'est la guillotine et le sabre qui tuèrent des centaines de milliers de Français, dont une immense majorité de "petites gens", alors qu'aujourd'hui, c'est à grands coups de bombes et de rafales, qu'il vient parait-il, "libérer les peuples"...


« Il n'y a plus de Vendée. Elle est morte sous notre sabre avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l'enterrer dans les marais et les bois de Savenay.


J'ai écrasé les enfants sous les pieds de nos chevaux,massacré les femmes qui, au moins celles-là, n'enfanteront plus de brigands. Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher.


Nous ne faisons pas de prisonniers, car il faudrait leur donner le pain de la liberté, et la pitié n'est pas révolutionnaire.»


Général Westermann, novembre 1793, à la Convention.

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Louis XVII, Roi, enfant et martyr, mort à l'âge de 10 ans.

1° partie : La Famille Royale en prison.

2° partie : La cruelle tutelle de Simon.

3° partie : L'emmurement et l'agonie.

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1° partie : La Famille Royale en prison. 


Toute la vie de Louis-Charles sécroule le 10 août 1792, lorsque les gardes fédérés et les sans-culottes levés par les factions investissent les Tuileries et perpétuent un abominable massacre sur la garde suisse qui s'était rendue sur l'ordre du roi. Louis-Charles n'assiste pas à cette scène, car il est prisonnier avec sa famille dans la loge du logographe à l'Assemblée Nationale. A partir de cet instant, il ne connaîtra plus jamais la liberté. Violemment perturbé par l'irruption dans la salle des délibérations de soudards couverts de sang qui menacent de mort son père, Louis-Charles est transféré avec les siens dans la forteresse du Temple le 13 août. Il n'en ressortira jamais plus.


Louis XVII arraché à sa mère. 

Louis XVII arraché à sa mère, la Reine Marie-Antoinette.

 


Au début, la famille royale est réunie. L'enfant partage sa captivité avec ses parents, sa soeur aînée Marie-Thérèse, sa tante Madame Elisabeth et deux fidèles serviteurs nommés Hue et Cléry. De nombreux livres sont accessibles dans les archives de la forteresse, ce qui permet aux adultes de poursuivre l'instruction et l'éducation des enfants, le tout au milieu des brimades quotidiennes de gardiens fanatisés. Louis-Charles, pourtant, ne se départ pas de sa joie de vivre, heureux de passer du temps avec son père, et trouvant toujours à s'occuper entre ses leçons, ses jouets et ses promenades dans la cour -même si ces dernières sont l'occasion d'un redoublement de vexations de la part des gardes.


Séparé une première fois de sa mère, le garçon vit un mois en compagnie de son père, puis est remis aux femmes pendant toute la durée du procès de Louis XVI. Il ne reverra son père que la veille de son exécution. La scène est déchirante. Louis XVI fait promettre à son fils de pardonner à ses bourreaux, et de ne jamais chercher à venger sa mort. Louis-Charles n'oubliera jamais cette recommandation et s'efforcera jusquà la fin de sa courte vie à chasser toute haine de son coeur.


Le lendemain matin, 21 janvier 1793, son père est guillotiné. Tandis qu'on emmenait son père, l'enfant se jetait aux pieds des gardes en leur suppliant de le laisser descendre pour parler aux révolutionnaires et leur implorer d'épargner son père. Mais en vain : à dix heures vingt ce jour-là, Louis-Charles devient Louis XVII. Il avait bientôt huit ans.

 

Sa mère fait venir des vêtements de deuil pour elle et ses enfants. Vêtu d'un costume noir, Louis-Charles continue à étudier avec sa mère et sa tante Madame Elisabeth. Les jours où les gardiens en faction se montrent compatissants, elle lui apprennent des chansons.


En mai, Louis-Charles tombe gravement malade. Il est alité et a une très forte fièvre. Les conditions de vie insalubres qu'on lui inflige depuis neuf mois l'ont rendu tuberculeux. Pendant deux ans, il luttera avec une robustesse étonnante contre cette maladie qui finira par avoir raison de lui... ainsi que les mauvais traitements qui vont dès lors devenir insoutenables.

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2° partie : La cruelle tutelle de Simon.


