Lundi 11 juin 2012 1 11 /06 /Juin /2012 09:35
 Louis XVI reçoit à Reims les hommages des chevaliers du Saint-Esprit,
le 13 juin 1775.

 

Une coutume, qui remontait aux premiers jours de la monarchie, appelait les rois de France à Reims. Ils venaient y faire hommage à Dieu de leur sceptre et de leur couronne, et recevaient en échange l'onction sainte qui, élevant le droit de régner à une sorte de sacerdoce, inspirait la vénération aux subordonnés, pénétrait le monarque de la sainteté de ses devoirs, et appelait sur leur accomplissement la bénédiction divine. 

 

Louis XVI s'était vu obligé de différer cette cérémonie, et on lui proposait même de l'abolir. M. Turgot, organe en cette occasion de la coterie philosophique, manifesta ses répugnances dans le conseil. « Vous serez, disait-il au roi, bien plus agréable à vos peuples, en leur annonçant que vous ne voulez tenir votre couronne que de leur amour. » On rangeait le sacre parmi les traditions de la servitude.


Tous les esprits éminents n'en parlaient pourtant pas ainsi. « Le plus grand de tous les événements pour un peuple, c'est sans doute l'inauguration de son roi. C'est alors que le Ciel consacre nos monarques, et resserre en quelque sorte les liens qui nous unissent à eux. » Mirabeau, brochure sur le Sacre, 1775.


Que faisait-on en proposant à Louis XVI la sanction populaire, au lieu de la consécration religieuse? N'était-ce pas flatter le prince aux dépens de la royauté, et mettre un accident heureux à la place d'une institution immuable ? Aveuglement étrange ! les esprits qui s'appelaient philosophiques plaidaient avec aigreur contre l'acte auguste qui donnait un sentiment moral pour base à la fidélité des peuples. Ils proclamaient la transmission par le sang plus respectable qu'une lieutenance divine; ils acceptaient Louis XVI par la grâce de Louis XV, et s'indignaient qu'on le leur donnât par la grâce de Dieu !

 

Reliquaireanciendelasainteampoule.jpg

La Sainte Ampoule dans son reliquaire originel


Tout le monde convient que l'antiquité et la majesté des races sont une grande garantie d'ordre, un moyen efficace d'agir sur l'imagination de la multitude. Mais si l'on veut justifier cette sorte de culte matériel aux yeux de la philosophie, quoi de plus honorable que d'élever l'autorité jusqu'au domaine de l'âme, de jeter les germes de l'obéissance dans les convictions les plus délicates et les plus généreuses du cœur humain ? L'histoire de tous les peuples, la pensée de tous les législateurs, révèlent ce même besoin d'une intervention supérieure. A tout prendre, la sainte ampoule de Reims, fût-elle une superstition, serait encore une magnifique allégorie : l'onction tombant de la main du prêtre sur le front du prince figurerait toujours l'alliance des deux grandes puissances humaines, la force et la foi.


Qu'on se garde, d'ailleurs, d'envisager le roi seul dans la cérémonie du sacre : le peuple était loin d'y être oublié. Quand l'Eglise convoque les grands, c'est pour leur parler des faibles et des humbles. Le roi prenait son sceptre pour l'incliner, l'aristocratie revêtait l'hermine féodale pour s'agenouiller; l'Eglise, qu'apportait-elle? le signe fraternel de la croix, et le livre du peuple, l'Évangile.


Une seule considération, la pénurie du Trésor, avait causé l'hésitation du roi. Cependant on ordonna de pourvoir aux préparatifs du sacre, et la cérémonie fut fixée au dimanche 11 août 1775.


D'Alembert écrivit à ce sujet au roi de Prusse : « Il ne reste plus aux patriotes éclairés qu'une consolation ; c'est d'espérer que, pendant le règne de Louis XVI, les lumières feront assez de progrès pour que cette cérémonie bizarre et absurde soit enfin abolie sans retour. » On sait comment ce vœu fut exaucé; et un redoublement d'intérêt s'attachera sans doute aux détails de cette auguste et dernière solennité de la vieille monarchie.


