Procès, testament, assassinat de Louis XVI - Hommage de Louis XX

Louis XVI, démocratie et « Lumières ou ténèbres... »

« Gouverner les hommes, c'est ne pas les asservir. » Louis XVI.


1° partie : Le testament de Louis XVI.

2° partie : Chronique d'une mort annoncée, dans un procès qui n'en fut pas un.

3° partie : Epilogue : « Lumières ou ténèbres... »

4° partie : Héritage et méditation.

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1° partie : Le testament de Louis XVI.


 

Arrestation de Louis XVI

Testament de Louis XVI, rédigé le 25 décembre 1792, envoyé à la Commune de Paris, le 21 janvier 1793.

 

(Texte basé sur le manuscrit original et respectant donc la graphie de l'époque.)


« Au nom de la tres Sainte Trinité du Pere du fils et du St Esprit. Aujourd'hui vingt cinquieme jour de Decembre, mil sept cent quatre vingt douze. Moi Louis XVIe du nom Roy de France, etant depuis plus de quatres mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple a Paris, par ceux qui etaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, mesme depuis le onze du courant avec ma famille de plus impliqué dans un Proces dont il est impossible de prevoir l'issue a cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun pretexte ni moyen dans aucune Loy existante, n'ayant que Dieu pour temoin de mes pensées et auquel je puisse m'adresser. Je declare ici en sa presence mes dernieres volontés et mes sentiments.


Je laisse mon ame a Dieu mon createur, je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d'après ses merites, mais par ceux de Notre Seigneur Jesus Christ qui s'est offert en sacrifice a Dieu son Pere, pour nous autres hommes quelqu'indignes que nous en fussions, et moi le premier.


Je meurs dans l'union de notre sainte Mere l'Eglise Catholique, Apostolique et Romaine, qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de St Pierre auquel J.C. les avait confiés. Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l'Eglise, les Sacrements et les Mysteres tels que l'Eglise Catholique les enseigne et les a toujours enseignés. je n'ai jamais pretendu me rendre juge dans les differentes manieres d'expliquer les dogmes qui dechire l'Eglise de J.C., mais je m'en suis rapporté et rapporterai toujours si Dieu m'accorde vie, aux decisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la Sainte Église Catholique, donnent et donneront conformement a la discipline de l'Eglise suivie depuis J.C. Je plains de tout mon cur nos freres qui peuvent etre dans l'erreur, mais je ne pretends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en J.C. suivant ce que la charité Chretienne nous l'enseigne.


Je prie Dieu de me pardonner tous mes pechés. J'ai cherché a les connaitre scrupuleusement a les detester et a m'humilier en sa presence, ne pouvant me servir du Ministere d'un Pretre Catholique. Je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite et surtout le repentir profond que j'ai d'avoir mis mon nom, (quoique cela fut contre ma volonté) a des actes qui peuvent estre contraires a la discipline et a la croyance de l'Eglise Catholique a laqu'elle je suis toujours resté sincerement uni de cur Je prie Dieu de recevoir la ferme resolution ou je suis s'il m'accorde vie, de me servir aussitot que je le pourrai du Ministère d'un Pretre Catholique, pour m'accuser de tous mes peches, et recevoir le Sacrement de Penitence.


Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d'avoir fait sciemment aucune offense à personne), ou à ceux à qui j'aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu'ils croient que je peux leur avoir fait.


Je prie tous ceux qui ont de la Charité d'unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.


Je pardonne de tout mon cur à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle mal entendu, m'ont fait beaucoup de mal.


Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma sur, mes Tantes, mes Frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du Sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma sur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s'ils viennent à me perdre, et tant qu'ils resteront dans ce monde périssable.


Je recommande mes enfants à ma femme, je n'ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux; je lui recommande surtout d'en faire de bons chrétiens et d'honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde-ci (sils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l'Éternité. Je prie ma sur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de Mère, s'ils avaient le malheur de perdre la leur.


Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu'elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.


Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu'ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur Mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu'elle se donne pour eux, et en mémoire de moi. je les prie de regarder ma sur comme une seconde Mère.

