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L'état sanitaire du fleuve s'est beaucoup amélioré en 50 ans. On boit sans souci son eau au robinet et les plus téméraires peuvent même s'y baigner. Mais rien n'est gagné…

 

Le constat est entendu. Alors que l'agence de l'eau du bassin Adour-Garonne vient de boucler un budget essentiellement consacré à la lutte contre la pollution, les spécialistes sont d'accord pour attribuer une mention moyenne à la qualité sanitaire de notre fleuve. « C'est vrai que la Garonne, à la différence d'autres bassins industriels français comme le Rhône, ne fait pas partie des eaux les plus polluées, explique Jean-Christophe Garrigues, ingénieur au laboratoire Interactions moléculaires, réactivités chimique et photochimique (IMCP) de l'université Paul-Sabatier. Mais le gros souci aujourd'hui, ce sont les nouvelles pollutions liées aux microtraces de médicaments ou d'hormones ».

 

Très efficaces pour éliminer les matières organiques naturelles (déchets décomposés) ou artificielles (hydrocarbures, solvants…) les stations d'épuration, qui ont contribué à la nette amélioration des eaux de la Garonne, sont sans effet sur ces nouveaux polluants. « Ce sont des quantités infinitésimales, note Jean-Christophe Garrigues, très inférieures aux concentrations tolérées, mais toutes les études toxicologiques prouvent qu'à long terme, par concentrations successives elles peuvent poser problèmes ».

 

Son laboratoire travaille justement sur la mise au point d'un capteur pour accumuler ces microtraces et étudier leur impact sur l'organisme humain. « Quelles conséquences peuvent avoir par exemple des hormones sur les petits enfants ? s'interroge le chercheur. Il faut ramener ces microgrammes de pollution au débit moyen de la Garonne. À l'arrivée ce sont des tonnes de contaminants qui se déversent dans l'océan »… Jusqu'aux ours polaires qui finissent par les concentrer dans leur graisse. « Il faut prendre en considération le temps, la durée, conclut Jean-Christophe Garrigues et on ne résonne plus alors de la même manière ». Lutter contre la pollution est un combat toujours recommencé.

 

Solvants, arsenic et pesticides

L'agence de l'eau du bassin Adour-Garonne a pour vocation la gestion des ressources en eau. « La pollution, la préservation du milieu aquatique et de la biodiversité sont nos principales missions », explique Martine Gaëckler, directrice du département connaissance et système d'information. L'agence fonctionne sur le principe pollueur-payeur et perçoit des redevances des milieux agricoles industriels et des collectivités locales. L'eau de la Garonne est d'une qualité moyenne. On y trouve des substances organiques, déchets décomposés ou artificiels (solvants, pesticides, hydrocarbure) et de substances minérales comme les métaux (arsenic, plomb, cuivre), présentes dans le milieu naturel ou produites par l'activité humaine. Rassurez-vous, on parle encore de microgrammes par litre.

 

Le chiffre : 280

millions d'euros > Qualité de l'eau. C'est le budget 2012 de l'Agence de l'eau du bassin Adour-Garonne, dont 67 % sont alloués à la lutte contre la pollution et 25 % à la gestion des milieux aquatiques et des ressources.

« Le gros souci aujourd'hui, ce sont les pollutions liées aux microtraces de médicaments, d'hormones, dont on ne connaît pas les effets à long terme ».

 

Jean-Christophe Garrigues, ingénieur au labo universitaire IMRCP de Paul-Sabatier


Source : http://www.ladepeche.fr/article/2011/11/04/1207996-medicaments-et-hormones-polluent-la-garonne.html

Tag(s) : #Vie quotidienne-Santé-Environnement

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