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adeline.jpgLa présence à la tête de notre État d'un souverain fait de chair, issu d'une dynastie assurant la continuité de la souveraineté, serait la meilleure garantie de la souveraineté de la France, et permettrait que la voie de la solidarité européenne soit empruntée et parcourue sans crainte, sans arrière-pensée, sans crispations.

 

La France demeurerait vivante et sûre de vivre, elle ne serait plus seulement une allégorie anonyme peinte sur les murs de nos bâtiments officiels, la France serait une réalité visible parce que le roi de France serait une réalité visible. Le souverain est l'incarnation de la souveraineté : rien n'est plus actuel aujourd'hui que le discours royaliste pour répondre aux graves questions soulevées par l'unité européenne, rien n'est plus concret, rien n'est plus efficace que la réinstauration du souverain pour maintenir la France dans l'Europe.

 

Ce projet est d'autant plus nécessaire que la République Française n'a même pas besoin du fédéralisme européen pour la faire douter d'elle-même, pour lui faire craindre de perdre son unité. L'exemple actuel le plus flagrant est celui de la Corse.

 

Lorsque vous êtes à Bonifacio, presque au milieu de la Méditerranée, face aux côtes de la Sardaigne, qui peut croire que vous êtes là comme un Flamand de Nordpenne, dans les Flandres françaises balayées par les vents de la Mer du Nord ? Il tombe sous le sens qu'il existe un peuple corse, avec son identité propre, sa langue, sa culture, ses traditions distinctes. Mais la République ne peut pas admettre cela : tout son édifice repose sur l'idée que nous ne sommes que des « citoyens », immatriculés, indistincts les uns des autres. La république se veut une et indivisible, c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'autre identité pour les personnes que celle d'être un citoyen de la République Française. D'où l'impasse que présente la revendication corse.

 

Sous un régime royal, la diversité des peuples qui forment la France ne pose aucun problème : des peuples et un roi. De même que la souveraineté de la France est garantie par l'existence bien réelle du souverain qui l'incarne, l'unité du royaume est d'abord garantie par la puissance qui lui donne vie, par la dynastie, l'institution politique qui produit un lien unificateur sensible.

 

Etayé par cette solidité politique, l'Etat pourrait alors admettre sans difficulté la diversité des peuples qu'il rassemble ; d'ailleurs les rois de France, quand ils ont formé notre territoire, ont toujours respecté l'identité des provinces agrégées au royaume, cette disposition paraissait naturelle et allant de soi. La crispation républicaine devant l'existence de nos diversités ne peut qu'aboutir aux affrontements et aux rancœurs, à l'endroit même où la royauté, consolidant le sommet de l'édifice de l'Etat, pourrait sans risque d'éclatement national assurer plus de souplesse à la périphérie.

 

C'est pourquoi la royauté peut être décentralisatrice, quand la décentralisation en république expose l'unité française à tous les risques. Et dans le contexte de l'Union européenne, le risque s'accroît dangereusement. Car si nos Etats doivent disparaître dans un vaste Etat européen, on peut craindre que les limites historiques de nos différentes nations soient bouleversées par une redistribution faite sur les seules bases ethniques.

 

Il y a en Europe des groupes de pression qui militent dans ce sens, il est même dans l'intérêt du fédéralisme européen que cette redistribution se produise, car ainsi les Etats seraient affaiblis et ne pourraient résister à la tendance à l'éclatement des antiques nations, et au regroupement des peuples sur de simples bases ethniques.

 

Yves-Marie Adeline

Le royalisme en questions (1792-2002) : Perspectives pour le XXIème siècle

 

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