 

Je recommande à mon fils, s'il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu'il se doit tout entier au bonheur de ses Concitoyens, qu'il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j'éprouve. Qu'il ne peut faire le bonheur des Peuples qu'en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu'un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cur, qu'autant qu'il a l'autorité nécessaire, et qu'autrement, étant lié dans ses opérations et n'inspirant point de respect, il est plus nuisible qu'utile.


Je recommande à mon fils d'avoir soin de toutes les personnes qui m'étaient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c'est une dette sacrée que j'ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi. Je sais qu'il y a plusieurs personnes de celles qui m'étaient attachées, qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l'ingratitude, mais je leur pardonne, (souvent, dans les moment de troubles et d'effervescence, on n'est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s'il en trouve l'occasion, de ne songer qu'à leur malheur.


Je voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m'ont montré un véritable attachement et désintéressé. D'un côté si j'étais sensiblement touché de l'ingratitude et de la déloyauté de gens à qui je n'avais jamais témoigné que des bontés, à eux et à leurs parents ou amis, de l'autre, j'ai eu de la consolation à voir l'attachement et l'intérêt gratuit que beaucoup de personnes m'ont montrés. Je les prie d'en recevoir tous mes remerciements; dans la situation où sont encore les choses, je craindrais de les compromettre si je parlais plus explicitement, mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.


Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation, si je ne recommandais ouvertement à mon fils MM. de Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi avait portés à s'enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes. Je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j'ai eu tout lieu de me louer depuis qu'il est avec moi. Comme c'est lui qui est resté avec moi jusqu'à la fin, je prie M. de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse, et les autres petits effets qui ont été déposés au Conseil de la Commune.


Je pardonne encore très volontiers a ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J'ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur cur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.


Je prie MM. de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l'expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu'ils se sont donnés pour moi.


Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.


Fait double à la Tour du Temple le 25 Décembre 1792.


Louis. »

 

Testament de Louis XVI

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2° partie : Chronique d'une mort annoncée, dans un procès qui n'en fut pas un.


1- Contexte

2- Séance du 11 décembre 1792

3- Les chefs daccusation

4- Interrogatoire

5- Un procès sans témoin

6- La Convention nationale accorde des défenseurs à Louis XVI

7- Plaidoirie

8- Déclaration de Louis XVI pour sa défense


 

 

Procès de Louis XVI


1- Contexte :

Le 10 août 1792, le Palais des Tuileries est pris d'assaut. Louis XVI, accompagné de sa famille, s'est réfugié dans l'enceinte de l'Assemblée législative, mais celle-ci se retournant contre lui, le suspend de ses fonctions. Le roi est alors enfermé à la prison du Temple. La Convention, la nouvelle assemblée constituante, élue pour la première fois au suffrage universel se réunit pour la première fois le 20 septembre 1792. Elle décide d'abolir la royauté. Le 21 septembre 1792, l'abolition de la royauté est proclamée. Les députés se déchirent sur le sort à réserver au roi.


Mais la découverte de « l'armoire de fer » aux Tuileries le 20 novembre 1792 rend le procès inévitable. Selon les révolutionnaires, les documents trouvés dans ce coffre secret prouvent sans contestation possible la trahison de Louis XVI. (Les historiens Paul et Pierrette Girault de Coursac ont toutefois remis en cause l'authenticité de ces documents.)


Le 3 décembre 1792, la Convention nationale décide que Louis XVI sera jugé par elle. Le procès commence le 10 décembre.


2- Séance du 11 décembre 1792 :

C'est Barère qui préside la Convention nationale. Il fait lire l'acte énonciatif d'accusation qui fut rédigé sur la base du Rapport sur les crimes imputés à Louis Capet de Robert Lindet. Il procède personnellement à l'interrogatoire de Louis XVI.


Louis XVI fait son entrée dans la salle de la Convention nationale.


