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A mesure que s'installe le chaos sur les cinq continents, les politiciens de toutes obédiences rivalisent d'effusion et saluent les nouvelles conquêtes de ce régime admirable entre tous.

 

Démocratie... ô mot capiteux et envoûtant ! Divin nectar, formule magique ! Tes quatre syllabes enchanteresses constituent le sésame universel au politicien le plus corrompu, à l'affairiste sans scrupule, au tribun véreux, au prédateur financier le plus féroce.

 

Existe-t-il pourtant prétexte plus mal choisi ? Où diantre a-t-on jamais vu le peuple se gouverner lui-même ? Prétendre remettre les décisions entre les mains du peuple constitue bien la plus odieuse des manipulations. Bien trouvé, pourtant ! Il suffira de conditionner massivement l'Opinion, sur tous les tons et dans tous les modes, pour que (divine surprise !) par un réflexe pavlovien les suffrages vous apportent le succès. S'il advient malencontreusement que le peuple ait mal voté, qu'à cela ne tienne, on lui resservira le plat, mais accommodé autrement, et ainsi de suite jus-qu'à ce qu'enfin il vous donne la réponse attendue. Encore mieux que le lapin qui sort du chapeau ! N'est-ce pas merveilleux, la Démocratie ?

 

Sur l'autre versant, a-t-on jamais vu une civilisation ne pas prétendre au bonheur, à la liberté d'action et à l'épanouissement de tous ? Du loyal comme du suborneur, du couard comme du preux, du sage comme de la brute, de l'homme de parole comme du faussaire, de la pire roulure comme de la noble dame ? Les bons doivent y être âpre-ment encouragés et défendus, les méchants pourchassés et mis hors d'état de nuire, l'égalité de traitement constituant la plus effroyable des injustices.

 

L'arbitrage populaire constitue d'évidence le mode de gouvernement le plus propice aux aigrefins de tout acabit, aux imposteurs en tout genre, aux truands de tout poil.

 

Hélas, c'est dans une France devenue peu à peu frivole et sensible à la flatterie que l'imposture droidLhommesque devait connaître le plus grand succès et remporter sa victoire décisive, puisque, comme le constatait Bismarck : « Les Français sont ainsi faits. L'on peut administrer à l'un d'eux vingt-cinq coups de bâton, pourvu qu'on lui tienne en même temps un beau discours sur la liberté et la dignité humaine, en ayant soin de prendre la pose qui convient, ils `imaginera qu'on ne le bâtonne pas. »

 

Le chancre démocratique devait trouver dans ce pays de cocagne un bouillon de culture de premier choix pour y comploter à l'aise et y déposer ses oeufs monstrueux. Le projet était fort aimable, en vérité : d'un pays glorieux, d'un peuple enraciné dans un terroir fécond et dans une spiritualité pro-fonde et originale, une poignée d'idéologues fanatiques décréta faire table rase, pour le Bonheur du Genre humain. Séduit par les sirènes du Progrès et des Idées nouvelles, le paysan naïf laissa l'usurier retors s'emparer du pouvoir. Non contente de renverser les autels, de mettre le peuple sous coupe réglée et de confisquer ses biens, une secte vindicative entendait épancher son délire sanguinaire. Inspirés par Hérode, les conjurés n'eurent de cesse de donner vie à leur hallucination fiévreuse et démentielle pour bâtir un enfer idéologique baptisé République Universelle avec les cadavres d'insoumis guillotinés au nom de la Tolérance, pour le Progrès et par amour de l'Humanité.

 

Rien ne semblait pouvoir étancher la soif de destruction ; par la révocation fanatique du temps et de l'espace (abrogation du calendrier, travestissement grotesque des toponymes, démembrement des quarante provinces...), la France grimée en Hexagone devenait le terrain des expérimentations idéologiques les plus délirantes et cauchemardesques. Malheur aux insoumis, sus aux mécréants, la Fraternité ne plaisante pas ! Au prix d'exactions citoyennes et de bains de sang républicains, on extirpa l'hérésie : paysans écorchés vifs, futures mères écrasées fraternellement sous le pressoir, pour la bonne cause et par Amour du Genre humain.

 

Enfin, le projet satanique et démentiel allait trouver son couronnement dans la mise à mort du roi, abomination cosmique, outrage définitif lancé insolemment à la face du monde.

 

Hélas, le succès du coup d'Etat hexagonal devait faire fleurir de nouvelles métastases. La conjuration se répandit à travers l'Europe au siècle suivant, avant d'atteindre Moscou puis Pékin, alors qu'un empire financier enserrait dans ses immenses filets des peuples désormais écrasés entre le marteau bolchevique et l'enclume usuraire. La Liberté éclaire le monde : vive le Nouvel Ordre mondial ! In Gold we trust forever. Gare cependant aux réfractaires de tous ordres, aux impies qui ont l'audace de blasphémer contre les Tables de la Loi du Marché, décalogue infernal de la nouvelle religion mondiale, aux communautés hérétiques qui refusent de plier le genou et osent défier cette puissance universelle !Ils s'exposent inexorable-ment aux dix nouvelles plaies d'Egypte : chantage, tempête, famine, embargo, invasion, épidémie, crise financière, guerre préventive, génocide bienveillant, plomb durci... Pas de quartier, Jéhovah reconnaîtra les siens !