Le roi partit pour Reims avec la reine et toute la cour. Il fit son entrée dans un carrosse de dix-huit pieds de hauteur. Les magistrats de la ville avaient ordonné que, selon l'ancien usage, les rues fussent tendues de tapisserie; Louis XVI le défendit. « Non, non, dit-il, je ne veux rien entre mon peuple et moi qui nous empêche de nous voir. »

 

Deux pendules en marbre blanc et bronze doré
commémorant l'avènement de Louis XVI,
Musée Carnavalet et Wallace Collection pour la seconde
Louis XVI est guidé par Minerve, déesse de la sagesse.

Le dimanche, dès six heures du matin, les chanoines en chape arrivèrent dans le chœur, se placèrent dans les stalles, et furent bientôt suivis de l'archevêque duc de Reims, des cardinaux et des prélats, des ministres, des maréchaux de France, des conseillers d'Etat et des députés de différentes compagnies. A six heures et demie les pairs laïques arrivèrent du palais archiépiscopal. Le duc de Bourgogne était représenté par Monsieur, le duc de Normandie par le comte d'Artois, le duc d'Aquitaine par le duc d'Orléans ; le duc de Chartres, le prince de Condé et le duc de Bourbon représentaient les comtes de Toulouse, de Flandre et de Champagne.


A sept heures, l'évêque duc de Laon et l'évêque comte de Beauvais partirent en procession pour aller chercher le roi. Ces deux prélats, vêtus de leurs habits pontificaux, portant des reliquaires suspendus à leur cou, étaient précédés par le chapitre et par la musique de la cathédrale. Le marquis de Dreux-Brézé, grand-maître des cérémonies, marchait immédiatement devant le clergé. Ils passèrent par une galerie couverte, et arrivèrent à la porte du roi, qu'ils trouvèrent fermée.


Le grand chantre y frappa de son bâton. « Que demandez-vous ? répond le grand chambellan sans ouvrir, — Nous demandons le roi, dit le principal pair. — Le roi dort, réplique le grand-chambellan. » Alors le chantre recommence à frapper, et l'évêque de nouveau demande le roi. La même réponse est donnée. A la troisième fois, le prélat dit ces mots : « Nous demandons Louis XVI, que Dieu nous a donné pour roi. » Aussitôt les portes s'ouvrent. Le grand-maître des cérémonies conduit les évêques auprès du roi couché sur un lit de parade. Ils le saluent.


Le prince est vêtu d'une longue camisole cramoisie galonnée d'or, ouverte aux endroits où il doit recevoir les onctions; il porte par-dessus, une longue robe d'étoffe d'argent, et, sur la tête, une toque de velours noir garnie d'un cordon de diamants, d'une plume et d'une double aigrette blanche. Le pair ecclésiastique présente l'eau bénite au roi, et dit l'oraison suivante: « Dieu tout-puissant et éternel, qui avez élevé à la royauté votre serviteur Louis, accordez-lui de procurer le bien de ses sujets, dans le cours de son règne, et de ne jamais s'écarter des sentiers de la justice et de la vérité. » Cette oraison achevée, les deux évêques prennent le roi par les bras, et le conduisent processionnellement à l'église, en chantant des prières.

 


Le roi étant arrivé sur le seuil, le cardinal de la Roche-Aymon lui adressa ces mots :


« Sire,

« Successeur de saint Remy, j'ai le bonheur de recevoir dans son église l'héritier de Clovis. Entrez, Sire, à son exemple, sous ces voûtes sacrées où la religion le reçut. Il y venait embrasser la foi qu'il a transmise à ses successeurs; vous venez promettre de protéger cette même foi que vous avez reçue de vos pères. Il y apporta les qualités nécessaires pour fonder un empire chrétien; vous y apportez les vertus propres à en maintenir la splendeur : elles sont toutes renfermées dans l'amour de l'ordre, et cet amour est le caractère distinctif de votre majesté. »


Tout le monde ayant pris place, la sainte ampoule arriva; elle était apportée de l'abbaye de Saint-Remy par le grand-prieur, en chape d'étoffe d'or, sur un cheval blanc couvert d'une housse d'étoffe d'argent richement brodée; deux hérauts à pied tenaient la bride. Le grand prieur était sous un dais de pareille étoffe que portaient quatre barons dits chevaliers de la sainte ampoule. Aux quatre coins du dais se tenaient à cheval les seigneurs nommés par le roi pour otages de la sainte ampoule (le vicomte de Larochefoucauld, le comte de Talleyrand, le marquis de Rochechouart, le marquis de la Roche-Aymon). Ils étaient précédés chacun de leur écuyer avec un guidon qui portait d'un côté les armes de France et de Navarre, de l'autre les armes de leur maison.