Le 3 juillet 1793, le petit garçon tuberculeux est arraché sans ménagement à l'amour de sa mère et de sa famille. Marie-Antoinette s'agenouille à la hauteur de son enfant et le prend dans ses bras. Comme le petit garçon est suffoqué par les sanglots, elle fixe son attention en le regardant bien en face et en lui parlant d'une voix douce, les mains sur ses épaules étroites agitées de soubresauts. « Mon enfant, nous allons nous quitter. Souvenez-vous de vos devoirs quand je ne serai plus auprès de vous pour vous les rappeler. N'oubliez jamais le bon Dieu qui vous met à l'épreuve, ni votre mère qui vous aime. Soyez sage, patient et honnête, et votre père vous bénira du haut du ciel. »

 


 

Louis XVII et ses geoliers. 

Louis XVII et ses geôliers.

 


Puis elle fait un dernier câlin au petit. Après cela, elle confie l'enfant en larmes aux commissaires. Louis-Charles commence par faire un pas vers la porte, mais cet horrible pressentiment qu'il ne reverra plus jamais sa mère est toujours là, et au moment de franchir le seuil il échappe à ses geôliers et court se réfugier dans les bras de Marie-Antoinette. Fou de chagrin, il enfouit son visage dans la robe de sa mère.  « Allons, il faut obéir, il le faut », dit la Reine en s'évertuant de paraître forte et digne, mais déjà sa voix s'éteint dans les sanglots, et on sent tout l'effort que lui coûte cette simple phrase.


Désormais, Louis-Charles devra vivre au second étage de la tour, sous la tutelle du cordonnier Antoine Simon, un révolutionnaire fanatique que la Convention a chargé « déduquer » le jeune roi. Ne pouvant sacrifier un tel otage, les révolutionnaires ont trouvé une solution intermédiaire pour éliminer cette incarnation de la royauté qu'est Louis-Charles, en faire un parfait sans-culotte.


Tous les jours, le petit garçon subit rosseries et humiliations. Alors qu'il ne cesse de pleurer l'absence de sa mère à laquelle on l'a arraché pour le livrer à Simon, il est sommé de jurer fidélité à la République, et d'apprendre par coeur des chants révolutionnaires et paillards. Il résista noblement au début, exigeant même qu'on lui montrât le décret ayant ordonné tant de souffrances puis, brisé, il dut se soumettre à toutes les exigences de son maître.


Simon prenait un rare plaisir à humilier cet enfant de sang royal. Il aimait, pour ce faire, l'obliger à le servir à table ou à nettoyer ses bottes. Un jour qu'il était complètement ivre, il le força à lui laver les pieds. Le jeune Roi alla faire chauffer des serviettes, puis les rapporta dans la pièce. Hélas, dans sa terreur de mécontenter son maître il mit trop de précipitation dans ses gestes et fit tomber l'une des serviettes brûlantes sur les pieds de Simon. Hurlant de douleur, cet indigne tuteur tenta de frapper le jeune prince, mais sans succès car le petit garçon s'était sauvé à temps. Un peu plus tard, croyant son bourreau calmé, Louis-Charles revint non sans méfiance pour lui essuyer les pieds. Simon le laissa terminer puis, traîtreusement, il décocha un formidable coup de pied dans les côtes du petit roi humblement agenouillé. La terreur de voir la correction recommencer fut plus forte que la douleur, et l'enfant se releva sans un mot quand Simon lui en aboya lordre...


Pour Louis-Charles les humiliations étaient pires encore quand Simon amenait avec lui dans la tour ses amis de beuverie, devant lesquels il aimait se vanter, démonstration à l'appui, de mater le jeune Roi de France. Le 6 août, la ville de Montbrison s'étant soulevée au cri de « vive le Roi Louis XVII ! », Simon présenta le petit prince à la cantonade en déclamant : « Voici le Roi de Montbrison. Je m'en vais loindre, l'encenser et le couronner ! »


Et, joignant le geste à la parole, il l'oignit en lui renversant son verre sur la tête et en lui frottant douloureusement les cheveux, l'encensa en lui soufflant des bouffées de sa pipe à la figure et le couronna en le coiffant du bonnet phrygien. Devant la petite figure rouge de colère et de honte de Louis-Charles, Simon demanda alors : « Que me ferais-tu, Capet, si tes amis te délivraient et si tu devenais Roi de France pour de vrai ? »


Et alors cet enfant imposa le silence et le respect à tout le monde en répondant : « je vous pardonnerais ».


