La monarchie est un système politique qui a produit, entre autres, la civilisation égyptienne, la culture perse, la Grèce archaïque, l'empire romain
(conservé pendant mille ans de plus sous la forme régénérée de Byzance), inspiré l'Israël de l'Ancien Testament, les Incas, les Chinois, les Turcs, les Japonais, fondé la Russie et la France,
fécondé les arts et les lettres, érigé les plus superbes monuments sous toutes les latitudes et les longitudes.
Les sociétés ne sont pas viables sans un Pouvoir qui les catalyse et qu'elles vont chercher dans le
vase de leur choix : les Républiques nominalistes, dans l'urne électorale ; les Monarchies réalistes, dans l'utérus de la reine. Et si l'image choque, tant mieux ! La République est faite d'idées
aseptisées, la Monarchie, de sang et de sperme.
Pour ce qui est de la France, Yves-Marie Adeline a eu un jour une intuition de génie : il a compris
que la droite y était piégée, c'est-à-dire que, acceptant de jouer le jeu républicain, elle ne pourrait jamais défendre son idéal, parce que les règles s'encliquetaient de manière qu'il fût de
plus en plus indéfendable à chaque cliquet.
Alors le chercheur a suivi son raisonnement jusqu'au bout et il a conclu qu'il n'y avait qu'une
seule voie possible pour l'idéal de la droite (je n'entends pas la pseudo-droite socialiste, mondialiste, aurifère et horrifique, mais la droite de droite, la droite comme on dit un homme droit
ou une pensée droite, la dextre, quoi) et que cette voie consistait à sortir du labyrinthe républicain.
Il nous propose un modèle, au sens informatique du terme, un modèle qui, en France, a
fonctionné pendant mille ans, fonctionne encore dans d'autres pays du monde, de la Norvège au Maroc en passant par la Belgique et l'Espagne, et n'y donne pas de si mauvais résultats que
ça...
Yves-Marie Adeline aborde de fond la querelle dynastique qui a fait tant de mal à la cause royale
en France, et il va plus loin : il indique les mesures politiques qu'il demanderait au roi de France de prendre s'il était son ministre, et qui, d'après lui, seraient mieux acceptées venant d'un
monarque héréditaire que d'un président élu, qui n'est jamais après tout que le chef d'une faction gagneuse gouvernant contre toutes celles qui n'ont pas gagné.
A notre époque où, grâce à la télévision, à la désinformation, aux structures qui, dans la
politique, évoluent, à l'envers du XIXe siècle, vers une prépondérance donnée au Visage de l'homme (Hussein, Bush, Chirac, Poutine, Ben Laden, Mère Teresa, Juan Carlos) sur l'anonymat des
institutions, il n'est pas exclu que les peuples en général et le peuple français en particulier ne préfèrent se mirer dans la face d'un monarque héréditaire et sacré que dans celle d'un VRP de
la politique.
Vladimir Volkoff
Le royalisme en questions, Yves-Marie Adeline, 2003.
http://www.allianceroyale.fr/pratique/la-boutique-de-l-alliance/livres/article/le-royalisme-en-questions-1792
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