 

Avènement de Louis XVI et Marie-Antoinette


Les otages avaient prêté serment entre les mains du grand prieur, en présence des officiers du bailliage de l'abbaye, qu'il ne serait fait aucun tort à la sainte ampoule, pour la conservation de laquelle ils s'engageaient à donner leur vie, et, en même temps, ils s'étaient constitués pleiges, cautions, déclarant qu'ils demeureraient en otages jusqu'à son retour. Conformément aux coutumes en cette circonstance, ils requirent néanmoins qu'il leur fût permis de l'accompagner, et, pour plus grande sûreté et conservation d'icelle, sous la même garantie ; ce qu'on leur avait accordé.


L'archevêque de Reims, averti par le maître des cérémonies de l'arrivée de la sainte ampoule, alla aussitôt la recevoir à la porte de l'Eglise. Elle était enfermée dans un reliquaire d'or, enrichi de pierres précieuses. L'archevêque prit le reliquaire, et rentré dans le chœur, il le déposa sur l'autel, puis s'approchant du roi, il lui présenta le livre des Evangiles. Le roi y posa les mains, et prononça, en latin, le serment suivant :


« Au nom de Jésus-Christ. je promets au peuple chrétien qui m'est soumis :

« En premier lieu, d'interposer mon autorité pour entretenir en tout temps une véritable paix entre tous les membres de l'Eglise de Dieu.


« De plus, d'empêcher que mes sujets, en quelque rang qu'ils soient constitués, commettent aucune violence ou injustice; de faire observer dans tous les jugements justice et miséricorde, afin que le Dieu clément daigne aussi nous faire miséricorde, à vous et à moi;


« De m'appliquer selon mon pouvoir, et de bonne foi, à écarter, de toute l'étendue de ma domination, tous les hérétiques dénoncés par l'Eglise.


« Je confirme ces promesses par serment; j'en prends Dieu à témoin et ces saints Evangiles. »


Le roi prêta un second serment en qualité de grand maître de l'ordre du Saint-Esprit, et un troisième, qui ne date que du règne de Louis XIV, relatif à la punition des duels.

 

Représentation du sacre de Louis XVI, le 11 juin 1775


Lorsque le roi eut reçu l'épée de Charlemagne, il la déposa entre les mains du maréchal de Clermont-Tonnerre, faisant les fonctions de connétable, qui la tint la pointe levée pendant la cérémonie du sacre et du couronnement. On récita ensuite plusieurs oraisons, dans lesquelles on demandait à Dieu « que la rosée du ciel et la graisse de la terre procurassent dans le royaume une abondance intarissable de blé, de vin, d'huile, et de toutes sortes de fruits, afin que, sous ce règne, les peuples pussent jouir d'une santé constante. »


Quand ces prières furent finies, le prélat officiant ouvrit la sainte ampoule, en laissa tomber un peu d'huile qu'il délaya avec le saint chrême. Quatre évêques entonnèrent des litanies, et, pendant qu'ils les chantaient alternativement avec le chœur, le roi demeura prosterné sur un carreau de velours violet semé de fleurs de lis d'or, ayant à sa droite l'archevêque de Reims également prosterné.

 

L'autel royal, groupe en biscuit de Sèvres attribué à Boizot, 1774
Deux exemplaires existent, l'un se trouve à Versailles,
l'autre au musée Carnavalet.
 


A la fin des litanies, l'archevêque se plaça sur son fauteuil, et le roi, s'étant allé mettre à genoux devant lui, reçut les onctions sur le sommet de la tête, sur la poitrine, entre les deux épaules, sur l'épaule droite, sur l'épaule gauche à la jointure du bras droit et à celle du bras gauche. En même temps le prélat récitait quelques oraisons dont voici la substance : « Qu'il réprime les orgueilleux, qu'il soit une leçon pour les riches, qu'il soit charitable envers les pauvres et devienne le pacificateur des nations, qu'il n'abandonne pas ses droits sur les royaumes des Saxons, des Marciens, des peuples du Nord et des Cimbres. »