« Louis, dit Barère, la Nation française vous accuse, l'Assemblée nationale a décrété, le 3 décembre, que vous seriez jugé par elle ; le 6 décembre, elle a décrété que vous seriez traduit à sa barre. On va vous lire l'acte énonciatif des délits qui vous sont imputés... Vous pouvez vous asseoir. »



3- Les chefs d'accusation :


- D'avoir tenté d'empêcher la réunion des États généraux, et par là avoir attenté à la liberté.

- D'avoir rassemblé une armée contre les citoyens de Paris et de ne l'avoir éloignée qu'après la prise de la Bastille.


- De n'avoir pas tenu ses promesses à l'Assemblée constituante, d'avoir éludé l'abolition de la féodalité et laissé piétiner la cocarde tricolore provoquant ainsi les journées des 5 et 6 octobre 1789.

- D'avoir prêté serment lors de la fête de la Fédération pour essayer ensuite de corrompre l'Assemblée constituante en particulier par l'intermédiaire de Mirabeau.

 

- D'avoir trompé l'Assemblée constituante en lui adressant copie d'une lettre adressée aux agents diplomatiques indiquant qu'il avait accepté librement la Constitution, tout en prodiguant l'argent du peuple pour préparer la fuite de la famille royale.


- Convention passée entre Léopold II et le roi de Prusse pour rétablir la monarchie française.

- D'avoir envoyé des sommes considérables au marquis de Bouillé et aux émigrés.


- D'avoir eu une part dans l'insurrection du 10 août 1792.


- D'avoir autorisé Septeuil à faire un commerce considérable de grains, de sucre et de café.

- D'avoir mis son veto au décret prévoyant la formation d'un camp de 20 000 fédérés.

- D'être responsable de la fusillade du Champ-de-Mars le 17 juillet 1791.


4- Interrogatoire* :


Louis XVI écouta les chefs d'accusation assis dans le fauteuil où il avait accepté la Constitution. Après que le secrétaire lui ait donné lecture de l'acte énonciatif d'accusation, le président Bertrand Barère reprend ensuite chaque article de l'accusation et questionne Louis XVI.


- Le Président : Vous êtes accusé d'avoir attenté à la souveraineté du peuple, le 20 juin 1789.

- Louis XVI : Aucune loi ne me défendait alors de faire ce que je fis à cette époque.


- Le Président : Le 14 juillet 1789, la veille de la prise de la Bastille, vous avez fait marcher des troupes contre Paris ; vous avez fait répandre le sang des citoyens.


- Louis XVI : J'étais le maître de faire marcher des troupes où je voulais. Jamais mon intention n'a été de faire couler le sang.


- Le Président : Vous avez longtemps éludé de faire exécuter les décrets du 4 août. Vous avez permis que, dans des orgies faites sous vos yeux, la cocarde tricolore ait été foulée aux pieds.


- Louis XVI : J'ai fait les observations que j'ai cru justes et nécessaires sur les décrets qui m'ont été présentés. Le fait est faux pour la cocarde ; jamais il ne s'est passé devant moi.


- Le Président : Vous avez répandu de l'argent parmi les ouvriers du faubourg Saint-Antoine, pour les mettre dans votre parti.


- Louis XVI : Je n'avais pas de plus grand plaisir que celui de donner à ceux qui avaient besoin ; il n'y avait rien en cela qui tînt à quelque projet. (Louis XVI avait effectivement l'habitude de distribuer de l'argent aux pauvres.)


- Le Président : Vous avez feint une indisposition pour aller à Saint-Cloud ou à Rambouillet, sous le prétexte de rétablir votre santé.


- Louis XVI : Cette accusation est absurde.


- Le Président : Le 17 juillet, vous avez fait verser le sang des citoyens au Champ de Mars.


- Louis XVI : Ce qui s'est passé le 17 juillet ne peut m'être imputé.


- Le Président : Vous avez payé vos gardes du corps à Coblentz ; les registres de Septeuil en font foi.

- Louis XVI : Dès que j'ai su que les gardes du corps se formaient de l'autre côté du Rhin, j'ai défendu qu'ils reçussent aucun paiement.


