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Qui connaît réellement le sens de l'expression « Droit Divin » ? A entendre le quidam, un "Roi de Droit Divin" serait un affreux tyran ayant le pouvoir de faire le bien et le mal, ne devant trouver rien d'impossible dans l'exécution de sa volonté : si le peuple souffre, s'il est malheureux, c'est par les caprices féroces de ce barbare. Comme si Dieu, par une révélation particulière, avait choisi telle famille pour diriger le pays, qui lui appartiendrait tel un troupeau à son maître.

Comme le précise Yves-Marie Adeline dans Le royalisme en questions :  « Les papes prétendaient avoir une autorité aussi bien spirituelle que temporelle sur les rois. Les empereurs germaniques souffrirent beaucoup de cette ingérence : on se souvient d'Henri IV d'Allemagne contraint de s'incliner devant le pape Grégoire VII à Canossa dans le nord de l'Italie ; d'où l'expression : "Aller à Canossa" pour signifier qu'on se jette avec humilité aux pieds de son rival.

La monarchie française était trop bien pensée, et ses institutions trop parfaites, pour qu'un roi de France ait jamais eu à subir les mêmes empiétements.


Louis de Bourbon, Louis XX, Roi de France


Le « droit divin des rois », exprimé d'abord en France, signifiait que le roi ne tient pas sa couronne du Pape, mais de la seule grâce de Dieu. D'où la célèbre formule : « Par la grâce de Dieu, roi de France ».»


Une monarchie de Droit Divin, c'est un état qui veut se prémunir contre d'éventuelles velléités dictatoriales de la part de son représentant. Un roi qui serait sans Dieu au-dessus de lui, pourrait avoir l'envie de se prendre pour Dieu.


C'est donc tout à fait l'inverse de l'image populaire que l'on veut donner au « Droit Divin ». Au lieu d'avoir tous les droits, le monarque doit ainsi et au contraire, garder à l'esprit qu'il y a une autorité supérieure au-dessus de lui.


« A n'en pas douter la monarchie ancienne fit également l'objet d'une sorte de mystique du pouvoir dressant des barrières aux ambitions des aventuriers de toutes sortes, en présentant le roi comme « roi de droit divin ». Toucher au roi, clef de voûte de l'état, c'était mettre en péril tout l'Etat, donc nuire à la société tout entière, et partant, ne pas plaire à Dieu qui aime la paix et l'Harmonie. C'est le second sens de l'expression : « roi par la grâce de Dieu ».


Un troisième sens est que le roi particulier qui a été porté sur le trône est à cette place uniquement parce que Dieu l'a bien voulu : il n'a aucun mérite lui-même. »


Comme on le constate donc, être « roi de droit divin » est bien éloigné de la caricature propagandiste véhiculée.


Blanche Belleroy

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