Après les sept onctions, l'archevêque, assisté des évêques de Laon et de Beauvais, referma avec des lacets d'or les ouvertures de la camisole du roi. Louis XVI s'étant levé, fut alors revêtu de la tunique, de la dalmatique et du manteau royal, et se remit à genoux devant l'archevêque, qui lui fit alors la huitième onction sur la paume de la main droite, et la dernière sur la paume de la main gauche. L'archevêque lui mit un anneau au quatrième doigt de la main droite, comme signe représentatif de la toute-puissance, ainsi que de l'union intime qui devait désormais régner entre le roi et son peuple. Il prit ensuite sur l'autel le sceptre, qu'il mit dans la main droite du roi, et enfin dans la main gauche il remit la main de justice.

 

Médaille commémorant le sacre de Louis XVI par Duvivier, 1775


En ce moment le garde des sceaux, faisant les fonctions de chancelier(le chancelier Maupeou avait refusé de donner sa démission.) monta à l'autel, et, s'étant placé du côté de l'Evangile, appela les pairs pour le couronnement, de la manière suivante :


« Monsieur, qui représentez le duc de Bourgogne, présentez-vous à cet acte et ainsi des autres.

Les pairs s'étant approchés du roi, l'archevêque prit la couronne de Charlemagne, apportée de Saint-Denis, et la lui posa sur la tête. Les pairs ecclésiastiques et laïques y portèrent la main comme pour la soutenir. En même temps, on chantait ce verset: « Que le roi ait la force du rhinocéros ! et qu'il chasse devant lui, comme un vent impétueux, les nations ennemies jusqu'aux extrémités de la terre. »


Alors l'archevêque prit le roi par le bras droit, et, suivi des pairs et des grands officiers de la couronne, il le conduisit au trône élevé sur le jubé. En terminant les oraisons, le prélat quitta la mitre, s'inclina devant le roi et le baisa en disant : « Vivat rex in œternum! » Les autres pairs ecclésiastiques et laïques firent de même. La multitude des assistants qui remplissait les tribunes répéta le cri de vive le roi ! Au même instant, les portes s'ouvrirent, et la foule du peuple, qui se précipitait dans l'immense basilique, la remplissait des mêmes acclamations. La reine, trop émue, s'évanouit; mais elle reparut bientôt, et fut comme le roi saluée avec enthousiasme.


Au même moment aussi les oiseleurs lâchaient dans l'église une grande quantité d'oiseaux qui signifiaient, par les ébattements de leur liberté, l'effusion des grâces que le monarque allait répandre sur son peuple. On distribua aux assistants des médailles frappées à cette occasion; sur la légende on lisait ces mots: Deo consecratori, et sur l'exergue : Rheims, 11 juin 1775.

 

Allégorie du sacre de Louis XVI, extrait de l'Almanach royal de 1776.

Louis XVI en habit de sacre est exhorté par la Religion à suivre l'exemple de ses ançêtres placés au temple de l'immortalité.

Aux côtés du jeune Roi figurent la Vertu et la ville de Paris, au-dessus d'eux, la colombe du Saint-Esprit



En sortant de l'église, Louis XVI trouva un peuple plus nombreux encore. Les gardes voulaient écarter la foule; le roi s'y opposa et s'élança au milieu d'elle, en tendant les mains à tous ceux qui voulaient les saisir. Les larmes coulaient de tous les yeux, et le visage du prince n'était pas le moins attendri. La ville était remplie d'arcs de triomphe, d'ornements, d'emblèmes et de devises qui exprimaient à l'envi les sentiments les plus affectueux pour le roi et pour la reine. Deux mille quatre cents malades s'étaient rendus à Reims de tous les points de la France. Le roi s'approcha de chacun d'eux et les toucha au front, en disant: « Le roi te touche, Dieu te guérisse ! »


La dépense de ce sacre n'excéda pas la somme de dix-huit cent mille francs (le sieur Papillon de Laferté porta en la ville d'Aix-la-Chapelle le poêle royal que les rois de France ont coutume d'envoyer après la cérémonie de leur sacre au tombeau de l'empereur Charlemagne. Gazette de France.)


Par Frédéric Alfred P. Falloux

Par Démocratie Royale - Publié dans : Histoire/Culture - Communauté : Royalisme
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Pour le retour du Roi Très-Chrétien !

