Quid de Louis XX ?

Contrairement aux idées reçues inculquées par une république propagandiste, la monarchie n'a pas été imposée par un groupe d’oligarques intéressés mais s'est imposée d'elle-même, de fait, et en réponse à une demande de la population mise en danger par des bandes barbares venant de diverses contrées.

 

 louis-copie-1.jpg L’anarchie régnant, la population était en demande d'une autorité forte, à même de la défendre et d’organiser la société. Cette population a donc accueilli avec soulagement et cautionné cette monarchie qui seule s'avérait capable de défendre ses intérêts, sans qu'il y ait à ce moment-là une notion quelconque de religion. Si Clovis s’est par la suite allié avec l’Église, c'est par légitime intérêt mutuel.

 

  Une fin de cycle est aujourd'hui amorcée : un délabrement de nos meurs, de nos institutions, de la morale, est a son apogée. La France est actuellement attaquée et menacée par un Empire nous envoyant « diverses hordes barbares » au sens propre comme au figuré ; n’avons-nous pas également besoin de restaurer une certaine image forte de la France, comme aux débuts de notre civilisation, afin de tenir tête aux divers groupes essayant de nous détruire ? Quid de Louis XX qui déclare « Si les Français m’appellent, je ne me déroberai pas » ? Quand les Français sortiront-ils donc de leur cauchemardesque illusion républicaine pour l’appeler ?

 

  Petit rappel concernant l’origine de la monarchie qui a été soutenue dans l’intérêt de la population :

 

« La guerre civile, le grand vice gaulois, livra le pays aux Romains. Un gouvernement informe, instable, une organisation politique primitive, balancée entre la démocratie et l'oligarchie : ainsi furent rendus vains les efforts de la Gaule pour défendre son indépendance. Supposez que les Romains soient chassés de leurs conquêtes : qu'en peut-il résulter, sinon une mêlée générale de tous les peuples de la terre ?

 

 Ce jour devait venir. L'Empire romain tomberait. La digue serait rompue, la prophétie réalisée. Cette catastrophe, qui a laissé si longtemps aux Européens le regret de la paix romaine, nous enseigne que le progrès n'est ni fatal ni continu. Elle nous enseigne encore la fragilité de la civilisation, exposée à subir de longues éclipses ou même à périr lorsqu'elle perd son assise matérielle, l'ordre, l'autorité, les institutions politiques sur lesquelles elle est établie.

 

 Jusqu'au siècle terrible, où les Barbares submergèrent tout, la Gaule, de concert avec Rome, avait dû refouler de nombreuses invasions. À mesure que l'Empire s'affaiblissait, se consumait dans l'anarchie, ces invasions devenaient plus fréquentes et le nombre des Barbares qui se pressaient aux portes semblait croître.

 

 Au moment où l'Empire d'Occident disparut, les Francs, établis dans les pays rhénans et belges, étaient encore de rudes guerriers que rien n'avait amolli. Ils étaient soldats et leur gouvernement était militaire. Pharamond, Clodion (père de Mérovée), Mérovée (premier roi et à l'origine de la dynastie mérovingienne) n'étaient que des chefs de tribus, mais des chefs. Voilà pourquoi la tradition qui fait remonter à ces roitelets la fondation de la monarchie française n'est pas absurde.

 

 Lorsque les Francs parurent, il y avait une place à prendre. Depuis longtemps déjà l'Empire romain agonisait. En mourant, il laissait une confusion épouvantable. Plus d'autorité. Elle tomba naturellement entre les mains de ceux qui possédaient l'ascendant moral : les évêques. On se groupa autour de ces « défenseurs des cités ». Mais l'Église savait bien que sa mission n'était pas d'exercer le pouvoir. Chez elle vivait une tradition, la distinction du temporel et du spirituel, et aussi une admiration, celle de l'ordre romain. Rétablir une autorité chez les Gaules, obtenir que cette autorité fût chrétienne et orthodoxe, telles furent l'idée et l'œuvre du clergé.

 

 Deux hommes d'une grande intelligence, le roi Clovis(petit fils de Mérovée) et l'archevêque de Reims, saint Remi, se rencontrèrent pour cette politique. Mais on aurait peine à en comprendre le succès si l'on ne se représentait l'angoisse, la terreur de l'avenir qui s'étaient emparées des populations gallo-romaines depuis que manquait Rome et sa puissante protection.

 

 A peine Clovis eut-il succédé à son père Childéric qu'il mit ses guerriers en marche de Tournai, sa résidence, vers le centre du pays. Il entreprenait de dominer les Gaules. À Soissons, gouvernait le « patrice » Syagrius, pâle reflet de l'empire effondré. Saint Remi vit que le salut n'était pas là. Quelle autre force y avait-il que le Barbare du Nord? Qu'eût-on gagné à lui résister? Clovis eût tout brisé, laissé d'autres ruines, apporté une autre anarchie. Il y avait mieux à faire : accueillir ce conquérant, l'aider, l'entourer pour le mettre dans la bonne voie. De toute évidence, c'était l'inévitable. Il s'agissait d'en tirer le meilleur parti pour le présent et pour l'avenir.

 

 Clovis, de son côté, avait certainement réfléchi et mûri ses desseins. Il était renseigné sur l'état moral de la Gaule. Il avait compris la situation. Ce Barbare avait le goût du grand et son entreprise n'avait de chances de réussir, de durer et de se développer que s'il respectait le catholicisme, si profondément entré dans la vie gallo-romaine.

 

 Il fallait encore que Clovis se convertît. Sa conversion fut admirablement amenée. Ce Barbare savait tout : il recommença la conversion de l'empereur Constantin sur le champ de bataille. Seulement lorsque, à Tolbiac (496), il fit vœu de recevoir le baptême s'il était vainqueur, l'ennemi était l'Allemand. Non seulement Clovis était devenu chrétien, mais il avait chassé au-delà du Rhin l'ennemi héréditaire. Dès lors, il était irrésistible pour la Gaule romanisée.

 

 On peut dire que la France commence à ce moment-là. Elle a déjà ses traits principaux. Sa civilisation est assez forte pour supporter le nouvel afflux des Francs, pour laisser à ces Barbares le pouvoir matériel. Et elle a besoin de la force franque. Les hommes, elle les assimilera, elle les polira. Comme sa civilisation, sa religion est romaine, et la religion est sauvée : désormais le fonds de la France religieuse, à travers les siècles, sera le catholicisme orthodoxe. Enfin, l'anarchie est évitée, le pouvoir, tout grossier qu'il est, est recréé en attendant qu'il passe en de meilleures mains, et ce pouvoir sera monarchique. Il tendra à réaliser l'unité de l'État. Rien de tout cela ne sera perdu. À travers les tribulations des âges, ces caractères se retrouveront.

 

 La monarchie franque n'avait été qu'un pis aller dans la pensée des hommes d'Église qui l'avaient accueillie. Malgré ses imperfections, elle va servir, pendant près de trois cents ans, à préserver les Gaules de la ruine totale dont les avait menacées la chute de l'Empire romain.»

 

(D'après "Histoire de France" de Jacques Bainville).

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