 

Il est toutefois devenu facile de s'épargner des procédés coûteux, salissants et peu discrets. Plus besoin d'obus fraternels, de lance-flammes citoyens, de bombes au phosphore libératrices, des services secrets de l'agent orange ou d'une bombe à neutrons : un faisceau d'électrons les remplace désormais avantageusement. Entre les mains habiles d'un état-major planétaire de directeurs des programmes, subrepticement, l'arme de destruction massive des consciences remplit son office proprement, sans un spasme et sans un cri. Grâce à sa formule magique, la diarrhée télévisée déversée à jets continus sur les cinq continents fait merveille ! Mélange hallucinogène d'inepties à haute concentration, partouzes multiraciales en mondovision, intrigues indigentes, personnages contre nature, situations grotesques assaisonnées de la violence la plus crue, le tout compose un fort alléchant ragoût, potion magique propre à maintenir par millions les familles hébétées, agglutinées devant la boîte à images, nouvelle maîtresse du logis.

 

A cette condition peut alors opérer la magie noire, par la perfusion insidieuse des poisons les plus violents de l'idéologie droidlhommesque, cocktail mortifère où l'on trouve en vrac : repentance larmoyante pour les Heures-les-plus-sombres-des-années-noires, éloge du métissage et glorification des invertis, apologie du gigantesque massacre des Innocents commis fraternellement dans tous les avortoirs républicains, anonymes et gratuits à votre service, intégrisme athée (astucieusement baptisé laïcité), dogme de l'égalité des races, des sexes, des religions (quand la seule égalité humaine qu'aucune civilisation ait jamais reconnue se borne à la consommation calorique et à la production d'urée et de gaz carbonique...)

 

Dans cette gigantesque poubelle, ce grand fourre-tout citoyen, on en rajoute tous les jours : diktat de la vaccination et de la chimie de synthèse, farce hollywoodienne de l'homme sur la lune, puritanisme débridé, luna-parks mémoriels d'Europe centrale, imposture du 11Septembre relayée par la dernière tarte à la crème du réchauffement climatique anthropique. L'imagination des grands sorciers est sans limites. Au prix de cinquante heures hebdomadaires de catalepsie télévisée, le lavage de cerveau planétaire s'approfondit, le maëlstrom gigantesque submerge les anciennes frontières et emporte tout sur son passage : sens du sacré, fidélité, transcendance, idéalisme, soif d'épopée... Liquidation totale, tout doit disparaître ! Adieu villages, nations, familles ; adieu guerriers altiers, princesses aux yeux d'azur ! Ne doit plus subsister qu'une multitude déracinée, atomisée et métissée, cheptel humain consumériste réduit au rôle de tubes digestifs et parts de marché, bétail à sondages et gibier à radars. Beaucoup, hélas, s'en accommodent et sont d'ores et déjà parvenus au stade ultime de l'ilotisme : celui d'esclaves consentants.

 

Pratique ! Sans effort ! D'un seul clic ! Sans vous déplacer ! ritournelle navrante offerte à une humanité clonée d'impotents comateux, ravis de patauger dans le consumérisme douillet d'un goulag climatisé, manade collectiviste et formatée qui n' abandonne son stalag pavillonnaire à digicode et parabole que pour rejoindre des toboggans disneylandesques ou les milliers d'hectares de viande à rôtir épandue de Benidorm à Rimini, humanoïdes bioniques à oreillettes, inconditionnels des processions autoroutières téléguidées par gépéhesse, publivores hilares et immatures, enivrés d'expériences virtuelles et abandon-nés à la fascination hypnotique de tout ce qui fait bip et qui clignote, l'œil rivé à l'écran et le doigt sur la zapette.

 

Quant à la poignée de rescapés qui auront su conserver intactes leurs facultés humaines, s'il s'en présente d'assez hérétiques pour avoir le mauvais goût de résister, des procédés plus coercitifs sauront les dissuader. Avis aux inconscients : en place de grève se dresse la silhouette fraternelle et citoyenne de la gayssotine. Malheur aux contempteurs de l'Histoire officielle, aux réfractaires à la pensée sous cellophane, aux blasphémateurs de la Mémoire, aux imprécateurs de la fraternité protocolaire et à tous les Savonarole assez téméraires pour se mettre sur le chemin de la machine infernale ! Un passage par la XVIIe Chambre ou quelque autre succursale du grand Sanhédrin international, la confiscation des biens, l'indignité nationale, l'incarcération, l'enlèvement ou un attentat veilleront au maintien de l'ordre démocratique et citoyen.

 

Qu'on se le dise !

 

LANCELOT.

 

Rivarol – N°2949 du 23 avril 2010

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