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S’insurgeant en 1907 contre l’attitude complaisante de la presse à l’égard du crime et de la scélératesse en vue de contenter un public avide d’émotions malsaines, l’écrivain et journaliste Paul Brulat, qui plus tard fondera la Société littéraire des Amis de Zola, estime délétère une politique éditoriale qui, taisant systématiquement les bonnes actions des « Don Quichotte de la vertu », préfère flatter les bas instincts des lecteurs et finit, puissance de la contagion oblige, par être le premier complice sinon l’acteur principal de la désagrégation d’une société


Croyez-vous au progrès moral, aux bienfaits de la civilisation ? interroge Brulat. J’en serais convaincu, quant à moi, si je n’avais, comme tout le monde, l’habitude de parcourir, chaque matin, nos grands organes quotidiens, qui prétendent nous renseigner sur tout ce qui se passe.

 

Soleilland.jpg

 

Remarquez ceci : Qu’il s’agisse de Soleilland [le 31 janvier 1907, Marthe Erbelding, âgée de 11 ans, avait été violée puis assassinée par un ami de ses parents, Albert Soleilland, ce qui alimenta le débat sur la peine de mort], désormais plus célèbre que n’importe quel académicien, ou de toute autre affaire scandaleuse, de nature à faire concevoir la plus fâcheuse opinion des mœurs contemporaines, la presse, depuis quelque temps, ne nous entretient que d’événements sinistres ou tragiques : assassinats, viols, empoisonnements, aberrations criminelles de toutes variétés.

 

Il faudrait s’en tenir à cette simple constatation, si c’était là une exception ; mais les séries rouges se renouvellent souvent, et la vie ne serait pleine vraiment que de calamités, d’un bout à l’autre de l’an, si l’on s’en rapportait aux journaux, tant ils mettent, semble-t-il, d’empressement et de complaisance à découvrir et à signaler, presque exclusivement, sans nous faire grâce du moindre détail, les perversités et les monstruosités de la nature humaine.

 

Cependant, je ne sais si je me crée encore des illusions, mais il me paraît que le bien existe aussi un peu sur cette pauvre terre, et comme il n’est guère question que du mal, il est permis de se demander si les organes d’information n’auraient pas décidé, d’un commun accord, que celui-ci seul a droit à la réclame.

 

Lire la suite : http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article5118

Tag(s) : #Histoire-Culture

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