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11/04/2011- 18h00 BREST (NOVOpress Breizh) – « Nolwenn Leroy la Breizh attitude ». Sous ce titre d’apparence anodine le Nouvel Observateur, l’hebdomadaire préféré de la bourgeoisie hors-sol bien-pensante, a publié le 10 mars dernier un papier d’une rare violence contre la chanteuse finistérienne. Qui a publié cette semaine un droit de réponse. Arrêt sur une polémique révélatrice du climat qui règne dans certaines rédactions de l’establishment médiatique. Et qui fait du reuz en Bretagne.

 

 

Manifestement agacé par le succès remporté auprès du public par Bretonne (plus de 500 000 exemplaires vendus), un dénommé Fabrice Pliskin a donc cru bon de déverser sur la chanteuse finistérienne un tombereau d’insanités, plus fielleuses les unes que les autres, lui reprochant tour à tour ses origines, son lieu de naissance, les thèmes de ses chansons et ce qu’elles représentent, et jusqu’à son nom et son prénom ! Tout ça avant d’insinuer que son succès ne serait pas étranger à la progression du FN. « Une petite critique espiègle (sic) sur le disque d’une chanteuse yéyé (resic) » a-t-il déclaré pour tenter de se défendre, en réponse aux protestations suscitées par son article. Qu’en est-il donc de l’espièglerie en question ?

 

Tout à sa hargne Pliskin commence très fort : « La pochette montre la chanteuse à 5 ans, en Bigouden, comme une preuve génétique de sa bretonnante traçabilité. Garantie née coiffée. Après le bébé-éprouvette, le bébé-cornette. » On n’est pas plus aimable. Et de poursuivre : « Avec son prénom de sainte décapitée, Nolwenn affiche un pedigree de la vieille roche. Née à Saint-Renan, son père, Jean-Luc Le Magueresse, est un ancien footballeur professionnel de Brest et de Guingamp. » Une plouc, en quelque sorte, une Bécassine qui n’a pas eu l’honneur de naître à Paris ou à Neuilly. Et circonstance aggravante, d’un père footballeur… et Breton. Déjà, footballeur… mais Breton en plus ! Avec un tel patrimoine génétique… vraiment pas de chance, cette pauvre Nolwenn…

 

Une preuve génétique de sa bretonnante traçabilité?

 

Et le florilège de continuer de plus belle : « Nolwenn Leroy, droite dans ses sabots, s’enivre de cadastre, d’ancrage et de toponymie… Quand elle n’inhale pas avec extase «l’odeur de la bouse mouillée», cette Finistérienne au nom si peu républicain oppose une fin de non-recevoir à l’expérience jacobine: «Je ne serai jamais ta Parisienne», chante Leroy sur des paroles de Miossec…» Se shooter à l’odeur de la bouse mouillée (!)…quand en plus on a le mauvais goût de s’appeler Leroy…et ne pas trop apprécier « l’expérience jacobine »…impardonnable, effectivement.

 

« Son disque subjugue », admet quand même, à regret, le plumitif néo-observatorien, avant de porter le coup de pied de l’âne : « N’est-il pas très comme il faut et propre à incarner ‘l’image de la France rurale, l’image de la France des terroirs et des territoires’, comme dirait dans son style maurrassien le député UMP Christian Jacob? » Nous y voilà. Nolwenn Leroy ne serait donc en réalité que la porte-parole du FN et de l’UMP, réunis pour la circonstance (ce n’est pas dit, bien sûr, mais fortement suggéré). Alan Stivell, les Tri Yann, Miossec ou Souchon apprécieront…


Fabrice Pliskin. "Tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref ‘franchouillard’ ou cocardier, nous est étranger voire odieux."

 

Auteur d’immortels romans (Monsieur météo, Toboggan, ou L’agent dormant) au succès plutôt confidentiel, se déroulant dans le seul environnement qu’il connaisse vraiment : Paris, Fabrice Pliskin s’affiche ici résolument comme un disciple de Georges-Marc Benamou, celui qui écrivait en 1985 dans feu le magazine Globe : « Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref ‘franchouillard’ ou cocardier, nous est étranger voire odieux.» 25 ans plus tard, le discours n’a pas bougé d’un iota.

 

Exerçant son droit de réponse, Nolwenn Leroy, affirme, à juste titre, que Pliskin « établit insidieusement une corrélation entre le succès de l’album et la montée du Front National. » La Bretonne ajoute : « Il m’est imputé d’avoir opportunément pris le parti du régionalisme au moment où la majorité des Français redoutent la mondialisation... » Rappelant que « son attachement à la Bretagne et à sa culture est sincère » elle conclue « qu’elle ne s’attendait pas à trouver pareille déloyauté intellectuelle et perfidie gratuite dans le Nouvel Observateur». Nolwenn Leroy n’est manifestement pas une habituée de cet hebdomadaire.

 

 

Source : [http://breizh.novopress.info/]

Tag(s) : #Politique-Société

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