Avant 1789, la France était la première puissance Occidentale. République mondialiste, DEHORS !

« Très-Chrétien » est un qualificatif que les papes attribuent initialement comme un honneur aux souverains de leur choix mais qui, à partir de Charles V, servit à désigner le seul roi de France et son royaume. Le titre de « Très-Chrétien » peut être comparé à celui de Fils aîné de l'Église spécifique au roi de France.

Le nom de Très-Chrétien fut appliqué indifféremment au roi, au peuple ou au territoire français et devint peu à peu un objet de gloire, une justification d'être, apportant aux Français la certitude d'être un élément important du plan de Dieu dans l'ordre du monde au cours des temps.

Discours de Louis XX

Chers Amis,

 

Quel plaisir de vous retrouver après cette cérémonie à la mémoire du roi Louis XVI qui nous a réunis, si nombreux, dans l’émotion et le souvenir.

 

Je commencerai par vous souhaiter une bonne et heureuse année, pour vous, les vôtres, vos familles, vos enfants. Mais ces voeux, je les adresse aussi plus largement à la France toute entière et aux Français. Je pense, notamment, à tous ceux qui se trouvent confrontés à des situations douloureuses de tout ordre. Beaucoup de nos contemporains souffrent, doutent, parfois sont désenchantés. Mes pensées vont vers eux.

 

Depuis des années, dans mes interventions publiques, j’ai rappelé qu’il ne s’agit pas pour nous d’être des nostalgiques, mais d’être des artisans de l’avenir.


Les exemples de grandes figures de la royauté vont dans ce sens. C’est à cela que sert la mémoire.

 

Louis XVI que nous venons d’honorer à travers cette belle cérémonie nous y convie. Mais, en 2014, un autre roi nous y aidera aussi : Louis IX, Saint-Louis, dont nous commémorons le 800e anniversaire de la naissance, survenue en 1214, la même année que la bataille de Bouvines.

 

Saint-Louis, par l’exemple de son œuvre et de sa vie, laisse une fondation solide sur laquelle il est toujours possible de construire. Son œuvre a été celle d’un roi qui a permis à la couronne de retrouver sa souveraineté face aux grands féodaux ; celle d’un roi qui a été habité par les valeurs chrétiennes pour réformer la justice et les institutions. Il a montré ainsi que l’éthique était au cœur de l’action publique. Voilà des principes encore bien actuels. Si actuels que, s’ils ne sont pas rappelés d’abord, puis remis au centre de l’action, notre société continuera à être instable et fragile.

 

Mais aujourd’hui, que représentons-nous ? Que souhaitons-nous ? A quoi sert de s’inscrire dans une tradition millénaire ?

 

Cela n’a vraiment de sens que si nous voulons apporter quelque chose à la société. Or, la société contemporaine est en pleine mutation. Je pense qu’elle a besoin de ce que la tradition représente et peut encore lui apporter.

Souvent, on me demande si je suis prêt à reprendre la place que la tradition donne à l’aîné des Bourbons. Je réponds toujours à cela, comme mon père l’a fait avant moi, que notre position est d’une nature différente. Nos droits sont incontestables et viennent du fond des âges et ils reposent sur cette union entre une dynastie et un peuple. Nous assumons ces droits restant disponibles.

 

Cette union a permis au royaume de France de se constituer peu à peu, du petit domaine entourant Paris, jusqu’aux frontières actuelles que Louis XVI s’évertuait à ouvrir au monde avec la Pérouse et les combats menés en Amérique contre l’Angleterre.

 

Tel est le miracle capétien, celui de la France aussi.

 

La France a progressé dans le cadre de la royauté dont les institutions reposaient sur la défense des faibles, et sur les valeurs héritées du message chrétien dont la première est le bien commun. Saint-Louis en a été le modèle que ses descendants ont suivi.

 

Le successeur légitime des rois de France doit conserver intact cet héritage, précieux trésor pour l’avenir. Ces valeurs ont fait leur preuve puisqu’elles ont permis à notre pays d’être gouverné et de progresser pendant huit siècles. Ce sont elles encore qui ont animé génération après génération les meilleurs de nos enfants. Cette permanence montre combien elles sont justes. Ce bien commun passe par l’unité nécessaire contre toutes les féodalités et les individualités qui veulent toujours s’imposer et imposer leur loi. Ce bien commun est aussi inspiré par le souci de la justice et du progrès social reposant sur la réalité et non l’idéalisme.