En octobre, le journaliste Hébert, le procureur Chaumette et le maire Pache conçoivent un plan répugnant (et parfaitement inutile) pour charger le dossier d'accusation de Marie-Antoinette dont le procès va souvrir. Simon sera leur instrument. A force de coups, de jeûnes forcés, de boisson et de menaces de guillotine.

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3° partie : L'emmurement et l'agonie.


Malgré tout ce que Louis-Charles avait déjà subi, le pire narriva que le 19 janvier 1794, quand la Convention décida qu'elle avait assez perdu de temps avec le petit roi. Commence alors la période de l'emmurement, qui durera six mois. Le jeune roi, qui va sur ses neuf ans, est jeté au fond de sa chambre, dont on condamne la porte.


 

Louis XVII et Simon. 

Louis XVII et Simon.

 


Pendant six mois sans interruption, il vivra dans cette pièce minuscule, où n'entre pas même la lumière du jour puisque la fenêtre, comme la porte, est condamnée. La nourriture lui est passée à travers un guichet. Aucun accès au cabinet d'aisance : l'enfant, qui est déjà malade, va vivre pendant six mois au milieu de ses déjections. Il n'a ni visite, ni lumière, ni livre, ni jouet pour se distraire. Terrorisé, malade, rejeté de tous, écrasé par le chagrin, il est sur le point de mourir d'inanition lorsque Robespierre est renversé le 28 juillet 1794 (9 thermidor). Le soir même, Barras, nouvel homme fort du régime, se rend à la prison du Temple et fait sortir l'enfant de son isolement. Louis-Charles est dans un état qui dépasse l'imagination. Sa seule parole, lorsque ses nouveaux geôliers ouvrent enfin la porte de sa cellule après six mois disolement, est pour leur dire qu'il voudrait mourir.


Il faudra pourtant attendre encore un mois pour que ses gardiens le lavent, le soignent, lui coupent les cheveux et les ongles, l'habillent de linge frais et nettoient sa chambre de fond en comble. Trois gardiens se succèderont d'ici la mort de lenfant : Christophe Laurent, Jean-Baptiste Gomin et Etienne Lasne. Ces hommes se montrèrent humains et firent de leur mieux, dans la mesure de leurs maigres moyens, pour adoucir le sort de l'enfant royal et le distraire un peu. Mais Louis-Charles est au-delà de cela désormais : en état de catalepsie, tuberculeux au dernier degré, il n'a plus aucune force et ne parle presque jamais, sauf pour donner des réponses très brèves que ses gardiens doivent lui soutirer avec insistance. Il ne gémit même pas de douleur, alors que ses poignets et ses genoux sont noués par une arthrose tuberculeuse qui le fait terriblement souffrir. Il a bien trop peur des hommes désormais pour leur faire confiance, et seules les cajoleries d'une mère pourraient peut-être l'aider à sortir de son silence.


Et justement, toutes les pensées de l'enfant vont vers sa mère. Il ignore que Marie-Antoinette a été guillotinée le 16 octobre 1793, et pense qu'elle est toujours enfermée au troisième étage de la tour. Un jour, rassemblant ses dernières forces et ses dernières volontés, l'enfant moribond, qui ne parle presque jamais, demande à Gomin de le laisser revoir sa mère une dernière fois avant de mourir. Une requête que le gardien ne peut évidemment accorder.


Une semaine plus tard, le garçon entre dans le dernier tournant de son agonie. Il ne lui reste plus que deux jours à vivre, et c'est alors, et seulement alors, que le médecin décide de le tirer de son cachot pour l'allonger dans une belle chambre bleue, illuminée par le soleil, à l'autre bout du bâtiment.


Louis-Charles a l'air de s'y remettre, mais au matin du dernier jour, son mal a tant empiré qu'il en devient intransportable. Veillé par Gomin et Lasne, le petit garçon souffre terriblement. Sa maladie a en effet dégénéré en péritonite tuberculeuse. Délirant de fièvre, il croit entendre sa mère chanter. Retrouvant un ultime éclair de joie, il se redresse, tire sur le bras de son gardien, se penche pour lui faire une confidence...et meurt dans ses bras. En ce 8 juin 1795, le petit martyr s'en est allé. Il avait dix ans, deux mois et douze jours.


Source : louisxviiroimartyr.free.fr


Louis XVII

Louis XVII, Roi de France, enfant et martyr.

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pilayrou 04/05/2011 11:44


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