- Le Président : Vous vous êtes tu sur le traité de Pilnitz, par lequel des rois étrangers s'étaient engagés à rétablir en France la monarchie absolue.


- Louis XVI : Je l'ai fait connaître sitôt qu'il est venu à ma connaissance. Au reste, c'est une affaire qui, d'après la constitution, regarde les ministres.


- Le Président : Vous avez fait couler le sang au 10 août.


- Louis XVI : Non, monsieur ; ce n'est pas moi !


Le roi prononça ces mots avec une véhémente indignation.


L'interrogatoire fut terminé. « Louis, avez-vous quelque chose à ajouter ? », lui demanda le Président.

« Je demande communication des accusations que je viens d'entendre et des pièces qui y sont jointes et la facilité de choisir un conseil pour me défendre ».


On lui présenta les pièces produites à l'appui de l'acte énonciatif d'accusation. Louis XVI dit : « Je ne les reconnais pas ». Il ne reconnut pas davantage sa signature et son cachet aux armes de France au bas d'une lettre à l'évêque de Clermont, et affirma ignorer l'existence de « larmoire de fer » aux Tuileries. L'audience fut terminée.


*Louis-François Jauffret, Histoire Impartiale du Procès de Louis Xvi, ci-devant roi des Français, 1793, p. 59 à 80


5- Un procès sans témoin :


Selon les historiens Paul et Pierrette Girault de Coursac, qui ont enquêté sur le procès de Louis XVI pendant dix ans, ce procès s'est déroulé sans témoin.


Il y avait pourtant de nombreux témoins potentiels* :


- Arnaud de Laporte, intendant de la Liste civile. Il a été exécuté le 23 août 1792.


- Claude Delessart, ministre des Affaires Étrangères, juste avant la déclaration de guerre. Il a été tué lors du massacre du 9 septembre 1792 à Versailles.


- Le duc de Brissac, commandant de la Garde constitutionnelle du Roi. Il a été tué lors du massacre du 9 septembre 1792 à Versailles.

- D'Abrancourt, ministre de la Guerre.

- Jean-Baptiste Étienne de la Rivière, le juge qui s'est occupé de l'affaire du Comité autrichien


*Paul et Pierret Girault de Coursac, Enquête sur le procès du roi, 1982.


6- La Convention nationale accorde des défenseurs à Louis XVI :


Le 12 décembre 1792, la Convention accorde des défenseurs à Louis XVI : François Denis Tronchet, Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, Guy-Jean-Baptiste Target, Raymond de Sèze.


7- Plaidoirie :


Extrait de la plaidoirie de Raymond de Sèze en faveur de Louis XVI, le 26 décembre 1792.*


« Citoyens représentants de la Nation, il est donc enfin arrivé ce moment où Louis accusé au nom du peuple français, peut se faire entendre au milieu de ce peuple lui-même ! Il est arrivé ce moment où entouré des conseils que l'humanité et la loi lui ont donnés, il peut présenter à la Nation une défense et développer devant elle les intentions qui l'ont toujours animé ! Citoyens je vous parlerai avec la franchise d'un homme libre : je cherche parmi vous des juges, et je n'y vois que des accusateurs ! Vous voulez prononcer sur le sort de Louis, et c'est vous mêmes qui l'accusez ! Vous voulez et vous avez déjà émis votre vu ! Vous voulez prononcez sur le sort de Louis et vos opinions parcourent l'Europe ! Louis sera donc le seul Français pour lequel il n'existe aucune loi, ni aucune forme ! Il ne jouira ni de son ancienne condition ni de la nouvelle ! Quelle étrange et inconcevable destinée ! Français la révolution qui vous régénère a développé en vous de grandes vertus ; mais craignez, qu'elle n'ait affaibli dans vos âmes le sentiment de l'humanité, sans lequel il ne peut y en avoir que de fausses ! Entendez d'avance l'Histoire, qui redira à la renommée : "Louis était monté sur le trône à vingt ans, et à vingt ans il donna l'exemple des murs : il n'y porta aucune faiblesse coupable ni aucune passion corruptrice ; il fut économe, juste et sévère ; il s'y montra toujours l'ami constant du peuple. Le peuple désirait la destruction d'un impôt désastreux qui pesait sur lui, il le détruisit ; le peuple demandait l'abolition de la servitude, il commença par l'abolir lui-même dans ses domaines ; le peuple sollicitait des réformes dans la législation criminelle pour l'adoucissement du sort des accusés, il fit ces réformes ; le peuple voulait que des milliers de Français que la rigueur de nos usages avait privés jusqu'alors des droits qui appartient aux citoyens, acquissent ces droits ou les recouvrassent, il les en fit jouir par ses lois. Le peuple voulut la liberté, il la lui donna ! Il vint même au-devant de lui par ses sacrifices, et cependant c'est au nom de ce même peuple qu'on demande aujourdhui... Citoyens, je n'achève pas... Je m'arrête devant l'histoire : songez quelle jugera votre jugement et que le sien sera celui des siècles »