 

Devant les interrogations de notre génération actuelle face aux erreurs passées, nous croyons bien que nous aspirons à un renouveau. Le Pape François agit dans le même esprit en dénonçant avec vigueur les dérives de toutes sortes, notamment éthiques, qui désagrègent notre société.

 

Dans cette quête de renouveau et de sens, les jeunes se mobilisent. Ils retrouvent, faisant preuve d’une étonnante clairvoyance, le vrai, le juste et le beau. Ils l’expriment à leur manière et notamment à l’aide de tous les nouveaux modes de communication. J’y vois un message d’avenir. La ténacité de ceux qui ne furent d’abord que des sentinelles, des veilleurs, est assez puissante pour, peu à peu, amener des changements législatifs majeurs, comme l’Espagne nous en montre actuellement l’exemple. Nous savons que nous pouvons compter sur la puissance de la tradition et de ses réussites.

 

La force de la royauté a toujours été de savoir s’adapter aux évolutions tant que celles-ci avaient pour finalité le bien de l’homme créé à l’image de Dieu. Cette vérité de Saint-Louis, qui fut encore celle des grandes réformes du XVIII siècle initiées par les rois Louis XV et Louis XVI et que la Révolution est venue détourner, demeure actuelle. Saurons-nous l’entendre et la mettre en œuvre ?

 

Ce message est celui du présent et de l’avenir. Fidèle à la tradition royale française, je le porte, me sachant soutenu par l’exemple de mes ancêtres et par l’espoir qui vous anime.

 

Merci.

 

Louis, duc d’Anjou

Un Peuple Libre la Monarchie Catholique Française

Louis XX Roi de France : « Après la Ve, VIe République ou Monarchie » ?

« La question institutionnelle n'a jamais été plus actuelle. Elle constitue un enjeu politique de première importance et tous les Français doivent souhaiter qu'elle soit publiquement débattue, pour ne pas laisser à d'illégitimes oligarchies le soin de trancher pour nous la question de notre avenir national.

Il n'appartient évidemment pas à l'aîné des Capétiens de résoudre seul cette difficile question institutionnelle. Mais il ne m'est pas interdit de regarder avec sympathie et intérêt le développement de ces discussions au sein de la société française. Et il est de mon devoir de rappeler à tous les Français de bonne volonté, après tous mes prédécesseurs, ce que mon regretté père appelait les « vieilles recettes » de la royauté capétienne.

Pas plus que vous, je ne sais ce qui viendra « après la Ve République ». Ce que je sais, en revanche, c’est qu'aucun régime ne pourra durablement s'implanter en France s'il cherche à dresser une France contre l'autre ; à occulter le glorieux passé de notre patrie ; ou à conférer, plus ou moins discrètement, le pouvoir à une petite caste de privilégiés.

En réfléchissant à notre avenir commun, il est sage d’écouter les leçons de notre passé. »

Message de Monseigneur le duc d'Anjou, Louis XX roi de France, chef de la Maison de Bourbon aux participants du forum « Après la Ve, VIe république ou monarchie » Assemblée Nationale, Paris, 15 février 2007

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De la Monarchie et de la véritable Démocratie

La Démocratie en France avant la révolution française s'exerçait à l'intérieur des corps sociaux corporatifs, une démocratie qui a duré 7 siècles non seulement en France d'ailleurs mais dans la majorité des peuples européens surtout à l'ouest. Cette démocratie n'arrangeant pas les nouvelles fortunes financières, ils la firent abolir définitivement dans leur schéma le 4 août 1789, en abolissant les corporations par la suppression des privilèges de celles-ci et des provinces, le peuple a plus perdu le 4 août que la Noblesse et le Clergé.


La seule démocratie vertueuse est celle qui s'exerce donc à l'intérieur de corps sociaux car les hommes ont alors à l'intérieur de ceux-ci des intérêts réellement communs pragmatiques et non idéologiques et peuvent ainsi exercer leurs mandats électifs de défense du corps social au mieux et par extension pour le Bien Commun de tous, comme les membres ensuite d'un seul corps. c'est ce qu'on appelle LA DEMOCRATIE SINCERE .

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