En venant à la réfutation des chefs d'accusation, Romain de Sèze les divisa adroitement : tenant pour nuls ceux qui étaient antérieurs à la Constitution ou qui avaient été amnistiés par elle, et ceux qui lui étaient postérieurs mais dont les ministres assumaient légalement, la responsabilité, il nia lappel à l'étranger et déclara Louis XVI irresponsable des tractations menées par ses frères avec l'Autriche. Il nia pareillement l'envoi des subsides aux émigrés, l'accusation manquant à vrai dire de preuves formelles. Ce fut la partie la moins solide de la défense, ce qui importait d'ailleurs assez peu, les députés de la Convention ayant la conviction que Louis XVI avait pactisé avec l'ennemi.


*L'intégralité de la plaidoirie de Raymond de Sèze dans Causes célèbres de tous les peuples d'Armand Fouquier, 1858


8- Déclaration de Louis XVI pour sa défense :


Déclaration de Louis XVI pour sa défense le 26 décembre 1792.


«  On vient de vous exposer mes moyens de défense, je ne les renouvellerai point ! En vous parlant peut-être pour la dernière fois, je vous déclare que ma conscience ne me reproche rien, et que mes défenseurs ne vous ont dit que la vérité.


Je n'ai jamais craint que ma conduite fût examinée publiquement, mais mon coeur est déchiré de trouver dans l'acte d'accusation l'imputation d'avoir voulu répandre le sang du peuple, et surtout que les malheurs du 10 août me soient attribués.


J'avoue que les preuves multipliées que j'avais données dans tous les temps de mon amour pour le peuple, et la manière dont je m'étais toujours conduit, me paraissaient devoir prouver que je craignais peu de m'exposer pour épargner son sang, et éloigner à jamais de moi une pareille imputation. »


 

Louis XVI, le 21 janvier 1793

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3° partie : Epilogue : « Lumières ou ténèbres... »


La suite injuste et barbare de cette révolution qui tua des centaines de milliers de Français, c'est l'exécution de Louis XVI le 21 janvier 1793. De la Reine Marie-Antoinette le 16 octobre 1793 et le traitement inhumain d'un enfant arraché à sa mère le 3 juillet 1793, emprisonné pendant près de 2 ans, subissant un traitement outrancier de cruauté, tombant très gravement malade, emmuré pendant 6 mois avant de mourir le 8 juin 1795. Cet enfant, c'était le Roi de France, Louis XVII.


C'est ainsi que finissait de naître la république des "lumières", de la liberté, de l'égalité, de la fraternité et des "droits de l'homme".


2 siècles plus tard, la "démocratie" semble toujours ignorer comment voir le jour sans faire couler le sang d'hommes, de femmes et d'enfants, dont l'histoire écrite par les vainqueurs dit plus tard qu'ils sont morts pour obtenir la "liberté", pour être "libérés".


La "démocratie" sait-elle faire autre chose que s'imposer par la propagande et la violence aux hommes de bonne conscience les plus attachés à leur terre et à leur tradition ?

 

Sait-elle agir autrement qu'en faisant plier par la peur, la menace et la répression les hommes sages, amoureux de la vie et de la liberté au point de ne pas juger bon de voir celles-ci limitées au nom des "droits de l'homme" ?


« La monarchie, c'est l'anarchie + 1. » Charles Maurras, (devenu royaliste après avoir étudié les archives de sa Mairie...)


La monarchie, c'est 1 300 ans d'une tradition qui a fait de la France, un prodigieux pays.


Alors qu'un projet né dans le mensonge, la conspiration, la terreur et le sang, au nom de la "liberté" et de la "démocratie", ne peut être l'oeuvre d'hommes vertueux.


« La France s'est suicidée en décapitant Louis XVI. » Ernest RENAN.


« Un souverain ne saurait rien faire de plus utile que d'inspirer à sa nation une grande idée d'elle-même. » Louis XVI.


 

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4° partie : Héritage et méditation.



Message de Louis XX, pour le 216è anniversaire de la mort de Louis XVI :


« Mon Cousin [à M. le duc de Bauffremont],
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis.

Les années passent et ne se ressemblent pas. Certaines sont plus joyeuses que d'autres. Le monde change mais certaines fidélités demeurent, telles que celle qui nous réunit pour le 216ème anniversaire de la mort du Roi Louis XVI.

Dans l’époque de crise que nous vivons, où beaucoup de fausses certitudes d’hier sont en train d’être remises en cause, quel beau symbole de voir que nous savons encore nous retrouver autour de valeurs. En effet, au-delà de la personnalité si attachante de Louis XVI, notre premier devoir est un devoir de mémoire et de fidélité aux valeurs et aux principes incarnés par la royauté française. Telle est aussi la Mission que se donnent toutes les associations, groupes et organismes qui, comme l’Institut de la Maison de Bourbon se sont voués à cet objectif et que je tiens à remercier pour leur inlassable activité.

Louis XVI par son sacrifice, mais aussi par sa vie qu’il a essayé de consacrer totalement au bonheur de son peuple reste pour nous tous un exemple. La lecture de son Testament à la fois spirituel et politique doit toujours nous servir de méditation.

Rappelons nous ses ultimes paroles, invitation à la bienveillance et au pardon. Par delà la douleur et la solitude qui furent les compagnes de ses derniers jours, il nous a fermement invités, comme son fils à qui il s’adressait, à «oublier toute haine et tout ressentiment ». Nous devons méditer ses paroles empreintes de respect humain et de tolérance. Dans le monde si dur et souvent si plein de pessimisme dans lequel nous vivons, ce message nous éclaire et nous renforce.

Il doit nous encourager à conserver les repères que nous ont laissés nos aïeux, repères qui deviennent si importants au moment où le monde semble en manquer. Notre chance n’est elle pas de posséder une tradition vieille de mille cinq cents ans sur laquelle notre pays est construit ? Tradition qui s’incarne dans une famille dont j’assume actuellement les devoirs.

Aucun de nous ne sait ce que sera demain, mais nous savons, en revanche, tous que cet avenir sera ce que nous en ferons, sans place à la fatalité. Il est ce que notre volonté voudra qu’il soit. Tel était bien aussi le message de Louis XVI qui, en dernier ressort, s’en est remis à la France dont il souhaitait qu’elle retrouve le sens de ses valeurs et de sa tradition.

En ce début d’année, la Princesse Marie Marguerite, notre fille la Princesse Eugénie, et moi-même, nous vous assurons de tous nos souhaits pour notre Pays, pour vos familles et pour tous les Français éprouvés en grand nombre par les temps instables que nous traversons.

Que tous les saints de France, que saint Louis, continuent à protéger la France afin qu’elle demeure la grande et puissante nation édifiée par la sagesse et la patience des Capétiens. »

Louis de Bourbon, duc d’Anjou, le 18 janvier 2009.


 

Louis XX


 

Louis XVI, Roi de France, martyr au nom des "Droits de l'homme"


Source :

www.sar-lxx.com

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